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Favela

Publié le par la freniere

Publié dans Tristan Cabral

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Bien sûr

Publié le par la freniere

Tu les vois ces jours de chien seul. Tu vois leur éclair de faux luisante sur les épaules des blés. Tu sais la chamade dans les battements du sang. Parfois, un brouillé de froid attaque les hortensias qui abandonnent leurs parures. Le ciel noue des nuages fantasques. Des zones grises découpent la beauté. Au loin, un soliloque sonnailles et bêlements, descend vers la vallée. Tu ne bouges pas. Tu engranges ce qui vit largement, sûrement. Tu t'appuies sur les  oiseaux, voix fraîches les matins, boules immobiles les soirs. Aux heures inquiètes, tu les observes, confiants sur les après-midi d'octobre. Tu cultives la joie simple, les rappels du clocher sur la portée imaginaire du temps, les frissons du ru dans les herbes courtes, les tapis d'or aux pieds des cerisiers, les écharpes vaporeuses aux gorges des montagnes. Des choses inconnues s'avancent. Tu les accueilles, porte ouverte sur le jardin. Un courageux soleil d'automne luit sur quelques heures douces. Le bonheur se faufile dans des trous de souris. Les pas du facteur cliquettent. Le rire de l'âne braie. Le chat s'étire sur le haut du mur. Il y a de belles promesses. Et bien sûr, je t'aime.

 

Ile Eniger

 

 

Publié dans Ile Eniger

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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

 

Il faudra bien un jour que les enfants se révoltent avant d'être des hommes.

Publié dans Aphorisme du jour

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L'autopsie du poète

Publié le par la freniere

1

 

On a tiré le poète de son recueil dans le but d’une autopsie
Scolaire
Devant les élèves
On a tiré le poète assassiné de sa tombe dans le but
D’une autopsie médicale
Devant les héritiers
On a tiré le poète de sa tombe dans le but d’une autopsie
Idéologique
Au Parlement
Le Ministère en chef s’est chargé
De fouiller dans son recueil
Pour édifier l’hymne national
On a tiré le poète de sa tombe
Sur ordre du Ministère du tourisme
On a installé une statue à son effigie au cœur de la place centrale
Pour réaliser des images d’Épinal
Le commerce des roses a fleuri en son nom
On a construit un jardin et une librairie autour de son tombeau
Aussi les lecteurs et les amoureux ont-ils proféré
On a tiré la tête du poète
On l’a agrandie mille fois
On a placé la statue sur le faîte de la montagne pour que
Tout le monde puisse la voir



2

Les héritiers ont découvert que l’activité du poète s’est intensifiée
Après sa mort
Les enfants ne se sentaient plus orphelins
Leur père est devenu vivant à sa mort
Ils ont pitié pour lui tant il besogne dur
Les chefs des partis les ont réconfortés :
« Votre père n’est pas mort parce qu’il est vivant dans l’hymne national »
L’épouse du poète
A été convaincue :
« Vous êtes la veuve du peuple »
La télévision gouvernementale n’avait de cesse de
Diffuser sa larme agrandie
Qui se confondait avec l’image du poète
Claire dans sa propre larme
Dans son impossible agonie
Et dans le souvenir du départ.

Moncef Mezghanni

 

 

Publié dans Poésie du monde

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Salomé Leclerc

Publié le par la freniere

Publié dans Poésie à écouter

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Rémi Fraisse, une victime du pouvoir

