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Salut Jean-Paul

Publié le par la freniere

 

 

Le poète et romancier Jean-Paul Filion est décédé le 27 décembre 2010.

 

Je lui ai consacré un article il y a quelques années.

 

 

À lire

 

À écouter

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

 

Tout le monde connaît ces poètes qui vous entassent, pendant des années, des milliers de vers qui tous ont la larme à l’œil. Bon, mais essayez de leur emprunter cent sous, essayez pour voir. La «faculté poétique» et la «faculté religieuse» se ressemblent plus qu’on pense.

 

Henri Michaux

 


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Microbes numéro 63

Publié le par la freniere

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Au sommaire : 

Collages de Cathy Garcia

Nicolas Brulebois

Jean-Marc Couvé

Anna de Sandre

Éric Dejaeger

Patrick Frégonara

Antoine Geniaut

Isabelle Jarlin

Roger Lahu

Pierre Mainguet

Carmelo Marchetta

Murièle Modély

Jany Pineau

Thierry Roquet

Salvatore Sanfilippo

Guillaume Siaudeau

Marlene Tissot

 

 

Les abonnés le recevront début janvier. Les abonnés « + » recevront également EASY WRITER, mi(ni)crobe 27 signé Roger Lahu. Les autres ne recevront rien. Pour tout renseignement, c'est ICI.

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Les journées s'accourcissent

Publié le par la freniere

 

Dans les oreilles de l’homme qui a faim, le bruit d’une fourchette déchire les tympans. Un grain de riz dans sa tête a le poids d’une montagne. Dans l’homme aveugle aux autres hommes, le néant prend les yeux de la haine. Pour l’homme qui va vite, plus vite  que le voyage, la vie n’est qu’une salle d’attente. Sans épines à sa tige, la rose n’a plus d’âme. Sans tendresse à donner, les hommes ne sont rien, à peine un sang perdu au bord d’une blessure, un bouquet de mots fané sur l’humus des choses. Quand je parle d’espoir, c’est une image de la liberté. S’il faut qu’il y ait un sens quelque part, que ce soit le plus fou. Avec le temps, les journées s’accourcissent et les pas s’alentissent. Lorsque les mots s’apportent à moi, je les accueille comme je peux. Je m’intègre peu à peu aux pas d’un écureuil, à l’envol d’un courlis, aux méandres d’un ruisseau, à la course d’un ver sous l’ogive des racines, à l’arc-en-ciel des fleurs, aux tournesols dodelinant de la tête. Mon œil se promène d’une mésange à l’autre. Leur chant gratouille mes tympans. Les enfants nés dans le mirage du bruit, je voudrais leur apprendre le miracle du fruit.

Je ne veux pas mourir dans une prison de rues, dans les coulisses du malheur, par absence de révolte.  Je n’ai pas besoin d’une voiture pour traverser la vie, d’une âme de comptable. À calculer ses sous, on ne vit pas, on tue. Les animaux vaincus nous regardent en pleurant. La victoire des choses ne les fait pas sourire. On renverse le cœur sans retrouver son âme. Je suis quelques-uns à me tenir la main, un ancien vivant, un mort, un nouveau-né. Je marche chaque mot. Je mords chaque silence comme un pain de fortune. On avance toujours dans ce qu’on ne sait pas. La roue que l’on entend grincer, c’est l’homme traînant son âme dans la brouette du corps, le petit train des jours qui a perdu ses rails, le vent entre les mains, les cils battant comme des ailes, ce fil de temps vécu reliant les humains, un instant de rencontre où naissent les étoiles. Les mains, ce sont d’étranges fleurs au bout d’étranges tiges. Je viens y recueillir le pollen des gestes, le miel des caresses. Sur le coteau d’en face, les pieds dans l’eau de neige, un grand sapin frissonne comme un sac plein d’épines. Un geai bleu fait la roue dans sa maison d’aiguilles. Chaque tristesse cache un miracle possible.

