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Pleurer ne sauvera pas les étoiles

Publié le par la freniere

guerrette.jpg

 

 

J’ai toujours voulu voir le monde que les aveugles voient. Et raconter aux autres enfants les rêves que faisaient leurs ancêtres les yeux ouverts : des histoires d’amour et d’épouvantails au milieu d’une guerre d’éoliennes. Je suis prêt. Entre mes lèvres la nuit déborde, il fait noir comme à l’intérieur d’une école en feu.

Mes souvenirs me laissent dans la bouche une odeur de bois cordé; ma tête farcie de feuilles mortes est un chalet défoncé par de vieux coups de vent, de vieux orages et des siècles de chiens méchants. Je fais ce que je peux, je ne pense plus, je flambe comme le fond d’un tonneau rempli de promesses. Quand dans mes veines le sang ne sait pas où aller, chaque mot prononcé reproduit le bruit rouge que font les oiseaux tués par balle.

 

François Guérette

Publié dans Poésie du monde

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J'écris avec la terre

Publié le par la freniere

À l'Hôtel des Camélias

3, rue Spitaleri - 06000 Nice

(derrière Nice- Étoile)

 

Les rencontres de Poètes & Co.

présentent

Mardi 2 octobre 2012 - de 18h à 20h

 

Jean-Marc LA FRENIÈRE

en avant-première de son livre

"J’écris avec la terre"

Éditions Chemins de Plume

 

L’auteur

Prix Nouvelle Voix en Littérature 2010 - Canada

Prix du Public 2011 - Québec

Révélé en France par les Éditions Chemins de Plume
parlera de son œuvre

et répondra à vos questions

 

 Entrée gratuite

Renseignements : 04 92 09 89 22

04 93 62 15 54 - Auberge de jeunesse

nice-camelias@hifrance.org

 

L’auteur sera  au Festival du Livre de Mouans-Sartoux les 5, 6 et 7 octobre

 

Publié dans Glanures

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R. L. Burnside

Publié le par la freniere

 

 

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Lettre à Victor-Lévy Beaulieu

Publié le par la freniere

Cher Victor-Lévy

 

Personne ne s’est  aperçu qu’en désignant l’arbre malade à abattre, on n’a pas vu la forêt qui se détériore aussi. J’ai lu tous les commentaires, articles, et j’en ai entendu d’autres plus acerbes encore au sujet des Éditions Trois-Pistoles qui traînent de la patte. Quand j’ai reçu ta lettre m’annonçant que mon deuxième tome de DE L’EAU SUR LE PAPIER, L’enfer de Diderot, prévu pour l’automne ne serait pas publié tel qu’entendu, j’ai ressenti une vive douleur au milieu de mon amour-propre.

 

J’ai vociféré, hurlé, tapoché, et même menacé d’aller le publier ailleurs, puis la vase s’est déposée au fond et je me suis mise à éprouver pour toi une certaine pitié. Comme le père qui, ayant perdu sa job, décide de ne pas entrer à la maison, pour ne pas entendre ses enfants et sa femme se plaindre de la faim, tu ne me rappelles pas, tu ne réponds pas à mes courriels. De mon côté, j’ai reçu des appels pour donner des entrevues et chaque fois, j’avais l’impression que j’allais concourir à ta descente au royaume d’Hadès. Et ce n’est pas ce que je voulais.

 

J’ai plutôt accusé le monde littéraire au Québec. Le nombre incalculable d’écrivailleux qui veulent publier, le trop grand nombre de tâcherons parmi les éditeurs,  le trop petit nombre de citoyens qui lisent de la littérature, le peu d’intérêt des libraires pour les livres québécois, les listes inclassables de titres de livres étrangers dans les médias québécois, et j’en passe ! Alors, notre grand écrivain VLB souffre autant que ses auteurs de cette situation, j’imagine.

 

J’insiste : créons donc les États Généraux de l’Édition au Québec. Questionnons les subventions, le coût exorbitant de la publicité dans les magazines, le coût faramineux des frais de poste, les publications massives des livres écrits par des nègres pour des grosses vedettes du showbusiness, les éditeurs qui font des cadeaux aux salons du livre ou pour obtenir une place dans le palmarès des journaux,  le manque d’intérêt des lecteurs pour la littérature qui demande des efforts, l’inexpérience déplorable des recherchistes d’émissions pour grand public, le coût des kiosques dans les salons du livre, le peu d’entrevues accordées aux écrivains, sauf s’ils sont des artistes en manque de popularité. Il y aurait tout ça et davantage, tu le sais.

