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À l'homme de la rue

Publié le par la freniere

Quand de sombres proclamations

De nouveau englueront nos murs,

Quand «APPEL AUX POPULATIONS»

De noires lettres hurleront,

Quand chaque morveux, chaque faux dur

Chantera leur vieille chanson :

Qu’il faut y aller, tous aux armes ;

Tuez, pillez, sonnez l’alarme !

Quand ils mettront le mot patrie

À mille sauces magnifiques,

Avec de vieux emblèmes fleuris,

Avec les «raisons historiques» ;

Frontière, gloire, peuple, nation,

Pères aïeux, cités, drapeaux,

Nos victimes et nos héros ;

Lorsqu’évêques, rabbins, pasteurs

Viendront bénir les mitrailleurs,

Car le Bon Dieu lui-même dit

Qu’il faut tuer pour la patrie ;

Lorsque l’ignominie hurlante

De nos journaux rejaillira

Et des femelles effrayantes

Jetteront des fleurs à «nos p’tits gars»,

Ô toi, mon ami peu savant

D’ici, d’en face, mon prochain !

Sache que si les possédants

Soudain ont sonné le tocsin,

Qu’ils te crient «Arme sur l’épaule!»

C’est un mensonge, c’est du fard,

C’est qu’ils ont trouvé du pétrole

Et vont en faire des dollars,

Que quelque banque va à vau l’eau,

Qu’ils ont senti le gros pognon,

Ou bien qu’ils visent, gros salauds,

Un bel impôt sur le coton,

Crosse en l’air, crosse en l’air !

L’or est à eux, à toi le sang !

Allons, par-dessus les frontières,

Crions pour interdire la guerre :

«Sans nous, messieurs les possédants » !

 

Julian Tuwim

Traduit du polonais par Jacques Burko

 

 

 

Publié dans Poésie du monde

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Le blanc des pages

Publié le par la freniere

Le blanc des pages laisse la liberté aux mots. Ce sont les mots qui se musèlent entre eux. Il m’arrive en marchant de rencontrer l’espace ou de croiser le temps. Les routes se cherchent dans les pas. Les traces de pas sont des sémaphores. Un œuf sort tout chaud des plumes du sommeil. Ces derniers mots écrits sont happés par le vide. Je dois recommencer.  Ce n’est pas l’homme qui est victime de la vie, c’est l’homme qui en fait sa victime. Malgré ses avancées technologiques, la guerre a toujours fait régresser l’homme. J’appartiens aux vents, aux insectes, aux étoiles. J’appartiens moins à l’homme qu’il n’appartient au monde. J’aurai comme tombeau le vide entre les mots. La mémoire est une vieille maison qu’on ne peut plus habiter. On reste sur le seuil. Ce qu’on voit par la vitre a déjà été nous. On ne peut revenir mettre du feu dans l’âtre. Il continue de fumer sans réchauffer personne. J’en reviens toujours à l’enfance des mots. Le vent est un chemin sans désespoir. La lumière s’y accroche à des atomes de poussière. Être nulle part  ailleurs, c’est être chez soi partout. La langue seule nous procure une demeure.

 

Ceux qui érigent des statues sont condamnés à ramper sous leur socle. Ce que l’homme construit finit par le trahir. On tombe toujours de loin quand on tombe du lit. On habille le monde dans la mauvaise étoffe. On tricote un pays avec du fil barbelé. Je voudrais croire encore au vol des oiseaux, au goût des pommes rouges, au ruisseau dans les herbes, au brillant des châtaignes,  aux frémissements du feu, aux moustaches des chats, au lait sage des mères. Je sais, on n’attrape pas le bonheur, mais on reste à ses trousses. Le silence n’est pas vide. Il est plein de ce qui reste à dire. Il arrive qu’en secouant un homme, il en tombe des larmes. Il rêve de l’eau pure les deux pieds dans la boue. À force d’ouvrir les yeux, la nuit devient clarté, l’ombre se fait lumière, l’homme finit par voir. Quelques consonnes sales lui indiquent le chemin. Quelques voyelles maigres suffisent à sa faim. Il lui suffit d’écrire le mot arbre pour que les feuilles poussent, la sève monte, le vent touche l’écorce. Là où s’achève le corps autre chose commence. Il n’y aura plus de mots mais un corps de paroles.

