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134 articles avec jean-michel sananes

Dix jours ici, quand l'ailleurs agite le présent

Publié le par la freniere

C'est cet ami qu'un cancer foudroie, une femme et un avenir qui perd son sens. C'est  l'inguérissable planté en soi et cet œil qui perd la lumière, c'est une petite chatte qui mesure les frontières de son espace-temps, c'est cet ami en route pour des mondes parallèles qui ne reconnait plus l'épouse accidentée, c'est ce devenu veuf qui peuple de mots un cahier de solitude, c'est un cri qui passe et l'orage de l'inexorable sur des épaules trop petites.

C'est se retrouver au matin et encore avancer sans plus vraiment vouloir sauver le monde, c'est accepter de continuer d'avoir pour toute béquille un moignon de rêve et se contenter de ne donner qu'un peu de soi à ceux qu'on aime. C'est au matin attendre l'heure des croquettes avec un petit trois pattes qui regarde la vie et se demande s'il est vraiment raisonnable de croire encore en demain quand dehors la coupe du monde jonche les rues et le soleil s'émiette comme une pluie d'été.

Jean-Michel Sananès

 

Publié dans Jean-Michel Sananès

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Face à face

Publié le par la freniere

Publié dans Jean-Michel Sananès

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Lettre à la vie extrait

Publié le par la freniere

Parfois l'humain me manque

À la croisée des larmes
j'ai vu le combat de l'orang-outang
celui du blé dans le désert
la forêt arrachée et la vie qui meurt
l'eau jetée au parvis des temples du paraitre
j'ai vu l'homme assoiffé
l'enfant au ventre gonflé
j'ai vu la vie céder
et le capital prospérer

J'ai vu l'homme
et l'humain me manque.

Guerre, guerre, c'est une guerre !
L’épieu d’un mot me réveille
le syllabaire des nouvelles épelle le malheur
profits, destructions, exploitations, disparitions
adieu faune
adieu ma terre, notre jardin
adieu les enfants, la maison brûle.

VIVRE s'insurge en un poème qui crie
j'ai mis l'espoir au clou
je veux du fer et du feu à mes mots
pour enflammer la vie
avant que l'absence ne me rattrape
je me cherche
l'humain me manque
je me cherche en une humanité qui ne se ressemble plus.

Tant que la haine et l'indifférence seront là
ma liberté ne sera jamais un rêve en marche
je veux que l'on me juge maintenant
pour les combats que je n'ai pas su mener
je veux qu'on les juge maintenant
les présidents au service des lobbies et du capital
les bourreaux et tous les assassins du futur
les majors Monsanto et autres capitaines Bayer
les dealers de néonicotinoïdes
je veux qu'on juge
les maquilleurs de pollutions
les maquignons du réel
les faussaires de la promesse
les promoteurs du zyklon B
les grands faiseurs de perturbateurs endocriniens
je veux qu'on les juge tous pour crimes contre la vie
Qu'on les juge aux tribunaux du futur
et que les enfants applaudissent.

Jean-Michel Sananès

Publié dans Jean-Michel Sananès

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Jean-Michel Sananès sur Recours aux poèmes

Publié le par la freniere

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Je courais

Publié le par la freniere

Quand j'étais jeune
je ne savais où aller
je courais
après mon père
après ce chat qu'il me fallait apprivoiser
après cet alphabet qu'il me fallait dompter
je courais
après mon âge
et les grands qui partaient à vélo.

Seul, en attente d'être grand
à l'âge du duvet sur les joues
laissant mes mots au vestiaire
je courais après filles
dans l'infortune des timides
je courais les échecs et le spleen
je courais la rime
voulais être Rimbaud
sac au dos, je courais des rêves d'aventure
je courais après la vie
les amis, le travail, une raison de vivre.

Je courais, courais, dans l'odeur des casernes
courais après le temps
après les larmes, l'exil et le chagrin
dans les rayonnages du mot
à frontière de raison
de l'imparfait au futur je courais le verbe être
je courais après le temps
je courais je courais je courais
jusqu'à ce que s'ouvre ce chemin intérieur
où j'ai couru de mois en mois en mois
où j'ai couru de moi à moi

Je ne cours plus
j'ai trouvé de l'encre et du papier
des yeux d'enfants, des yeux de chats
si grands que j'y lis le monde
je ne cours plus
j'ai trouvé des êtres à aimer
plus grands, plus vastes que le champ des étoiles
et toutes les mappemondes du monde
je ne cours plus
je suis enfin arrivé chez moi
pour être, jusqu'à ne plus être.

