Le poème

Publié le par la freniere

Je parle pour boucher les trous de ton étoffe …

amour je continue mon sommeil animant

Si tu ne viens pas que sera ma strophe

un rail de plainte interminable

hache de sanglots contre mes lecteurs

Le centre du temps est un arbre atroce

un arbre de sable où germent les clous

le cœur est torture véloce

un mot nous broie les genoux

Si tu ne viens pas je parle et j’existe

quel feu donnera

ce bois d’orgue triste

j’écris pour appeler un temps plus beau que nous

Et pour les transparents qui souffleront l’argile.

 

Jean Sénac

Publié dans Poésie du monde

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