Chassés par l’homme, les anges veillent la nuit au fond des dépotoirs. Sans message à livrer, les ailes à moitié mortes, ils picorent parmi les immondices, qui un brin de folie, qui un reste d’amour, qui un quignon de paix. Ils planent quelque fois au-dessus des berceaux à la recherche d’une âme. Qui a dit que les hommes d’état ne s’entendaient pas. Ils s’entendent tous pour rabaisser les hommes. Une même hypocrisie sculpte la langue de bois. Sur le corps du désir, n’arrivant pas à se toucher, les mains folles battent l’air au bout de bras trop courts. La solitude a engendré les dieux. Ces derniers en ont fait un troupeau. Je préfère la pluie où chaque goutte est unique. Tout se tient. Il y a comme une entente, un échange perpétuel entre l’écorce et la pierre, la résine et le poil, le végétal, le minéral, l’animal. Les choses ne vivent pas séparément. Elles sont toutes en une. Le visuel passe à l’auditif. L’eau chante quand elle coule. Les feuilles bruissent. Les mouvements de l’herbe donnent au vent sa couleur. Lorsque les arbres dansent, toute la forêt murmure. Mille colibris se taisent dans le bruit du tonnerre. La pluie tombe sur ses pattes comme un chat. Le ciel a pris la couleur de l’eau. Les oiseaux ont l’air de remuer des rames. Les flaques sur le sol ont la forme d’un bol. Quelques mésanges y boivent un nuage de lait. Les arbres travaillent ensemble à contredire le vent. Le matin montre à peine son nez. Il attend que se déroule une échelle de soleil, que s’ouvre dans le bruit une largeur de silence. Si la vie suffisait, il n’y aurait pas de livres. Les rides du visage sont comme les lignes d’un cahier.

Loin du jargon économiste, des lapalissades de la psychologie, des jérémiades à l’eau de rose, je pisse de l’encre comme une seiche. Je fume comme l’aube quand le soleil se lève sur les russules roses et l’asphalte mouillée. Il m’arrive de glisser dans une autre dimension. Un mot qui manque dans une phrase peut en être l’accès, une virgule mal placée, une syllabe en trop, un paragraphe ouvert et qui ne ferme plus, un sens qui m’échappe, une image qui fuit. J’en sors liquéfié comme le sang d’une blessure. Les pas de l’encre sur la page ne se lisent qu’en braille. Il y a lieu alors de s’interroger sur la pertinence de la mémoire, cette main aux doigts boudinés de rhumatismes et d’archétypes, ce doigt blessé triturant le réel. Il suffit de quelques pas pour revenir au point de départ. On ne distingue plus le plancher du plafond. J’y croise des paysans têtus, fermés comme une pierre, qui haïssent les arbres. Ils les nanisent ou les abattent. Si le s se confond avec le m, les autres lettres gardent leur dignité mais ne veulent plus rien dire. Le genou gauche d’une phrase refuse de plier mais son coude s’évase pour happer la lumière. La plupart du temps, j’écris à la sauvette, entre deux cris d’oiseau, d’un pas sur le papier ou d’un geste à la main, d’un doigt de confiture sur le pain noir des jours. J’écris comme une herbe se dresse, comme tombe la pluie, comme un noyau de prune. J’écris avec des mots en forme de mie de pain, avec des mots touillant la sauce des images, les assiettes ébréchées, le bol des métaphores. Je redeviens l’enfant, tombeur de pluie, rêveur de pommes, coloriste de l’ombre, l’oiseau pur du délire évadé de sa cage. Mes images galopent du geste à la parole, de la rétine au cerveau, du dictionnaire au cœur. Il nous faut bien remplir le vide, donner à l’ombre un semblant de visage. Je parle d’homme à homme, en homme simplement.


Publié dans Prose

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

 

Peut-on vraiment aimer les poètes qui s’ils savent comment l’esprit vient aux mots n’en ont pas un seul pour condamner ce monde où l’on joue au ballon avec des têtes d’enfants ?

  

Jean Rousselot


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La Veillée 2010 chez les Fournier

Publié le par la freniere

 

28 décembre 2010   19 heures

 

À tous ceux et celles qui ont l’hiver tatoué dans l’cerveau et la panse farcie

d’bines...