 

Un vide taché de traces de doigt n’est plus vide. Ma vie est poésie, tout le reste est futile. Pourquoi chercher le feu où l’eau seule convient ? Est-ce que le bonheur et le malheur peuvent exister sans l’autre ? Je vis désemparé, hébété, empêtré dans la pâte. On ne se tient pas quitte de s’inventer un but, une route, un refuge. Il faut aller plus loin que le dernier des pas, que le dernier repas, que la portée du geste. J’écoute la montagne. Je compte les jours me séparant des feuilles. Je veux toucher du doigt ce que l’on ne voit pas. J’écris des poèmes pour un loup, des mots pour continuer, des phrases pour danser. La vie se cache derrière les choses. Il faut la débusquer. Je pisse en regardant le ciel. Je prie lorsque je marche. Il ne suffit pas de voir clair dans la confusion ou de tout voir en noir, il faut prendre soin du monde, de la mouche à l’étoile, ne jamais oublier que la culture des patates a précédé celle des idées. Il n’y a pas culture véritable sans nature. Le droit des personnes implique aussi le droit des plantes. La mort n’appartient pas au présent. Il faut vivre dans la vie. Depuis la base obscure de la terre l’esprit est un compost. L’avant est toujours préférable à l’après comme l’espace au temps. J’ai les yeux remplis d’eau quand je regarde la rivière, la bouche pleine de vent, les bras comme des branches. Quelque chose au fond de l’air prépare sa naissance. Tous les brins d’herbe, le maïs en jupe verte, les pierres de ruisseau, les cerfs bondissants avec leur queue droite, les ratons laveurs ouvrant les portes avec leurs doigts de bébé, le fou rire des merles, la patience millimétrique du lichen, le sang traversant les veines, la musique façonnant les oreilles, la sève dans la tige, l’apparition des étoiles et les bestioles nues appartiennent au même univers.

 

La pédale au plancher ou les pieds sur le pouf, le pouvoir d’achat ne sera jamais la liberté. L’argent n’a pas de sens. Ce qu’on voit  n’est pas ce qui existe. Trop d’écrans en cachent les ordures. C’est d’argent sale qu’il s’agit. Quand il n’y a qu’une chaise, tout le monde veut s’asseoir. Les autoroutes sont un raccourci vers la tombe. Des guerres se poursuivent. Des enfants meurent de faim. Des hommes naissent avec des dettes dans les poches. Des bêtes avalent leur propre sang. Des peuples souffrent sans raison. Des phrases analphabètes s’accrochent aux dictionnaires. On est rarement à la hauteur de son âme. On rétrécit dans le corset des heures. Le jour se lève pour nous réduire aux choses. C’est ailleurs qu’il nous faut regarder. On ne rend pas justice par des lois. On ne brise pas l’état avec des gants roses. On n’étouffe pas le bâillon en oubliant le train des mots à la gare du silence. Nous héritons de l’infini sans même le savoir. Lorsque je quitte mon clavier, je retrouve l’usage de mes mains en arrosant les fleurs. Mon crayon est un deuxième sens, une autre main, une autre jambe. Écrire, c’est être moi. Je réfléchis avec mes gestes. Je mange avec mes mots. J’avance dans mes phrases. Chaque arbre m’enracine. Chaque oiseau me soulève. Les fruits sont des cadeaux que nous laissent les arbres. Il me faut un jardin pour ne pas étouffer et chanter ma chanson avec le vent qui joue de l’instrument des arbres. La pluie avance comme un chat plus rapide que ses pattes. La terre me va comme un soulier avec ses routes en lacets. Le sentier de campagne est une poche qu’on retourne. J’apprends la vie comme on apprend l’écoute dans le regarde d’un sourd.