Maintenant je sais
pour aller à soi
courir est inutile.

Jean-Michel Sananès

Publié dans Jean-Michel Sananès

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L'imparfait du subjonctif

Publié le par la freniere

Chacun triche du haut de son ego et de ses certitudes inconsciemment structurées en lieu et place de vérités complexes et composites. Fourmis perdues sur l'autoroute des ressentis, nous bâtissons nos convictions en fonction de nos aspirations et de préjugés culturellement inculqués, exfiltrées et infiltrées en nous depuis notre premier syllabaire, nos livres d'histoires et de prières, le tout constituant un acquis identitaire parfaitement subjectif.
 

Je rêve de créer un mode d'appréhension et d'acquisition des événements qui conjuguerait le perçu à "l'imparfait du subjectif ", en un temps qui paramétrerait le doute en le plaçant au ventre de toutes les certitudes.
Le doute est la distance nécessaire entre la vision et les différents angles d'acquisition de la réalité.

Je suis las de voir la mafia des "Monsieur je sais tout" gérer le monde, des "Monsieur bonne conscience" tracer leurs frontières entre les hommes "de bien" et ceux à exclure.


J'en ai marre de voir ceux qui se cachent sous la bannière du politiquement correct amputer l'information de tout fait portant atteinte à leurs convictions.
Atténuer, morceler ou donner du volume à une information pour la mettre au service d'une conviction préétablie, ne sert ni la vérité, ni la justice, mais conforte un état égotique.


Tous les jours, ce qui se passe dans notre pays et dans le monde est orienté par la vision et le projet politique de médias faussement neutres et apolitiques.
On y dénonce ceux qui se battent pour un salaire et quelques avantages acquis en tentant de nous faire croire qu'il y a plus malheureux qu'eux.

Pourquoi devrait-on aligner les salaires sur ceux des plus défavorisés et, dans le même temps, ignorer les avantages dispendieux que s'octroient les hommes politiques et le grand patronat ?  
 

Tous les jours, dans les informations  sur le Moyen-Orient, on passe sous silence que certains se servent d'enfants comme boucliers humains pour empêcher la détection de tunnels offensifs transfrontaliers, en omettant de dire que parmi les protagonistes de ce drame, face à ceux qui tirent des balles, il y a la doctrine de ceux qui veulent devenir des martyrs au nom d'un texte sacré prônant le meurtre raciste !  Et cela n'est pas une fable ! Chaque jour, en Orient, et maintenant chez nous, des hommes meurent de ne pas accepter de partager ce sectarisme.  
 

J’en ai marre de voir, tous les jours aussi, l'indifférence souriante des grands moralisateurs, leurs incantations et leurs condamnations de pacotille, laissant les Rohingyas se faire génocider.


J'en ai marre de la fratrie et de la suffisance de ceux qui se croient hommes de bien parce qu'ils ont le pouvoir de l’argent. J'en ai marre de les voir s’auto-mandater  pour gérer la France et le monde avec leurs hordes de "tontons macoutes" à fusils et matraques. J'en ai marre de voir ces hordes toujours là pour faire perdurer une société exploitant les hommes au nom de leur mission sacrée : protéger les profits du grand capital.

 

J'en ai marre d'un capitalisme réinventant l’esclavage par soumission et faisant qu'un travailleur ne peut subvenir à ses besoins par son salaire. Quand définira-t-on une notion de crime économique alors que, dans l’entreprise, il y a une hallucinante disproportion dans l'échelle des salaires ? Quand sanctionnera-t-on la non-répartition des richesses et l'exploitation de l'homme par l'homme ?
 

J'en ai marre d'un monde où les nationalismes s’affrontent ou se conjuguent.
J'en ai marre d'une terre sous la coupe d'un international de la chimie et du capitalisme, brûlant la planète et spoliant le futur des enfants.  

 

J'en ai marre d'une ultra gauche offrant la violence sans proposer de programme humaniste.
 

J'en ai marre de cette nouvelle droite structurant la misère de ceux qu’elle considère comme hommes de rien et de peu, sans  autre ambition que d'attendre de l'internationale du contournement fiscal qu’elle donne l'aumône aux exploités.       

J'en ai marre des décapiteurs, des égorgeurs, des esclavagistes, de tous les  nationalismes triomphants oubliant que tout homme a droit à la vie et à sa propre identité.