 

On ne peut pas évoquer ton manque d’expérience dans l’édition. Cette fois, puisque tu ne t’es jamais gêné pour crier ton amertume et ta rage en distribuant des lettres et des horions, les journalistes vont tenter de te faire tomber de ton rocher, comme Le Pélican d’Alfred de Musset, offrant sa poitrine ouverte à ses petits affamés qui courent sur le rivage. Mon exemple est farfelu, peut-être, mais je le crois éclairant.

 

J’ai publié chez une douzaine d’éditeurs, et jamais aucun d’entre eux ne m’a offert des exemplaires de mes livres en échange de mes droits.  Tu l’as fait, toi. Et j’ai refusé. Et je tiens à publier le deuxième tome de mon roman DE L’EAU SUR LE PAPIER au plus vite et je sais que ce n’est pas lorsque je vis des frictions idéologiques avec un éditeur que l’acte de publier est un bonheur. Alors je ne veux pas me fâcher avec toi. Mais tu ne diras pas que la perte de ton théâtre des Trois-Pistoles, l’infidélité du maire, la trahison du député de Rivière-du-Loup  et l’intransigeance de l’UDA sont autant de raisons valables pour que tes auteurs ne reçoivent pas leurs droits.

 

Je souhaite que ce gouvernement crée les États Généraux sur l’Édition au Québec, qu’il

nomme l’ombudsman que je réclame depuis plusieurs années, et que l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) réfléchisse sur les pratiques de ses membres, que les subventionnaires se questionnent sur leur aide financière. Alors seulement, le peuple québécois comprendra combien il est ardu de publier des livres et surtout, que les lecteurs fassent la différence entre un livre populaire et une oeuvre littéraire. Et ils te pardonneront. Et tes auteurs aussi.

 

Je souhaite que les Éditions Trois-Pistoles se portent mieux.  Et toi aussi. Il faut que tout le monde sache que les droits d’auteur représentent le degré d’amour de nos lectrices et lecteurs. À 10% de redevances sur le prix d’un livre, ce ne sont certes pas les auteurs qui exagèrent.  Ils devraient au moins recevoir leurs droits qui sont résolument sacrés. Imagines-tu un concessionnaire d’automobiles qui dirait à ses vendeurs : hélas, je ne peux pas vous payer votre commission cette année ?

 

Alors, tu vois ? La situation de ta maison d’édition servira de déclencheur pour que tous, nous nous penchions sur les raisons qui motiveraient un éditeur comme toi, VLB, à continuer malgré les difficultés.

Les gens qui veulent des États Généraux sur l’Édition au Québec et un ombudsman peuvent m’écrire à :

francineallard@videotron.qc.ca

 

Francine Allard

Publié dans Glanures

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C'est le premier jour de l'automne

Publié le par la freniere

 

lien pour écouter

 

ne te retourne pas
on parle de nous
quelqu’un marche sous la pluie
il fait déjà soleil

un peu partout
sur ton épaule
on en attrape dans les filets
des phrases et des couleurs

c’est le premier jour de l’automne

je marche pieds nus
sur un sol glacé
de la chambre au train
en passant dans un corps

pour faire tomber les
dernières mouches collées
comme des grappes de raisins
sur un meuble

c’est le premier jour de l’automne
c’est le premier jour de l’automne

comme c’est violent
un doigt qui rentre dans la peau
pour dire des mots d’amour
à qui veut bien l’entendre

on avait pourtant mis
sur le rebord de la fenêtre
des oiseaux pour du pain
avec le lait de la jument

c’est le premier jour de l’automne

 

div

 

 

 


Publié dans Poésie à écouter

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La femme en vol aux Éditions Parole

Publié le par la freniere

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Ile Eniger publie son premier roman.

 

"LA FEMME EN VOL" aux EDITIONS PAROLE

 

Présentation au Festival du Livre de Mouans-Sartoux

les 5/6/7 octobre 2012

et le 30 novembre 2012, à la soirée littéraire "Les Mots d'Azur"

animée par Pierre-Jean Blazy au Château de Mouans-Sartoux.

Publié dans Ile Eniger

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Un léger bruit de plumes

Publié le par la freniere

Avant d’écrire, j’ai appris à lire dans les gestes, à regarder par un tout petit trou, à manier le râteau, la hache et l’opinel. Les mêmes mots reviennent toujours, les entêtés, les têtus, les ceux qui font du ventre et dépassent dans la marge. On les quitte, on les tance, puis on s’appuie sur eux. On entre dans le manque pour toucher l’invisible, celui qui fait du bruit, un léger bruit de plumes. On cherche l’ange en nous, l’amande sous l’écale, le peintre dans sa toile. On cherche le soleil dans l’étroiture des arbres, la perle de rosée sur une herbe brûlée. J’écoute avec les yeux. Je touche avec les mots. Je parle avec les doigts. J’écris avec les gestes. Le nez dans la poussière, je cherche l’absolu. Je crache le mauvais. Dans mon jardin boiteux, les petites fleurs penchent la tête. Ces nonnettes en couleurs attendent l’Angélus.