 

La poésie témoigne de ce qu’on ne voit pas. Les années me tendent leur fauteuil, mais je refuse de m’asseoir. Mes tripes se souviennent de mes rêves d’antan, de mes gestes d’avant, de mes courses d’enfant. Il faut lever le cœur très haut, ne porter que son rêve. L’humanité fait peur, même de l’intérieur. La nature apprivoise celui qui la respecte. Je cours parmi les papillons. Je rôde autour du mot amour. Je brode avec de l’encre une flèche dans un cœur, deux prénoms sur un arbre. Je vis encore au temps des bohémiens enlaçant les sorcières, celui des Indiens stoppant les chevaux de fer. Je dessine à la craie le sourire du soleil envahissant les grottes. Je cherche l’équilibre dans la matière du monde, la paix entre les éléments, l’oxygène se créant par l’union des contraires. La vie se communique l’un par l’autre. Qu’importe que le passé se promène en présent ou bien que le futur ait des habits d’hier, chaque seconde contient le temps. Le destin est une chose trop rare. Il ne faut pas s’y fier. Merci disent mes yeux quand je croise une bête. Merci disent mes mains quand je cueille une fraise. Ouille disent mes cuisses quand elles touchent aux épines. Au large disent mes bras quand ils rament en cadence. Le rire des enfants soulève l’horizon.

Publié dans Prose

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La sublime Margie Gillis

Publié le par la freniere

 

 

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Les temps changent

Publié le par la freniere

Je suis né en 1955
Belle année pour naître
Un 5 juin, jour d’un dimanche
où tout le monde à Montréal fleurtait avec le gros soleil du sunshine…
La vie n’était pas riche mais les balcons se jasaient entre les étages
de n’importe quoi,
température, job à l’ouvrage, sermon à l’église et tra la la…
10 ans que la guerre en Europe étant terminée, les gros chars américains roulaient, boîte à lunch et glaces sur des routes aussi belles que le paradis annoncé..
Toute la famille en route pour la beach, pas d’ceinture…
Le papa au volant, la maman avec le dernier nouveau-né dans ses bras
Et le reste de la famille entassé les uns les autres, une crème glacée au cornet…
La belle vie, pas riche mais beaucoup plus libre
Libre de rêver…..

Pâté chinois sur la table et prière en famille
autour de la radio du Cardinal Léger; l’homme de God;
ce serviteur de Dieu qui devait tenir le bon peuple à genoux
pour le temps de l’éternité; le temps de radoter un chapelet, graine par graine jusqu’à la croix de son ti-Jésus…..
Ainsi soit-il…. Éducation oblige… obligatoire
saint-laurent.jpg
Me rappelle de la messe en latin, le curé, dos à ses fidèles
marmonnant le *pater* du saint-ciel; une église remplie au maximun d’habits en cravate, de robes propres, ces dames en chapeau, les gants du dimanche, les plus belles filles du monde et le rasé des cocos sur la tête des ti-gars de cette époque…..
Un seul sermon du bon prêtre et tu étais radis-go pour la semaine…
Et le plateau d’argent se remplissait à coup de 5 cennes…
Et les cloches s’envoyaient en l’air; gueding guedang par en avant et par derrière…
jusqu’à Rome, là où tous les chemins menaient à l’époque…
Bons Cana’yens français.
Bonne job, bon boss, petit maudit salaire…

1963, Jean XXIII pape, transforme l’église…
Terminé le latin comme langage à la messe
Le curé regarde de face ses fidèles
Et ses fidèles ont toujours le même habit, la même robe, le même chapelet, la même face
Et les genoux sont toujours à genoux, debout, assis et encore à genoux
Ces genoux de la souffrance du ti-Jésus accroché à sa croix
à son bénitier, à sa foi, à l’osti du dimanche…. La ré*con*pense.
Ensuite sur la table, des pétates et du poulet attendent la famille rassemblée
La télévision noir et blanc trône au salon, un Coke, un 7up dans un beau verre de vitre,
Et un chips dans un grand bol…en plastique
*Faut pas que tu salisses ton beau linge propre, mon ti-gars
Pis tiens-toi drette…*