J'en ai marre de tous les impérialismes de la pensée, et de la brutalité des dogmes.  
Il est temps d'affirmer que la plus fondamentale des libertés reste la liberté de conscience. Religions, monothéismes, athéismes, polythéismes, sont affaires privées. Chacun est souverain dans son droit de changer de religion, d'idéologie politique, et il ne saurait être question de crime d’apostasie !


J'en ai marre de tous ceux qui réfutent à l'humain le droit d'être celui qu'il veut être et le droit de disposer de son corps et de sa vie.
Je revendique, pour chacun, le droit à la liberté de penser et d’être, même dans la dissidence et même au grand dam de la morale établie. Je le revendique tant que cela ne nuit ou n'a le projet nuire à autrui ou à sa liberté aujourd’hui et dans le futur.

 

Je rêve de créer un imparfait du subjectif qui englobe le doute, la tolérance, et le respect de tous.

 

Jean-Michel Sananès

 

Publié dans Jean-Michel Sananès

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Tourments de mémoire

Publié le par la freniere

Il y a toujours des mots et des cris
dans les mémoires d’hommes.
Moi, je ne sais oublier.
Encore résonnent ces mots
qu'aux veillées
l'on cachait aux enfants.

Derrière l'air grave des anciens
je n'ai rien su de l'oncle disparu dans un camp
ni vu la douleur et les larmes
quand, dans un sourire amer,
on nous disait : "Allez jouer les enfants".
Longtemps, sous les nuages,
des mots et une terre effacée
ont joué l'amnésie
avant que je n’apprenne l'histoire des "Amants d'un jour"
celle d’Odette, cette tante suicidée
qu'Edith Piaf chanta.

Longtemps les mots ont joué l'amnésie

avant que l'on ne me raconte
l'histoire d'une lettre insipide
dont l'endos indiquait : "Madame veuve S"
en un temps où Franco assassinait
en un temps où être républicain était un crime.

Sous le franquisme, parler des purges était périlleux !
Un simple revers d'enveloppe nous avait alertés :
le cousin de grand-père était mort
C'était un temps
où la censure imposait le silence
jamais nous ne sûmes
ce qu'il advint de ces parents.

Seul, parfois un cri remonte
d'une mémoire qui ne veut pas mourir.
Cette nuit encore il grinçait
un peu plus fort que la nuit.

 

Jean-Michel Sananès

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Sucre Amer

Publié le par la freniere

Sucre Amer

"Sucre Amer - 1968 -
Chronique d'une révolution en chansons et musique"
Témoignage d'un ancien disquaire au temps du vinyle

je viens de publier un roman retraçant une époque où la chanson à texte et la poésie étaient un langage universel en osmose avec une parole protestataire portée par le blues, le folk, la pop music, de même que par le courant littéraire de Jack Kerouac et de la beat Génération. C'est donc de l'influence de la chanson sur la jeunesse des années 1965 à 1977 dont parle ce roman.

"Sucre Amer - 1968 - Chronique d'une révolution en chansons et musique",

La spécificité de ce livre est de s'intéresser à cette décennie, non du seul point de vue Franco-Parisien qui prédomine actuellement en la limitant aux manifestations de Paris, mais en rappelant les origines d'une revendication humaniste mondiale qui a ébranlé le monde de la Californie à Tokyo en passant par Paris, Berlin et Nice, révélant, de chanson en chanson, les sources d'une parole engagée pour les droits de l'homme et l'écologie. Cette parole, née avec le blues des années 20, puis acheminée par le folk et la Pop Music des sixties, a généré une idéologie subliminale qui, sans être le fruit d'une revendication construite et structurée, s'est substituée aux discours des partis politiques, sans même que la plupart des acteurs de 68 en soient véritablement conscients.
Livre disponible sur le site des Éditions Chemins de Plume
avec livraison offerte (dédicace sur demande)
ou chez votre libraire
Présentation au Salon du livre de Nice les 1,2,3 juin 2018

 

Publié dans Jean-Michel Sananès

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À Jacques Higelin

Publié le par la freniere

Il est parti ce morceau de ma jeunesse, cet arpenteur d'utopies, qui côtoyait la générosité et la folie du vouloir vivre, ce cœur trempé dans l'intense, ce roc tendre de mes sixties qui chantait la fraternité et savait dire la douleur et la folie comme personne, celui qui regardait la misère côté Abbé Pierre, côté rue, là où rien, pas même le gîte et la table sont une certitude, il est parti de ce siècle irréparé où l'utopie piétine encore dans une gare en grève.

Triste, ce siècle qui part avec ses rêves inachevés et cet espoir à ne pas oublier.

