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Le Cochon souriant

Publié le par la freniere


Le Cochon SouRiant, le Centre Culturel Oscar Dhu et Fig 5 présentent

 

Céilidh Échos d'Écosse

 

Premières représentations : vendredi 26 et samedi 27 juin à 20h30

 

Théâtre multi-media à Lingwick sous le chapiteau du Cochon SouRiant, les vendredis et samedis à 20h30 et Le Petit Céilidh, le dimanche à partir du 12 juillet à 14h30 après le brunch de la Ruée vers Gould, dans la salle du Centre Culturel Oscar Dhu.

 

Ciélidh Échos d'Écosse est une construction collective, réunissant les artistes du Cochon SouRiant, le Centre Culturel Oscar Dhu, l'Auberge la Ruée vers Gould et l'entreprise multimédia Fig55.

 

Ciélidh Échos d'Écosse est un spectacle-rencontre mettant en scène un poème épique ancré dans l'histoire peu connue des premiers pionniers des Cantons de l'Est, exilés de l'Ile de Lewis dans les Highlands en Écosse. Un céilidh (prononcer kéli) d'aujourd'hui, une veillée, où poèmes, contes, anecdotes, chansons, musique, images d'archives, effets multimédia s'entremêlent pour tisser des bribes d'histoires d'autrefois aux couleurs d'un tartan d'aujourd'hui. Accueillis dans l'esprit de la légendaire hospitalité des Écossais originaires des Highlands par le barde-conteur, André Bombardier et ses complices, Tess Leblanc, chanteuse et Daniel Fréchette, violoniste, les spectateurs vivront à travers des chansons traditionnelles, des poèmes de Finlay McRitchie et d'Oscar-Dhu, des images d'archives, des extraits de films accompagnés d'effets multimédia, un moment unique où s'entrelacent le passé et le présent, les langues gaélique, anglaise et française, la nostalgie et l'humour.

 

Le spectacle se déploiera sous le chapiteau du Cochon SouRiant à Sainte-Marguerite-de-Lingwick lors des représentations en soirée des vendredis et samedis à 20h30 du 26 juin au 5 septembre ; pour les dimanches après-midi, Le petit Céilidh Échos d'Écosse, une version adaptée à la salle du Centre Culturel Oscar Dhu située au premier étage de la Ruée vers Gould, sera présentée après le brunch à 14h30 à partir du 12 juillet jusqu'au 6 septembre. Le spectacle d'une durée d'une heure trente s'adresse à tous les publics.

 

Le Centre Culturel Oscar Dhu, en partenariat avec l'Auberge La Ruée vers Gould proposera diverses activités en accompagnement du spectacle dont la visite historique guidée et des ateliers sur différents aspects de la culture écossaise.

 

Les ateliers sont organisés avec la participation active d'artisans ou de conférenciers :

Du mois de juin à décembre, de 13 h 30à 19h30 (fermé le lundi et mardi sauf sur réservation de groupe).

Activités : du vendredi au dimanche :           

Visite historique guidée de Gould;

Atelier de cuisine écossaise (scone); atelier sur le thé; atelier de chant gaélique; atelier de runes ;

Atelier d'interprétation des cimetières protestants.                                                                           

                                                                      

L'Auberge La Ruée vers Gould  offrira le vendredi de 17h30 à 20h un buffet thématique écossais, le samedi un souper Festin d'Écosse et le dimanche un brunch écossais de 10h  à 14h. Seront aussi disponibles à l'heure de l'apéritif : les bouchées des Cantons (bouchées amérindiennes, écossaises, loyalistes, irlandaise et britanniques et/ou une dégustation de single malt).  Des boites à lunch pour piqueniquer aux quatre-coins du Canton de Lingwick seront disponibles afin de faire découvrir aux touristes toute la richesse de notre patrimoine bâti et paysagé (plage municipale, pont couvert, belvédère d'observation sur la rivière Au Saumon).

 

informations-réservations

Le Cochon SouRiant : 819-877-5614 et lecochonsouriant@axion.ca

Centre Culturel Oscar Dhu et Auberge la Ruée vers Gould : 819-877-3446 ou 1888-305-3526

www.echosdecosse.ca

 

 

Publié dans Prose

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Le plaisir des mots

Publié le par la freniere


Ces mots que je voudrais liés aux lèvres éternelles, ce sont de simples mots, des mots de pain d'épice, des mots de peine et de misère, des mots de peur et de bonheur, des mots de contrebande. Ce ne sont pas des mots dociles. Ils tirent à hue et à dia, les quatre fers en l'air, au diable vauvert, aux quatre horizons. C'est un lexique des abîmes, la grammaire du soleil. Ils soufflent tout le jour et murmurent la nuit. Ils souffrent ou s'extasient de leurs propres consonnes. Ils font la tête ou la nouba, ils font la fête ou le malheur. Ils en font à leur tête. Ils pensent quelquefois. Ils pansent les blessures laissées par le silence.


Sur la page endormie quelques fagots éparpillés, des pas de grive ou d'hirondelle, des mots emmitouflés dans une odeur d'haleine. Plaisir de pauvre. Plaisir des mots. Des images aux bras courts, des phrases au nez trop long, aux mains pleines, aux pieds plats. Une lune apparaît sans même qu'on la dessine, ou le soleil, une buée d'argent, un vrai visage sous la courbe des lettres, une barque dans l'encre. On peut ouvrir des brèches dans le flanc des montagnes, naître et mourir, faire des gestes d'homme, libérer la princesse, embrasser le crapaud, cracher sur un banquier, mordre les chiens galeux. Plaisir de pauvre. Les arbres s'époumonent dans une forêt sans hache. Les chasseurs troquent leurs fusils pour la main d'une femme, la queue d'une comète, un ourson de peluche. Plaisir d'enfant.