         

Que reste-t-il de l’homme attablé au McDo, que reste-t-il de sauvage et de fou ? Il est étrange qu’à l’ère du chacun pour soi, tout soit standardisé. Chacun pour soi mais tous pareils. Quand le réel s’invite au beau milieu du rêve, je sors les pansements, les baumes, les tisanes. Mon carnet de bord s’étend au-delà du langage. Il dépasse de loin l’espace biographique. J’aime l’équilibre des arbres. Chaque feuille tire sa beauté de celles qui l’entourent. Dès que le silence devient lourd, la véhémence d’un oiseau nous ramène à la vie. Des corneille en colère s’acharnent dans la cour et me tiennent en éveil. Je laisse venir ce qui vient. J’écris avec des mots nourris sous le manteau, des voyelles rouillées, des bras d’esperluettes. Un seul pas dans le désert fait figure de musique. C’est par les détails qu’on se rattache à tout. Chaque brin d’herbe m’appelle et me mène plus loin. La  «petite bête» m’interpelle beaucoup plus que la foule.

 

Quand la monnaie aura gagné, quand tout sera vendu, que restera-t-il de l’homme ? Toutes les pièces sont tapissées d’écrans. Elles sont fardées d’images qui ne sont pas vivantes. Le règne de la matière écrase l’esprit. Il n’y a pas d’ersatz pour remplacer une âme, pas de béquille pour le cœur, de prothèse à la mort. Je me méfie de ce qui brille comme un loup du fusil. Il y a plus que les mots pour dire quelque chose. Ce qui n’est pas tracé transparaît sous le regard des lecteurs. C’est comme une encre sympathique, de la neige intérieure protégeant ses flocons. La voix qui nous habille déshabille le cœur. Tous mes mots tirent la langue devant une page blanche. La mémoire feuillette le catalogue des choses. Les yeux se baissent vers la fleur ou regardent les nuages.  Il n’y a pas de point fixe mais des gestes immuables, l’enfant trouvant le sein, le vieillard sa canne, la bouche du poète sa pleine gorgée de sons. Toutes les langues accueillent l’ancien et le nouveau, du cantouque à l’e-mail, de la grégousse à la pin-up. Elles portent le costume que tricote le temps, un long pull de sons aux coudes rapiécés. Les mots sont à la phrase comme les plumes dans l’aile, les mailles d’un filet, les dix doigts d’une main.

 

Lorsque le jour commence par les pieds, il enfante une route. L’absence de bonté mène un train d’enfer. Elle détruit l’équilibre du monde. Il ne faut rien prendre pour acquis. Les réponses se trouvent peut-être dans les questions jamais posées. C’est à pas feutrés que je m’avance dans l’impondérable. On peut mettre tous les mots bout à bout, jamais ils ne feront le tour du silence. J’ai entendu un homme se faire appeler Prison, un autre surnommé Monnaie. J’ai vu la viande incendier la forêt, des enfants se partager la faim, des fous de Dieu se transformer en bombe, des hommes traîner leur ombre comme une pierre, des caresses se hérisser d’épines. J’ai du faire des trous dans le plafond du rêve, colmater la tendresse, cacher le ciel dans la blancheur des pages.

 

Comment dormir tranquille derrière une balle de fusil ? On rêve d’un tire-pois à la place d’un canon, d’une caresse au lieu d’un chèque, d’un homme aux ailes d’ange. La terre n’est plus qu’une immense blessure. Le sang y coule par les mots. Tel un crabe apeuré, nous avançons comme si on reculait. Ceux qui défilent au pas finissent par déferler et piétiner le bonheur, les fleurs et l’herbe. Cette échelle qu’on appelle le temps, est-ce qu’elle monte ou descend ? Il ne suffira pas de sauver les meubles. Je fais confiance au rêve, c’est le réel qui ment. Nous avons besoin d’insectes, d’air et d’eau, pas de bombes et de cash.  Nous n’avons pas besoin de sang pour nourrir les prières. Nous n’avons pas besoin de guerres pour mourir. La vie nous suffit. Je sculpte dans la paille des totems d’air pur. Certains mots sont des tics. Ils s’échappent de nous sans qu’on sache pourquoi. L’écriture devient vite un lieu de résidence. Même les mots les plus pauvres enrichissent la voix.