À l’école, c’tait du pareil
Prière du matin avant la dictée ou bien le cours du calcul mental
2 fois 2 égale 4 comme le derrière de nos premiers cahiers Canada….
Mais le pire de notre pire, c’était d’aller se confesser toute la classe à l’église
au confessionnal du curé, le premier vendredi du mois; de septembre jusqu’à juin, la libération.
Un silence froid régnait pour ne pas dire que nous avions des poussées de chaleur
au creux du dos…
C’est de là que j’ai appris à mentir
Car ciboire de tabarnacle, je n’en trouvais pas des péchés à raconter au monsieur qui portait la croix de Dieu et le col romain dans sa petite boîte enfermée.
Mon Dieu, je m’accuse d’avoir désobéi à mes parents…
Ok 3 *je vous salue Marie et Dieu te sauvera de l’enfer*…. Curé con.
S’il m’avait demandé, désobéi en quoi? Je n’aurais su lui répondre, ni moi, ni mes amis de classe car nous étions tous ou à peu près des enfants d’amour et de paix, comme le sont la plupart des enfants sur la terre…
L’église aime qu’on bégaie, bon peuple à genoux, petit missel dans la main, beaucoup d’ouvrage, petit salaire et salut au drapeau Canadien. Amen…

1967, l’Expo à gogo, cravate à gogo, la Ronde à gogo et l’église qui minouche le gogo aussi, trop tard…. On déserte pour plus de soleil; même la télé se colore l’écran; Donald Lautrec fait son show…. Le Rock des Stones et des Beatles deviennent l’église et l’église, c’est la rue avec un peace and love au bout du monde. Paix et fuck you la guerre au Vietnam; contestation, libération, cheveux longs comme au temps de Jésus. La dime s’écroule et les papes ne sont que des hommes en costume de Pâques ou de paille, c’est selon. Baby boum en action !
Et le son des sitars dans le zigzag des oreilles…. Dieu y’é où? Le monde est partout!

1969-70, FLQ, parti Québécois, Québec français; tout grouille ici sauf dans l’église traditionnelle. Krishna fait du yoga… Légalisation du bonheur, rock’in’roll et voyages sur la planète terre ou dans les airs… Le Québec n’est plus à genoux, il est DEBOUT, il respire, il rêve, il chante, il danse, il aime…..Il mange des hots dogs au tofu et des herbes nouvelles… la voix est libre….

2012-13 Carrés rouges et casseroles en appui. La rue parle, l’église dort dans ses vieux péchés capitaux, sa vieille soutane. Le nouveau monde a changé. Les hommes et les femmes sont égaux. Libres dans leurs sexualités, aussi. Libre dans la laïcité, aussi. Libre, au soleil du jour et de la nuit…aussi………….

 

Daniel Saint-Laurent 

Publié dans Poésie du monde

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Paroles indiennes

Publié le par la freniere

Il y a quelques jours, dans le Grand Nord, à Inukjuak, Minnie Nayoumealuk est morte. Elle n'était âgée que d'une quarantaine d'années. Elle avait écrit le poème qui suit, en anglais. J'ai pensé que ce texte valait la peine d'être diffusé puisqu'il me paraît extrêmement évocateur d'une situation sociale difficile qui ne fait que prendre de l'ampleur chez les Inuits du Nunavik, et qui touche particulièrement les femmes et les enfants.