La transparence des êtres qu'on a aimés, sans même les connaître, mais dont on a perçu, dans le profond des cris, la désespérance, les rêves, ramène cet écho de leurs âmes aux couleurs du monde qu'ils voulaient construire,

... avec nous.

Ce soir a une odeur de pluie sans chagrin, certains êtres portent une lumière intemporelle et des rumeurs de chansons immortelles.

Ce soir un oiseau plane par-delà des jours. Les ailes d'un condor aztèque portent une mémoire teintée de l'or des grands soleils. Une voix et un regard, à l'inépuisable tendresse, s'attardent à ma table. Au cirque des "j'aime", Être ne connaît pas l'imparfait, rien de ce qui a été ne s'efface. L'invisible des sentiments n'est jamais en absence.

Ceux que j'aime résident au clair-obscur de ma conscience, dans un temps que je conjugue au futur-antérieur-présent et perpétuel.

Comme un regret concave, dans un verbe qui ne cherche plus sa rime, Jacques Higelin va dans ce vague à l'âme qui a trouvé sa rive. Ma tristesse n'est pas seule, il est là, comme un poème encore en écriture.

Ce soir, Jacques a emporté un carré de soie, une échappée de vie, une bouffée de lui. Je me souviens de Fontaine, Areski, l'Art Ensemble of Chicago… et des enfants qui pleurent…

Partis avant, partis après, les poètes ne meurent pas, mais tous nous y allons.

... Nous y allons.

 

Jean-Michel Sananès

 

Publié dans Jean-Michel Sananès

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La grève des cheminots

Publié le par la freniere

Monsieur le Président je vous écoute, ah, que j'aimerais vous croire et faire ripaille à vos côtés ! ...

Pour vous plaire, peut-être devrais-je claironner avec ceux qui ne souffriront pas de la grève parce qu'ils ont chauffeur, voitures et parkings, de même qu'avec la canaille bourgeoise et ses grands patrons qui se salarient souvent 10,100, et parfois 1000 fois plus que leurs salariés ?

Peut-être devrais-je parader avec les malfrats en col blanc qui touchent des subventions à l'emploi alors même qu'ils licencient, surfent d'optimisations en dérogations et dansent en paradis fiscaux, où avec ceux qui vont s'octroyer les bénéfices de privatisations déguisées…

Et pourquoi ne pas faire la fête aussi dans un monde où les bénéfices vont aux actionnaires, alors que l’on demande des sacrifices aux salariés que l'on précarise ? Oui, je sais, vous me direz que ce sont les prochains recrutés de la SNCF qui seront précarisés, alors de quoi se plaignent donc les grévistes ?

Peut-être devrais-je aussi aduler ces pisse-vinaigre de la députation et autres élus qui touchent 17 fois le SMIC mais trouvent que nos cheminots coûtent trop cher ?

Peut-être même devrais-je rire et chanter avec ces sénateurs trouvant que des cheminots voyageant gratuitement pilleraient la nation, alors qu’eux-mêmes voyagent gratuitement en 1ère classes, ont des avantages démesurés et qu’ils bénéficient des frais d'obsèques pour leurs proches, des fois que leurs maigres salaires seraient insuffisants… ?

Peut-être en plus devrais-je applaudir les parlementaires saigneurs du peuple qui reprochent aux pauvres de ne pas l'être assez mais qui eux, à leur retraite, s'octroient 13 Smic en dotation informatique ? Et puis, peut-être devrais-je festoyer avec ces présidents qui s'offusquent que l'ouvrier soit trop payé mais qui accordent des parachutes dorés aux voyous ?

Allons Messieurs de la Haute, vous qui pensez que vouloir un peu d'équité est un fait de jalousie, je vous laisse à vos ronds de jambes et sourires téléactualisés, je préfère les hommes de peu, ceux qui se nourrissent des riens que leur laissent les moins que rien de votre haute finance et les planqués des paradis fiscaux.

Oui, finalement, Monsieur le Président, je préfère rester parmi ceux aux fins du mois difficiles, aux impayés, aux désespoirs insomniaques. Parmi ceux qui tapent à vos portes et que vous ignorez. Laissez-moi pleurer avec eux, loin de vos minables suffisances en parade ! Laissez-moi vivre avec cette France d'en bas que vous écrasez et méprisez, loin des start-up, de vos bottom-up, top-down, et autres up & down, loin des programmes de l'intelligence superficielle qui ignore les hommes, l'équité et le cœur.


Jean-Michel Sananès

 

Publié dans Jean-Michel Sananès

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