Publié le par la freniere

fraisse.jpg

Rémi Fraisse n'est pas une victime hasardeuse, inconsciente, involontaire parmi d'autres. Son appartenance à des luttes chroniques telles qu'elles ont été récapitulées par ses proches explique que sa mort n'était pas un simple accident. Tout me porte à croire que le monde dans lequel nous vivons n'a plus rien à voir avec celui d'il y a 30 ans ou 20 ans. Les cibles, dès qu'il y a révolte, contestation, sont d'une précision chirurgicale flagrante et nier ce constat serait refuser la réalité et les moyens technologiques hyper sophistiqués dont sont pourvus les forces de l'ordre équipées à la façon des robots de demain. La France s'est vendue au FMi, à l'Otan, c'est à dire grosso modo au système décrit par Orwell, et par quelques autres voyants, d'une dictature US sans précédent. A côté de tout cela, le pétainisme n'aura été qu'un pet avorté qui nous avertissait d'explosions futures alors inconcevables. L'Europe telle qu'elle a été "constituée" répond parfaitement au shéma d'un nouvel ordre mondial sans pitié. Depuis plus de soixante ans, des guerres programmées finissent de déchirer le tissu fragile des peuples et de leurs cultures et coutumes millénaires. Seuls des groupes insignifiants par le nombre s'opposent à leurs risques et périls à cette montée d'un fascisme innommable, absolument inédit dans l'Histoire de l'humanité. Les génocides du passé feront figure de plaisanterie si le plan des élites apatrides aboutit. Je dis, j'affirme avec une certitude absolue que les êtres humains qui s'opposent avec le plus de force possible à ce système délinquant seront éliminés d'une manière ou d'une autre. Paranoïa ? Regardez, écoutez ... Les infos qui nous parviennent du monde entier sont complètement déformées sinon truquées. Les journaux appartiennent aux oligarches, aux multinationales, aux banquiers, aux marchands d'armes ... Les hommes et femmes politiques parvenus aux plus hautes fonctions de l'ÉTAT, touchent les dividendes de leurs "efforts" civilisateurs. Vous voulez des preuves ? Depuis quelques temps, des journalistes professionnels, des anciens de la CIA, des conseillers de présidents parlent, écrivent des livres. Mais rien ... Black out total dans la presse "spécialisée"... Rémi, ce jeune homme , il ne représentait, certes, pas grand chose dans la lutte globale. Mais il était déjà un vrai homme, avec sa conscience, son refus sans concession du cauchemar en train d'advenir ineffablement dans nos contrées que la terreur commence tout juste à cerner. Et quel beau visage ! Et savez-vous ? Avant qu'il ne soit abattu j'aurais pu vous raconter son histoire. Mais ... le sommeil est partout, profond, et chacun y va de sa petite existence colorée d'opinions plus ou moins personnelles, d'orgueils et de dégoûts. Compartimentées sont nos sociétés, avec la distribution des prix (primes, salaires et subventions) qui va avec, et les honneurs et les titres ... Nous avons déjà basculé la tête la première dans les ténèbres d'un empire richissime autodestructeur parce que, tel le jeune Faust de Goethe, il n'a en vue que sa quête d'immortalité. 

 

 André Chenet

 

 

 Reporterre a recueilli les témoignages de personnes ayant participé aux événements de la nuit de samedi à dimanche sur la zone du Testet. Ils attestent que les gendarmes ont emporté le corps de Rémi Fraisse, qui est décédé cette nuit-là. Un témoin dit qu’il avait été touché par une grenade ou un flash-ball. Lire la suite sur : Reporterre

 

 

 

Publié dans Glanures

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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

 

Ce sont toujours les pires qui commandent et les meilleurs qui subissent.

Publié dans Aphorisme du jour

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

La vérité est un pays sans chemin. L’homme ne peut venir à elle par aucune organisation, par aucune foi, par aucun dogme, prêtre ou rituel, ni par aucune connaissance philosophique ou technique psychologique. Il doit la trouver à travers le miroir de la relation, par la compréhension du contenu de son propre esprit, par l’observation, et non par l’analyse intellectuelle ou la dissection introspective. L’homme a construit en lui-même des images pour améliorer son sentiment de sécurité - religieuse, politique, personnelle. Celles-ci se manifestent comme symboles, idées, croyances. Leur fardeau domine la pensée de l’homme, ses relations et sa vie quotidienne. Ce sont les causes de nos problèmes car ils séparent l’homme de l’homme dans toutes les relations . 

 Krishnamaurti

Publié dans Ils ont dit

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Terre

Publié le par la freniere

Ne plaignez pas le solitaire
car ses oreilles bourdonnent tout au long du jour

du bruit de mille vies fraternelles.
Le voilà à l'écoute du vent, de l'insecte et de l'herbe,
à l'écoute du merle.
Le voilà ivre du parfum tenace des oeillets,
léger dans la nuit fraîche, écoutant l'inaudible :
le balancement des fougères, les rêves craquants des
   ormes,
la marche feutrée des étoiles, le lent mûrissement des 
   pierres.
Le voilà bleu dans l'averse du seigle inondant sa 
   poitrine
ouvert et propre,
voyageant au-delà de l'écorce jusqu'au coeur de l'arbre
comme à travers les cercles de son sang,
à l'écoute de sa voix profonde s'exhalant des mille
   voix vertes de la terre.