 

Je pose sur la page un peu du paysage. Les cerisiers sont blancs. On peut croire qu’il neige seulement par endroits. La brume sur le lac se confond aux nuages. Les feuilles s’alourdissent du poids de l’eau muette et des ombres d’oiseaux. Le rêve s’évapore comme de la pluie dans l’herbe. Il faut laisser le monde à la charge du temps, cesser de bousculer les arbres. On n’enchaîne pas les bras d’une rivière se blesser l’eau qui dort. Sous les grandes mains du vent, les éléments se tendent et se détendent. Il suffit d’un fruit pour qu’on aime les arbres, un peu d’ombre au soleil, une branche où grimper. Il suffit d’un seul pas pour rassurer la route. Il n’y a rien qui conjugue l’amour. Il faudrait tous les mots, les gestes, la musique. Un crayon ne sera jamais la tige nue soulevant la fleur, un papillon battant des ailes ni la rose des sables. Quoi que j’écrive, poings fermés ou paumes ouvertes, deux ou trois phrases qui se rétractent, deux ou trois mots qui débordent, je n’atteins que l’infime.

Publié dans Prose

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Paroles indiennes

Publié le par la freniere

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Je crois bien

sur la route, sur la mer

sur mes pieds

je scrute mes pas

qui avancent et reculent

par l’eau salée

par les rivières dénudées

par le gravier du coin

par les sentiers de mon cœur

mais surtout

c’est mon âme

qui sourit depuis ce matin.

 

Je crois bien

que le poème est la survie

de nos âmes nomades.

Ce soir j’irai me baigner

dans la sueur des gens,

et je nettoierai mes plaies

à même la chaleur des pierres.

Je chanterai en silence

par la seule force de ma pensée.

 

Je crois

que la prière est source de paix

elle voyage comme une amie

car elle parle en silence

le langage du cœur.

Elle ne demande pas

elle partage la profondeur

de l’instant.

 

Rita  Mestokosho 

 

Publié dans Paroles indiennes

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L'Outre-vie

Publié le par la freniere

Il existe pourtant des pommes et des oranges

Cézanne tenant d'une seule main

toute l'amplitude féconde de la terre

la belle vigueur des fruits

Je ne connais pas tous les fruits par cœur

ni la chaleur bienfaisante des fruits sur un drap blanc

 

Mais des hôpitaux n'en finissent plus

des usines n'en finissent plus

des files d'attente dans le gel n'en finissent plus

des plages tournées en marécages n'en finissent plus

 

J'en ai connu qui souffraient à perdre haleine

n'en finissent plus de mourir

en écoutant la voix d'un violon ou celle d'un corbeau

ou celle des érables en avril

 

N'en finissent plus d'atteindre des rivières en eux

qui défilent charriant des banquises de lumière

des lambeaux de saisons     ils ont tant de rêves

 

Mais les barrières       les antichambres n'en finissent plus

Les tortures        les cancers n'en finissent plus

les hommes qui luttent dans les mines

aux souches de leur peuple

que l'on fusille à bout portant     en sautillant de fureur

n'en finissent plus

de rêver couleur d'orange

 

Des femmes n'en finissent plus de coudre des hommes

et des hommes de se verser à boire

 

Pourtant malgré les rides multipliées du monde

malgré les exils multipliés

les blessures répétées

dans l'aveuglement des pierres

je piège encore le son des vagues

la paix des oranges

 

Doucement Cézanne se réclame de la souffrance du sol

                                                    de sa construction

et tout l'été dynamique s'en vient m'éveiller

s'en vient doucement     éperdument me léguer ses fruits

 

.

 

Marie Uguay

 

Publié dans Poésie du monde

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D'un pays

Publié le par la freniere

 

Te savoir est un bonheur qui aiguise la petite lumière en moi. Tu vois, je ne sais pas écrire d'amour, mais je sais vivre d'amour. Par le jour qui monte et descend sans conditions, par les heures séculières malgré la croyance des horloges, par les saisons gardiennes d'essences, par la terre qui porte et donne sans compter, par ces choses qui sont sans avoir ni rançon. Je suis de cet amour comme on est d'un pays quand la plus vieille voix, plus solide qu'un roc, parle toutes les langues. Quand la racine mère enfouie au plus noir pousse vers le soleil sa respiration verte. Quand le coeur n'a que faire de la limite humaine et bat de son tambour à protéger la vie. Toutes ces permanences me font exercice d'aimer vaste et puissant comme la fidélité. Cette limpidité posée entre les doutes, les limailles, les fers, et quelques pâquerettes, j'y tiens. Sa flammèche de bougie est comme l'âme, indestructible.

 

Ile Eniger - La maison dans les airs - (à paraître)

Publié dans Ile Eniger

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