 

Cessez d’varnousser dans les enfers populaires que sont les centres d’achats

et les magasins à rayons pour joindre les rangs de la résistance et de la réjouissance.

Dans le paradis séraphique du père Fournier, au fond du bois du bout du

monde, une soirée festive entre les sapins enneigés et le grand feu s’organise.

Dites une fois pour toutes adieu aux oméga 3 et aux recettes du Docteur Béliveau

en savourant la fédération ultime des bines et du lard salé, une nourriture

abondante et salutaire pour le canadien-français. Poursuivez votre cure en ingurgitant

avidemment le tord-boyaux du Cadet Fournier, qui vous rendra plus fort

que la mort. Terminez votre soirée au chaud en vous enivrant de musique et en

vous entourloupant de la belle Julie Guimbette.

Prière de se présenter décemment vêtu, habits chauds (et propres) et de confirmer

votre présence à l’avance.

 

La famille Fournier

 

P.S. : Les absents qui préfèrent leur maison de gripette à ce flot de délices et de

voluptés seront irrémédiablement excommuniés par le curé du village.

 

Info:418 428.3634

 

 

Les artistes invités

 

Les Quêteux : Musiciens gentilshommes, rapaillés directement

du rang St-Achille, à St-Ubalde;

 

Jean-Marc La Frenière: Poète, il trace l'étoile du Berger dans la

laine encore fraîche;

 

Jo Blais: "Canayen" plus grand qu'nature, ses contes résonnent

à travers les frères Baumier;

 

Bébert et son accordéon : Bûcheron légendaire, il dépose sa

chain saw le temps de quelques airs à l'accordéon;

 

Marc Maziade : Banjoïste hors pair , il nous plonge dans un équilibre

audacieux entre la fougue et la transe;

 

Arleen Thibault : Conteuse de l'imaginaire débridé, où règne le

merveilleux des petites choses de la vie.


 


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Le tiret de l'amour

Publié le par la freniere

 

En nous, mon amour, nous sommes toujours ensemble. Partout, mon amour, nous continuons ensemble. Nous sommes un et nous vivons de la vie l’un de l’autre. Le tiret de l’amour épouse nos deux corps. Lorsque les arbres se déshabillent, les bêtes et les hommes s’habillent. Je t’aimais dans chaque feuille, chaque fleur, chaque fruit. Je t’aimerai dans chaque flocon de neige, chaque rafale de vent, chaque poil de bête.

Ta présence est immense, plus vaste que la mer. Je touche l’infini avec des mains vivantes. «Bonjour, mon amour !» Quel bonheur de le dire avec mes lèvres sur ta peau, te prendre par la main sous le courage des érables, respirer ton odeur de la sève plein la bouche, suivre du doigt ta hanche jusqu’au secret du monde. Le désir se fait geste, l’espérance réelle.

Chaque matin tu fais le propre, de la table à l’oreille, de la muraille à l’âme. Tu nettoies le silence avec les mots du cœur. Tu fais le frais. Tu fais le bien. Tu mets de l’infini sur la moindre des choses.

Il n’y a plus d’ici ni de là-bas. Nos deux corps réunissent l’amour. Nos mots s’épousent autour de la même table. Nos désirs sont synchrones. Nos parallèles se touchent. Je te regarde de toutes mes forces. Nos coeurs pulsent en écho. Nous sommes deux forêts aux branches confondues, deux fleuves aux mêmes rives, deux corps aux mêmes rêves, deux bouches aux mêmes lèvres, deux phrases au même cœur.

Je t’aime. Je te le dis avec le soleil, le vent, la pluie, la lune qui s’ouvre comme une fleur. Quand la neige viendra, je te le dirai avec chaque flocon. Ta vie éveille en moi le désir de vivre. Je t’aime tant. Plus que le mot amour n’en contient. Plus que le faire et l’avoir. Plus que le verbe aimer.