Ne plaignez pas le solitaire
car il est roi dans son pays.
Il règne sur les granges où vole la poussière d'or.
Il commande une armée de haies, de fenêtres et
   d'outils.
Il est maître de son voyage, maître du grain et de 
   l'ortie.
il se promène à l'aise dans les yeux de son chien.
Sans cesse il se répand ;
le jour est sa prairie.
Les heures comme des chattes se caressent à ses jambes.
Des arbres apprivoisés le couronnent.
Des pensées rapides comme des oiseaux l'escortent,
lui tissent un habit de joies insensées.

 

Jean Le Mauve 

 

Publié dans Poésie du monde

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La peau des dents

Publié le par la freniere

Je suis d’un pays froid où la neige enterre les toits gris et rougit les oreilles. Que faire avec des mains en laine ou en peau de vache, des pieds pris dans la sloche, une moustache en glaçon et la guédille au nez. Même au cœur de l’été, l’hiver campe dans nos os. Je ne rêve pas de fuir au-delà de la neige, mais d’une luge d’enfant pleine de rires et de joie. Malgré tout, là où je vis, les arbres ont la parole. C’est au Facteur Cheval que je confie mes lettres. Elles sont estampillées au timbre des grelots, aux battements de cœur, aux coups d’aile d’oiseau. Je veux qu’elles traversent les portes comme des balles d’amour, des charrues de lilas qui ouvrent le chemin. À défaut d’un cheval, je vis au trot des mots. La misère du puceau n’a pas d’âge. On croit faire l’amour et l’on ne donne rien de ce qu’on est vraiment. Ce qui m’inquiète en moi, c’est l’amour à donner, celui qui veut aller au-delà de ma chair. Les mots servent à peine à combattre la haine. Que faire avec mon corps, mes mains, mes mots ? Je fais l’amour de loin comme un ange incarné. Même si ma blonde habite à l’autre bout du monde, je lui reste fidèle. Je dors en petite cuillère, bandé comme un fleuve entre ses cuisses imaginaires. 

 

Toute vérité n’est pas bonne à dire. On écrit mieux, plus vrai, plus nu, en pissant dans un lavabo qu’en buvant le thé avec un doigt en l’air. Entre deux dates, on fait ce que l’on peut, mais je ne serai jamais le fou du roi ou le dindon de la farce, plutôt le poète ou le maudit, l’idiot de village, le cancre et l’innocent, plutôt le chat auquel manque une oreille et le chien sans médaille. La bouche barbouillée de mots, je bricole un azur avec des miettes de pain, des rustines, des galets ronds et lisses, des éclisses de cèdre, des pommes de pin, des pommes de route. S’il faut saigner pour la beauté du monde, je lui offre mes veines. On brutalise tout avec mille matraques, mille chimères, des milliards de dettes. On affame les gens pour vendre un peu plus cher les moissons de la terre, les poissons de la mer et les poisons chimiques. On assoiffe la terre pour quelques kilowatts. Les riches font de l’ombre au soleil des pauvres. Ils tachent même la neige avec leurs idées noires. Les mots gémissent comme une porte qu’on refuse d’ouvrir, une poulie qui rouille sans lessive à sécher, un vieux bazou qui stâle entre deux voies de garage, une bouche édentée refusant de sourire, un enfant qui s’affole quand ses parents s’absentent.

 

 

J’ai fait le tour du monde sur l’épaule d’un ange, celui des mots, des neurones en folie, des plumes d’encre et des atomes crochus. J’ai misé sur l’espoir en désespoir de cause. J’ai pris le pari de vivre hors des lois du marché, sans permis, sans bâillon, sans salaire, sans boss. Je ne suis ni d’amont ni d’aval. Je crache sur la table des maîtres,  mais j’ajoute du rêve dans la soupe populaire, du vin dans le désert, de grandes lampées d’eau fraiche au fond des cailloux secs, des révoltés debout dans la mémoire des ancêtres, des fées et des lutins dans l’histoire du monde. Sur la mer des gestes, mes rames sont des mains. Mes larmes sont des vagues. Mon corps est un canot, mon âme le sillage. J’ahane quand je dors. Je cherche l’air. Je cherche Dieu. Je cherche quoi ? Mes rêves cherchent leurs mots. J’écris avec mon sexe, ma langue, ma cervelle. J’appelle un chat un chat, mais parfois l’homme un chien, un salaud, un sans cœur. Je survis par la peau et les mots, la peau des dents, l’amour des mots.

Publié dans Prose

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