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Le somnambule

Publié le par la freniere

Je garde sous la peau mon costume de mort

avec à l'intérieur le long poignard de l'aube

ma voix se couvre mon ombre et moi nous sommes seuls

et je laisse sur l'eau des blessures insensées

 

Je suis à bout de peau je fais des métiers d'absence

je descends dans le corps des oiseaux somnambules

j'éteins les ombres blanches sur le miroir des morts

et la couleur du monde s'est perdue en chemin

 

Je vois le ciel pendu à des crochets de plomb

je vois des marées mortes dans le sang blanc des algues

et sur les seuils de pierre des bracelets d'oiseaux

 

Dans un désert de peau je guette un enfant fou

je vois dans les bûchers des émeutes de miroirs

et le même visage à toutes les fenêtres....

 

Tristan Cabral

 

Publié dans Tristan Cabral

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Yves Auclair

Publié le par la freniere

Yves Auclair
Yves Auclair

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Je refuse

Publié le par la freniere

Je refuse

Je refuse de vivre dans un pays soumis, vassalisé, cassé, conquis
Un pays de Disneylands, de luge-lands, de no man's lands, de mort lente
Je refuse la haine, l'exclusion, la ségrégation, la soumission, la démission,
l'expulsion
Je refuse les ruines, les combines, l'intérim,
Je refuse l'Europe du fric et de la trique
Je refuse de léguer à mon enfant un avenir de décombres
De tôles rouillées, de portes fermées entre l'errance,
l'espoir d'une vague saison
et le petit boulot à trois mois d'espérance de vie
Je refuse que mon pays devienne un désert de friches, d'artifices,
de cicatrices, un parking de chômeurs au pied d'une montagne de luxe,
le royaume de la triche, du temporaire, du précaire et de la mort en blanc
Je refuse l'avenir à tiers temps
J'aime la dignité, la liberté, la solidarité
J'aime la vie


Michel Etievent

glané sur emilagitana

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Publié dans Poésie du monde

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La muse de Léonard Cohen

Publié le par la freniere

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Offenback soap opera

Publié le par la freniere

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Jusqu'à mordre la mort

Publié le par la freniere

Le manque d'argent, le manque de temps, le manque de tout n'empêchent pas la bonté. Tant qu'il y aura des bombes, tant qu'il y aura des tombes, tant que l'argent domine, la chair de poule habillera le squelette des mots. Luisant sur l'eau du lac, un insecte ventre en l'air recroqueville ses ailes. Sa noyade est celle d'un vivant. La mort d'un autre nous force à vivre. Lorsque l'on naît, est-ce pour toujours? Lorsque l'on est, c'est pour savoir pourquoi. Lorsque l'on vit, c'est pour jouir et souffrir. Je note ce que rature le silence, la peur du sang, un amour inconnu, les larmes refoulées, la chaleur et le froid, la patience des arbres, la joie et la souffrance, le sourire d'un loup, l'enfance qui persiste à travers les années et le désordre des pensées. L'égarement nous rapproche, la peur des orages, les souvenirs d'enfance, le sang du rêve dans le cœur du réel. La plupart de mes amis d'enfance sont entré dans les affaires. Je suis resté seul sur le bord de la route, le pouce indiquant l'infini. Je l'ai trouvé parfois dans les bleds perdus, rarement dans les villes, jamais dans les vitrines. Installés dans un rôle, les gestes ne sont plus que ceux d'un automate. Malgré le poids des choses et la douleur du temps, la beauté des âmes reste légère, légère comme le feu et l'eau, les feuilles tremblant au moindre petit vent. Ce que l'homme salit, son âme l'embellit. Il faut du temps pour le comprendre. Il faut de la lenteur, de l'empathie, du cœur. Il faut du vent, des rivières, des bêtes, l'odeur des corps qui nous frôlent, le poids du monde sur les épaules, cette part d'inconnu où flashent les lucioles. Le ciel saigne un peu au lever du soleil. Comme issue de la brume, la lumière de l'aube caresse les collines. Les arbres au garde-à-vous attendent les oiseaux pour rire de nouveau. Les années passent entre les mots. Le temps s'attarde à bout de souffle. Terre et ciel se mélangent dans la couleur de l'encre. Offrant ma vie aux rêves des enfants, donnant ma voix aux pauvres, aux fous, aux vieillards, je deviens l'un des leurs. Quand l'horizon se dérobe de mirage en mirage, cherchant le sens de la vie, les mots s'ajoutent à l'équation du monde. Il arrive qu'on écrive jusqu'à mordre la mort.