Nous sommes venus de loin pour nous rencontrer et nous allons à nous. Ma peau porte toujours l’empreinte de tes doigts. J’y lis mon avenir comme on vit le présent, à l’extrême de l’amour. Il y a trois minutes, c’est toi que je voulais. Un siècle plus tard, je te désire encore. Au bout d’un millénaire, je t’aimerai plus fort. L’intimité ne connait pas l’espace ni le temps. Nous sommes toujours ensemble. Nos deux cœurs synchrones n’en forment plus qu’un seul.

Tu me surprends toujours. Laisse-moi t’étonner. C’est cet état d’attente qui perpétue l’amour. Tu es nouvelle chaque jour pour que je te séduise. Je peux te dire cent fois je t’aime. Cette répétition contredit l’habitude. Je deviens qui je suis dans le miracle d’être deux et l’étonnement d’aimer. Je voudrais être de toi et que tu sois de moi, une même chair de vie, un même sang d’amour. Lorsque je pense à toi, notre amour est une rivière qui déborde. Quand il pleut, toutes les gouttes se penchent sur ton épaule. Toutes les fleurs du monde se partagent tes yeux. Les étoiles font de même. Le sable chante dans tes mains.

Ton cœur me tient debout et fait battre le mien. Tu as trouvé le vrai, la vie, l’amour. Un seul de tes gestes résume tous les autres. Je t’aime de savoir tout l’infini possible. Quand je n’ai que des mots pour essuyer tes larmes, je suis là comme je peux. Le chemin que l’on fait, celui qu’on ne fait pas, se croiseront toujours. Quand je nomme le fruit, je voudrais être son noyau. Quand je parle de pluie, je voudrais être le nuage. Quand je parle d’amour, je voudrais être toi.

Tout au bout de la route, notre amour efface l’horizon. Les lignes de mes mains se posent sur ton corps comme les vagues d’un fleuve. Tu deviens mer sous mes caresses. Nous débordons ensemble des rives de la vie. Un infini possible se laisse trouver en nous. Le temps n’est plus le temps mais notre peau commune. La distance est un lieu où nous nous rejoignons dans le plus près de l’âme. Ce lieu commence tous les autres.

Tenant ta main entre mes doigts, c’est la vie que je tiens. Tout me ramène à toi, les gestes au bout d’une phrase, les mots à bout de bras, l’immensité de l’aube, la hauteur des étoiles, l’infime, l’infini. Je quitterai ma vie en même temps que la tienne pour que l’on reste ensemble.

Publié dans Prose

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L'enfant nu (Gitan)

Publié le par la freniere

 

Au terrain vague des Tsiganes

où papillonne l'enfant nu,

aux marches froides des ghettos,

aux usines où l'on enchaîne

hommes et femmes pour la soupe,

aux fonds des prisons politiques,

à la caserne " troisième âge "

où l'on exile le vieillard,

aux cris des chambres de torture,

aux vieux bordels de Thaïlande

où se consument des enfances,

à la merde des bouges noirs,

à la longue désespérance

de la putain de quatorze ans,

il me faudrait gueuler l'espoir... !

Dans le bleu tendre du matin,

au terrain vague des Tsiganes

où papillonne l'enfant nu,

j'entends un orchestre d'oiseaux.

... Ecoute ami, entends la vie,

Elle serait belle...

Respecte là !

 

Esméralda Romanez


 


 

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

 

La femme est l’avenir de l’homme. Certes, mais en attendant, on fait quoi ?

 

Bruno Aimetti

 


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Réponse à Kipling (Belgique)

Publié le par la freniere

 

Si le froid de l'aube
te poignarde dans le dos

 

si le soir est un manteau
trop lourd pour tes épaules

 

si les paroles alentour
ne sont que du bruit
au milieu du bruit

 

si tes yeux prennent feu
sous les loupes de tes larmes

 

si des visages sans nom
traversent ton sommeil

 

si des noms sans visage
t'empêchent de dormir

 

si tu croises ta mort
dans le regard de tes amis

 

et s'il te vient aux lèvres
un mot retrouvé dans un trou de
       [ mémoire
un mot pour rire
pour rire et pour faire rire autour de toi

 

alors
oui
tu es un homme
mon vieux.

 

Serge Wellens


 


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