Top articles
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Incantation
Ne me pleurez pas, je saurai vivre en mendiante heureuse, en gentille bagnarde, en méridionale glacée par le climat nordique, en Pétersbourgeoise poitrinaire et méchante dans la malaria du sud je vivrai. Ne me pleurez pas, je saurai vivre en cette boiteuse...
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Les gros titres
Les gros-titres : "Le roi est mort, vive le roi!", "J'accuse", "Miracle de la science", "La guerre est déclarée", "Le gouvernement est tombé", "Le tueur avait du coeur", "un homme a marché sur la lune" ... Il manque aujourd'hui aux journaux imprimés les...
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Cette façon
Où va le monde lorsque son épine dorsale traficote la faim, tricote la famine, lorsque les minarets deviennent des miradors, quand la farine cache des fusils, les cendres encore chaudes la puanteur des bombes, les herbes odorantes du thym empoisonné et...
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Au pied de Soliman
Au pied de Soliman je vois des grues immenses qui crucifient le ciel, et de grosses machines jaunes qui enterrent même la Terre! elles détruisent partout les maisons toutes petites les petites maisons blanches de Damas Gate et de Zuq-Kahn-El Street......
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Un vieil homme
Assis sur un rebord sanglant de la guerre contemplant un abîme de chair et de pierres brûlées le viel homme répète inlassablement une interminable litanie de noms et de prénoms : Juliette, Albert, Laure, Yvette, Maurice, Raymond, Colette, Elvira, Robert,...
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Ras le bol des polichinelles
Quand on voit les niaiseries, parfois bien mal écrites, présentées à longueur d'années par les libraires parce que ce qui importe c'est d'aller dans le sens de la mode, on est surpris de constater ce soudain engouement moral qui les fait s'insurger contre...
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Nous aussi, nous aimons la vie
Nous aussi, nous aimons la vie quand nous en avons les moyens. Nous dansons entre deux martyrs et pour le lilas entre eux, nous dressons un minaret ou un palmier. Nous aussi, nous aimons la vie quand nous en avons les moyens. Au ver à soie, nous dérobons...
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Ils ont dit
Les raisonnements donnent souvent quelque importance à des questions qui n'en paraissent souvent pas susceptibles : c'est ce que j'observe au sujet d'un article inséré́ dans votre Journal, sur le sens du mot Banquier. Je ne m'arrête pas à discuter la...
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Peu avant la dormance
Le froid s’installe dans les mots. Leurs braises meurent dans la nuit. Il faut retrouver l’âtre, mettre plus d’âme dans l’être, recommencer à devenir lumière. Quelques feuilles s’accrochent encore aux branches. Certaines résisteront même à l’hiver. La...
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September eleventh
La première tour flambe la deuxième rivalise Des cris s’empilent dans le désordre des blocs des murs des plafonds fracassés Des costumes-cravates des ordinateurs portatifs et des réseaux Toute une fourmilière qui s’effondre oh my God Tapis les cris dans...
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L'éolien, un mal chronique
Troisième demande de hausse en trois ans par HQ devant la Régie de l'énergie pour compenser les pertes de l'éolien. Malgré la présence de trois médecins poids lourds versés dans le diagnostic de diverses pathologies il semble que personne au gouvernement...
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Verdict
On est comptable et de tout et de rien on est comptable irréversiblement irrévocablement de tous les mouvements divers de sa conscience Tout nous assaille tout nous meurtrit nous circonscrit tout nous concerne nous cerne nous emprisonne nous désavoue...
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Pour survivre
À mon amie Carmen Carmeno J’ai sonné le tocsin des hébétudes vides J’ai croisé les chemins de l’envers La lune bouge entre les dents d’un loup La peur a saisi les croisées de l’espoir Le jour meurt à nos pieds La rue est vide De toute tentative d’être...
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Les mots sont des chiens d'aveugle
Les mots sont des chiens d'aveugle Je les entends venir leur odeur les précède Ils me lèchent les mains en signe de soumission Délicieuse caresse Parfois ils ouvrent des chemins ensoleillés dans cette nuit où l'on m'assigne à résidence Je les suis des...
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Bien sûr
Tu les vois ces jours de chien seul. Tu vois leur éclair de faux luisante sur les épaules des blés. Tu sais la chamade dans les battements du sang. Parfois, un brouillé de froid attaque les hortensias qui abandonnent leurs parures. Le ciel noue des nuages...
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Message de Christian Erwin Andersen
Message d’amitié à un lecteur qui a laissé sur « les POETIQUES II » un commentaire que j’ai particulièrement apprécié. Ce commentaire de mon poème « IMAGINE » relatif à l’assassinat de Frederico Garcia était le suivant : « d’une beauté tragique remarquable...
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Avec des mots faits mains
J e tricote ma vie avec des mots faits main, des phrases raboudinées, des images en patchwork. J’écris avec des bouts d’épines sur la pelote du cœur. Je me fabrique une terre avec des arbres aux ailes repliées, des phrases qui se prennent les pieds dans...
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Déjà
J’avais la vie devant moi, l’infini, l’impossible. J’en ai maintenant la mort avec les orgues et les prières, un autre monde peut-être. La rivière continue de couler. Une autre nuit descend. Je vous laisse en jachère des tessons de bouteilles, des conserves...
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La volonté du simple
Sous les bombardements, comment pleurer tant de morts ? Leur âme ne quitte pas le corps. Elle se multiplie dans celle des vivants. Les mères maigrissent à vue d’œil à tant verser de larmes. Elles cherchent leur enfant sous une école en ruine. La précision...
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Ils ont dit
La vérité est un pays sans chemin. L’homme ne peut venir à elle par aucune organisation, par aucune foi, par aucun dogme, prêtre ou rituel, ni par aucune connaissance philosophique ou technique psychologique. Il doit la trouver à travers le miroir de...
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Avec la révolte
Ce que l’on méprise nous ressemble souvent. La barbe pousse encore dans les charniers du monde. Les dépouilles ont des ongles égratignant l’abîme. À chaque jour, des hommes dorment sur les passages cloutés. Des forêts meurent sous les caterpilars. Des...
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Je te dirai en vers
Je te dirai en vers de peur que mes mots fanent Le ciel qu'on ne sait plus dans les aéroplanes Les couleurs perdues quand la télé est en panne Le verbe haut et les soupirs d'Aristophane Je te dirai en vers pour te la bayer belle La mer où va danser l'écume...
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L'homme des bois
Et voilà qu’on me demande de faire le professeur ! Moi, l’homme des bois. Né dans une cabane en pleine forêt, en avril, au chant du Loriot. De quoi s’agit-il donc ? de votre cité ? Mais d’abord fallait pas la faire cette cité de 3 millions, de 10 millions,...
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Dans mes poches d'enfant
L a vie s’est réfugiée dans ma gorge et ma langue, toute une vie d’éponge à boire la lumière, à cracher les pépins, à traverser les ombres. Parmi les lettres éparpillées sur la table, les cahiers, les papiers, se promènent les phrases. Elles trébuchent...
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L'intégrisme et l'insignifiance
Au Nigéria, une dizaine de fous de dieu, armés jusqu’aux dents, enlèvent plus de 200 jeunes femmes pour en faire des esclaves, les violer probablement, puis les vendre. Elles sont coupables de s’instruire, d’adopter selon Boko Haram, des valeurs occidentales....