J'avais sept ans, un homme m'a violée
À huit ans, mon père me versait du brandy
À neuf ans, mes parents étaient gentils
À dix ans, j'ai appris à voler à la Coop
À onze ans, j'apprenais à faire des clean-up
À douze ans, je sniffais de l'essence
À treize ans, je priais Satan
À quatorze ans, j'ai vu deux filles
Tuer leur amoureux d'un coup de fusil
À quinze ans, mon père est mort
Puis un homme de ma famille m'a violée
C'est dur de pleurer
À seize ans, je ne faisais que jouer au Bingo
Et à la loterie Number 7
À dix-sept ans, j'étais en colère
Je ne faisais que crier
À dix-huit ans, j'apprenais à boire, à me droguer
À me suicider en mettant une aiguille dans mon bras
À dix-neuf ans, mon amie est devenue lesbienne
À vingt ans, un autre homme m'a violée
À vingt et un ans, je disais fuck you et bitch
Et shit et asshole
À vingt-deux ans, j'ai recommencé à sniffer de l'essence
À vingt-trois ans, j'ai appris à mentir
À ma famille, à mes amis
Mon coeur souffre
Il a beaucoup souffert
Je ne connais pas l'amour
Je ne sais pas serrer les autres dans mes bras
Je ne sais pas comment pardonner
Je veux être une bonne personne
Je ne veux plus être de mauvaise humeur
Je veux apprendre
À serrer quelqu'un dans mes bras
À aimer à pardonner
En même temps, je veux me droguer
Mettre une aiguille dans mon bras
Pour mourir
Je suis si fatiguée d'être en vie
Je suis maintenant différente
Je m'oppose à tout le monde
La vie n'est pas facile
J'ai plus que jamais besoin d'aide
Qui peut m'aider aujourd'hui
Toute seule, je ne peux y arriver

 

Minnie Nayoumealuk
traduit par Jean Désy

Publié dans Paroles indiennes

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Manquer

Publié le par la freniere

Écrire dix pages, en retrancher cinq.

 

Faire des collages, percer des trous, réorganiser.

 

Couper.

 

Coller.

 

Écrire vingt pages, n’aimer que quelques lignes. Écrire à reculons, presque, pieds nus sur un plancher couvert d’échardes. Écrire à en saigner, de là où ça porte. Souffrir à reculons sur des mots de mer morte. Ceux sur lesquels on flotte même quand on veut plonger.

 

Me rendre à quarante pages, en avoir dix au moins à faire tomber. Douter aussi de quinze autres, puis des quinze premières, et douter encore. Trouver que le théâtre est ingrat.

 

Manquer de corps,
manquer de poésie,
manquer de vie,
manquer de moi dans un corps qui fait mal et qui n’a pas le souffle nécessaire pour prendre toutes ces paroles.

 

Manquer mon coup.

 

Manquer.

 

Me perdre dans ce qui reste de nuit, dans l’odeur des flatulences de chiens, quand les rêves leur agitent les pattes.

Me perdre en relisant l’heure quatre, cinq fois:

1h30, 1h30, 1h30,
1h31, 1h31

 

Comprendre qu’il est tard. Aller me coucher.

 

Jean-François Caron

Publié dans Poésie du monde

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

 

Écrire des romans non souillés par l’intolérable quotidienneté de notre vie collective et dans un français antiseptique et à l’épreuve du choc précis qui ébranle le sol sous nos pieds, c’est perdre son temps.

 

Hubert Aquin

Publié dans Ils ont dit

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Solitude

Publié le par la freniere

Quel envol de souvenirs

se disperse avec les feuilles

de l’arbre en qui se reflète

l’éternelle condition de l’homme…

Est-ce la solitude que symbolise l’arbre ?

 

Quelle conversation soutient-il avec lui-même

pour que le silence suffise

à alimenter sa sève

et qu’il continue la vie en s’élevant ?

 

Il n’y a pas de doute

l’homme est sa mémoire

rien de plus, rien de moins.

