Top articles
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Ils ont dit
Je veux vivre dans un pays où il n'y ait pas d'excommuniés. Je veux vivre dans un monde où les êtres soient seulement humains, sans autres titres que celui-ci, sans être obsédés par une règle, par un mot, par une étiquette. Je veux qu'on puisse entrer...
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Un pays dans ma langue
Je traîne un pays dans ma langue, de la source à l’estuaire, de la graine à la pomme, de la peur à l’espoir. Lorsque le vent traverse le grillage des mots, j’entends sa musique. J’aimerais croire en tout, mais l’homme se trompe trop souvent, alors je...
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Ces pauvres députés
Vous devez certainement faire partie du 80% des Québécois qui touchent 40 000 piastres par année. Consolez-vous, les députés du Québec qui gagnent 88 186$ de base annuellement essaient de nous tirer les larmes sur leur piètre traitement. Si ça continue,...
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Ténu
Je vois le ciel, il est trop haut. Où ai-je posé - ou perdu - le rire, la joie, les mots riches de riens ? J'avance le long d'une barrière verte et ajourée, amie, mais une barrière quand même. D'un côté les fleurs, les pelouses tendres, un univers de...
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Ils ont dit
Je songe à nouveau à ces artistes du paléolithique que je ne peux considérer comme des êtres dépendant d’une religion (et c’est tout le vocabulaire utilisé à leur sujet, lors des découvertes de leurs sites, qui tombe de lui-même, déloyal, irrecevable)...
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Ils ont dit
La littérature opère une décantation des phénomènes du monde et son fonctionnement possède la faculté d’aiguiser les sens, de les décloisonner, offrant une perception multidimensionnelle de ce monde. Le soi-disant problème de la page blanche trouve sa...
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Divaguation
J ’ai toujours beaucoup regardé les murs de ma chambre lorsque j’étais petit. J’y voyais toutes les angoisses de la vie s’y révéler dans un morceau de tapisserie déchirée. Je devrais dire les murs de l’unique pièce à vivre. Les murs comme une seconde...
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L'ordre animal des choses
Le cri rauque de la mouette, (...) ou la prosodie lancinante et aiguë de la chouette, ou la respiration bruissante du hibou, ou la mélodie ronde, hyperlittéraire du rossignol, ou le sifflement du merle, ou le babil de la grive, ou le gazouillis du rouge-gorge...
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Nous étions trois
Nous étions trois, sous le porche, à sucer les mots tiédis de la mère. Elle avait interdit au ruisseau d'aller faire peau neuve dans la maison. Pour garder bien au sec -disait-elle- nos rires, les miroirs et le grand cahier vert. Dès que midi sonnait,...
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Noc noc
Tu penses que les encombrés de la nuit qui se déguisent en arbre de Noël ont passé haut la main leur examen du soir? Interjection, votre honneur! Ils coulent en cibole avec leurs claques [...] Les mains dans les poches l'espoir s’égraine dans leur froc...
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Le train
à mon père Dans le même train depuis ta naissance un train qui traverse la terre en une nuit par un chemin mystérieux, rectiligne où ne s’aventurent ni piétons ni voitures tu rêves parfois à l’envers du monde aux abeilles de la mer dans les pins à la...
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Sous le signe des sens
Je lis le poème. Je le regarde. Il me fixe. Me transporte sur ses grandes ailes déployées vers ce lieu étrange qui me construit à même les autres. À même leurs vertiges, j’apprends. J’apprends à naître dans le poème. J’ose quelques mots embués sur la...
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Rincés
Le chagrin c’est ce truc qui te lave les yeux mieux que personne Une grande marée qui déblaierait la plage Tu chiales comme un gosse et les autres ricanent comme des mouettes C’est vrai quoi c’est pas décent un adulte plein de larmes N’empêche tes yeux...
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Tant que j'écris
Sur les autoroutes de la couleur du deuil, les valises de char ont la taille d’un cercueil. L’homme ne rêve plus. Quand il raisonne, sa tête résonne comme une tirelire. Il y a ceux qui cueillent les fruits mûrs et d’autres des sous noirs, ceux qui bâtissent...
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La lettre
J'écris depuis l'intérieur de l'enveloppe. Les mots ne sont lisibles que les yeux fermés, ou bien il faut faire un pas jusqu'à un peu plus tard. Mais c'est juste mon avis. Peut-être, vous savez lire tout le temps. Moi, ça dépend. L'enveloppe m'ouvre....
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Ils ont dit
Ceci dit, la poésie n’est pas que lutte désespérée avec le quotidien, ses mensonges et ses appauvrissements, ses afflictions et la tournure que ça a pris ; elle est aussi hommage, exaltation des manifestations infimes de la vie, de l’intimité vulnérable...
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La conspiration des aliens
Permettez-moi d'appliquer ce matin la théorie des Anciens asstraunautes (le deuxième S dans le mot n'est évidemment pas une faute!) à la composition du cabinet de l'espion canadian Philippe Couillard devenu premier ministre du Québec. Première observation...
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Tout revit
La neige fond. La terre et l’eau se sont mis en ménage et font naître partout des rigoles d’enfant. Les bourgeons gonflent pour assavoir les feuilles. Les apostumes des collines laissent baver leur pus. Les oiseaux volent bas pour écouter la terre. Ils...
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Les nouvelles du soir
À l'heure où la lumière enfouit son visage dans notre cou, on crie les nouvelles du soir, on nous écorche. L'air est doux. Gens de passage dans cette ville, on pourra juste un peu s'asseoir au bord du fleuve où bouge un arbre à peine vert, après avoir...
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Les mots de la montagne
Jeudi 1 mai 2014 à 20h Un spectacle bénéfice de la Médiathèque avec Jean-Paul Daoust (accompagné d'un invité surprise), Natasha Kanapé Fontaine, Jean Philippe Raîche, Gabriel Robichaud, Valery Robichaud, Gilles Bélanger, Viviane Audet et Sandra Le Couteur....
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Pour en finir
je réclame la pensée qui ne soit pas la réaction chimique car la pensée est la petite chaleur de la thermodynamique du corps pourri de l'europe je réclame la parole à l'angle extrême du feu de la gencive porter la pierre qu'on jette à l'intérieur de soi...
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Écrivant sans compter
ÉCRIRE : CRI ET RIRE Dans écrire, il y a crier et rire . Salah Stétié Je ne sais pas écrire sans faire des bâtons, mes ficelles d'écriture attachées aux branches du marronnier d'une cour d'école. Je ne sais pas écrire sans les ronces, les orties, les...
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La neige marche
La neige tombe en aveugle. Je me suis fait des yeux pour traverser l’hiver, des mains pour tourner les pages, des bûches pour nourrir le feu, des pas de Petit Poucet pour retrouver ma route. J’ai posé mon cahier sur la table. Un cerne de café au milieu...
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Antigone
20 ans morte De la main de son propre frère Elle voulait Adopter les moeurs occidentales Étudier Fonder une famille Promise contre son gré Elle a fui Traquenard familial Il a abattu la jeune femme Et tout les Sadia du monde 6 et 9 décembre 2007 Poème...
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À la recherche du temps perdu
… tout se passe dans notre vie comme si nous y entrions avec le faix d’obligations contractées dans une vie antérieure ; il n’y a aucune raison dans nos conditions de vie sur cette terre pour que nous nous croyions obligés à faire le bien, à être délicats,...