Jean-Marc La Frenière

 

Publié dans Prose

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Cuba si!

Publié le par la freniere

Publié dans Poésie à écouter

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Les tueurs d'oiseaux

Publié le par la freniere

Les tueurs d'oiseaux

À bas les tueurs d'oiseaux ! - par Suzanne G. Chartrand

Militant exemplaire, homme indigné, libre, conséquent ; être tendre, aimant la poésie, les joyeuses agapes, les arbres, les oiseaux, la danse et la musique, on a dit tout cela de Michel Chartrand, et même qu'il était un guerrier, un prophète. Mais le plus important, peut-être, c'est qu'il a toujours été un homme parmi les hommes, sensible à leurs grandeurs et à leurs malheurs. Il a vécu pour redonner aux plus démunis et aux laissés pour compte leur dignité. Que ce livre hommage à Michel Chartrand ravive sa présence fraternelle et nous aide à poursuivre les luttes nécessaires à la réelle émancipation de tous.

Commandez vite, pendant qu'il en reste encore!:

http://editionstrois-pistoles.com/boutique/fr/a-bas-les-tueurs-d-oiseaux-michel-chartrand-temoignages-et-reflexions-sur-son-parcours-militant-p168/

Publié dans Les marcheurs de rêve

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The spirit of the blues

Publié le par la freniere

Publié dans Glanures

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La légende de Tristan Cabral

Publié le par la freniere

La légende de Tristan Cabral

L'ami Tristan Cabral me manque; sa folie contagieuse; ses visions sur l'échelle de Jacob et ses larmes qui explosent comme des éclats de rire contre tout ce qui nous sépare et nous expose au règne des assassins. Il est depuis des mois dans un hôpital de Montpellier. Il n'en dit guère plus à part peut-être "une opération de l'oesophage sans gravité". Il me demande des nouvelles du pays; se souvient de l'Avenue Florida à Buenos Aires où jadis il avait croisé Borgès en compagnie de son compagnon de l'époque. Comme j'aimerais aujourd'hui lui faire découvrir ces univers polyphoniques où je rajeunis de jours en jours; sommeils brefs, yeux et sens en alerte. Les voyous sont beaux à Buenos Aires, les poètes s'adressent au peuple;, au ciel et à la terre. Les femmes brûlent d'une beauté intérieure sans affectation, elles ne font rien pour séduire sinon vous transpercer d'un regard aiguisé. 
Mon ami, ta dernière lettre m'a tellement réjoui mais aussi empli d'une tristesse profonde. Le poème est un pont; un rendez-vous certain où ne manquons jamais de rien.


 

La légende de Tristan Cabral (extrait) :

.../...
Tristan Cabral tout de noir vêtu de la tête aux pieds
sous un ciel d'apocalypse flamboyant
ouvre le livre des Heures de de la nuit profonde 
lui seul sait déchiffrer les ouvrages du sang 
les hautes dérives dévorantes du temps 
Chevrier des Cévennes dans les maquis de l'âme humaine
prophète halluciné au milieu des bûchers de Montségur 
je l'ai rencontré sur mon chemin ardent de Palestine, 
moi-aussi je n'étais qu'un enfant complètement déboussolé

Dans une autre vie je l'ai retrouvé à Istanbul 
en compagnie de Nazim Hikmet
ils fumaient assis côte à côte un narguilé parfumé 
sous les poutres de métal du pont de Galata 
en se saoulant de poésie et de thé fort

Il me donnait des rendez-vous fabuleux 
parmi les ruines de la vieille Europe 
Partout où des victimes se tordaient de douleur
il n'avait de cesse de dénoncer les crimes
au bord des charniers des Balkans 
où pleuvaient des pétales de roses folles
dans la Grèce épouvantée des colonels 
contre lesquelles Yannis Ritsos arma "le premier mot"

.../...

 

André Chenet

Publié dans Tristan Cabral

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