 

Juan-Ramòn Mijango Màrmol

Publié dans Poésie du monde

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Le Clan Desmarais et les éoliennes

Publié le par la freniere

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Tout le monde a eu tout faux la semaine dernière dans le débat entourant le parc éolien de la vallée de la Matapédia propriété d’EDF-Énergies Nouvelles et de la société pétrolière albertaine Enbridge. C’est Daniel Breton, député péquiste de Sainte-Marie-Saint-Jacques, qui a d’abord été le porteur du ballon en dénonçant la propriété étrangère du parc d’éoliennes de la vallée de la Matapédia, en Gaspésie. Monsieur Breton s’est aussitôt fait rabrouer par les membres de son parti et ridiculiser par les partis d’Opposition. Monsieur Breton, ancien ministre de l’Environnement et maintenant responsable du dossier de l’électrification des transports, a déclaré que la propriété et les profits d’un tel parc d’éoliennes devaient être québécoises. En fait, ils le sont en bonne partie.

 

En effet, Power Corporation est impliquée dans ce projet. Paul Desmarais est largement actionnaire dans EDF-Énergie Nouvelles et a délégué Paul Lafont, président-directeur-général de Lafarge (le plus gros producteur de ciment au monde, une filiale à part entière de Power) au Conseil d’administration d’EDF-Énergies Nouvelles. Une large part des profits du parc d’éoliennes de la Matapédia iront donc dans les poches de Paul Desmarais.
Ce n’est pas la première fois que Desmarais fait dans les éoliennes. EDF-Énergies Nouvelles, en effet, achève en ce moment d’implanter au coût de 800 millions de dollars le plus grand parc éolien au pays aux confins du Parc des Laurentides, sur un territoire non organisé qui chevauche les régions du Saguenay et de Charlevoix. J’en ai déjà traité dans ces pages. Comme d’habitude, Hydro-Québec achètera largement à perte l’électricité qui sera produite par les 175 éoliennes de ce parc. Le coût pour Hydro : 11,5 cents le kwh; le prix de vente aux États-Unis : autour de 5 cents le kwh. EDF-Énergies Nouvelles engrangera les profits avec la même facilité que souffle le vent. Nous serons donc encore une fois mis à contribution pour enrichir davantage Paul Desmarais et les membres de son clan. On nous vendra du vent à prix d’or. Quoi d’étonnant qu’Hydro-Québec, qui vend à perte le courant électrique qu’elle produit autant que celui qu’elle achète, veuille augmenter ses tarifs? Il faut bien que quelqu’un paye pour les profits de Power Corporation.

 

Personne au gouvernement n’a, la semaine dernière, voulu mentionner la mainmise de Paul Desmarais sur ces différents projets d’éoliennes. Madame Pauline Marois, qui appartient au clan Desmarais, s’est contentée de dire que la position de monsieur Breton ne reflétait pas la ligne de son gouvernement. Elle s’est bien gardée de mentionner le nom de Paul Desmarais, elle qui connaît très bien les tenants et les aboutissants de ces divers projets de parcs éoliens. En effet, c’est en partie dans sa circonscription qu’est installé le parc éolien d’EDF-Énergies Nouvelle au Saguenay et dans Charlevoix.

 

C’est sur des territoires non organisés appartenant à Solifor que sont établis ces parcs d’éoliennes. Solifor, je le rappelle, est une société immobilière fondée par le Fonds de Solidarité de la FTQ. Solifor compte plusieurs filiales dans la plupart des régions du Québec et est devenue le quatrième plus important propriétaire foncier du Québec. C’est ainsi que Solifor brasse des affaires avec Power Corporation et que cette société lui met la table pour que Power engrange encore davantage de milliards. Toutes ces informations ont été complètement occultées par les médias de masse la semaine dernière. Mais faut-il vraiment s’en étonner? C’est la marque distinctive de Power Corp. d’agir en catimini, loin des regards du public, sous la protection complice du silence des politiciens et des médias de masse. Faites circuler s'il-vous-plaît.

 

François Harvey

Publié dans Glanures

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

 

Qui parle
de refaire le monde ?
On voudrait simplement
le supporter
avec une brindille
de dignité
au coin des lèvres

 

Abdellatif Laâbi

Publié dans Ils ont dit

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