On est hier ou bien demain, et c'est l'été en plein hiver. Les feuilles remontent aux arbres. La pluie tombe à l'envers. Les i ôtent leur tuque et les phrases leur point. De la timide beauté à l'horreur sans nom chacun porte ses mots comme une peau vivante. Les oiseaux zézaient. Les bretelles pendouillent. Les andouilles pendouillent. Les pierres s'interrogent. Les arbres portent à bout de bras des virgules en fleurs. Au crayon de cire ou à la mine, à l'encre sur la page, chaque mot vient de loin et cherche ses habits. Plaisir d'enfant. Plaisir de vieux. Les mots se vêtent ou se dévêtent pour les mêmes raisons. Plaisir de femme. Mémoire des amours. Palimpseste des rêves. Le même oiseau renaît d'une page à l'autre. Il y a des mots qui font des œufs. Des mots neufs, des mots vieux. Plaisir de chiffonnier, d'éboueur, d'acrobate. Tous les mots se répondent d'un bout du monde à l'autre. Peu importe la langue. Plaisir du voyage.


Il y a des mots de terre qu'on lèche avec la langue. Plaisir de chien. Plaisir d'oiseau. Des mots de ciel avec leurs nuages un peu sales. Des mots d'arbres et d'écorce. Plaisir des insectes. Des mots de moleskine qu'on écrit sur la nappe. Des mots de bakélite qu'on hurle au téléphone. Des mots pleins de cambouis qui tachent les oreilles. Des mots Lagerfield pour les snobs, des mots de guenillous. Il y a des pages déchirées par un cri, des phrases en lambeaux, des mots blessés, des mots blessants. Plaisir cruel. Il y a des pages toujours ouvertes comme des maisons qui nous accueillent avec un feu qui brûle, une chambre d'ami. Des mots qui nous attendent pour éclore, des noms de fleurs, des mots d'enfants.


Il y a des mots de cicatrices, de tatouages, de balafres. Des mots qui passent sans laisser de sillage. Plaisir marin. Des mots sans ordre, sans culotte. Des mots sans prix. Des mots de rien. Des mots d'un sou. Plaisir de pauvre, de tirelire, de tire-laine. Des mots qui font de la musique sans connaître une seule note. Les lèvres jouent les mots. Le cœur bat la mesure. Les doigts sur le crayon trouvent les trous de flûte. Plaisir de mélomane. Des mots qui jazzent, des mots qui jasent. Des mots qui dessinent, des mots qui saignent et font pleurer. Des mots pour rire. Des mots pour rien. Plaisir de pitre. Motus et bouche cousue. Des mots d'esprit. Des mots d'espoir. On peut coudre un navire sur le pourpoint d'un fleuve. On peut tout faire avec des mots. Manger des pommes. Cuire un agneau. Plaisir gourmand. Des mots comme le plaisir et la naissance. Le vent tourne les pages et lit plus vite que nous. Un lecteur invisible nous pousse dans le dos. Le silence au cœur de l'arbre, l'enfant au ventre de la mère, le mort au centre du tombeau, trouvent leurs mots sur le papier.



 

in Parce que, Éditions Chemins de plume

 


 

Publié dans Prose

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Laissez-moi seul

Publié le par la freniere


Laissez-moi seul avec les pierres

qui ne demandent rien,

les fleurs sur les tombes

qui ne quémandent plus.


On marche toujours

un pas dans la lumière,

l'autre dans l'ombre,

un oeil qui voit,

l'autre qui pleure.

On donne la main

pour la reprendre,

la parole pour se taire.


L'aveugle voit les roses

avec l'odeur et les épines.

On ne lui offre plus

que des fleurs en papier.


Le désespoir reste à l'affût

des oiseaux du malheur,

du cri des herbes qu'on piétine,

le désarroi des outardes

qui ont perdu le nord,

le rictus des poissons

la gueule sur l'hameçon,

la blessure des doigts

sous le marteau du boss,

du vent qui nous caresse

avec une main d'épines.


Je bute sur les portes

dans la maison des hommes

mais je reste à l'écoute

du moindre signe de vie.

J'écris avec l'espoir

comme un oiseau bâtit son nid

sur un arbre blessé.

J'écris avec la page

qu'on arrache d'un livre

pour rallumer le feu.


Le naufrage des vagues

porte déjà la plage.

Le moindre pas dans le désert

a le sourire de l'eau.


septembre 2002


 

 

 

Publié dans Poésie

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Choisir son camp

Publié le par la freniere


C'est toujours pareil
Il n'y a que deux sortes
D'êtres humains
Ceux qui tiennent le fusil
Et ceux qui creusent
N'en déplaise à Blondin
La poésie
Se tiendra toujours du côté
De ceux qui creusent


Thomas Vinau

 


Publié dans Prose

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Tu as bu tout le champagne

Publié le par la freniere


J'ai un doigt ici et la tête ailleurs

Des rêves de printemps et le cœur en Auvergne

Je bouillonne comme un volcan

Je ne suis pas dans mon assiette

J'ai vu passer le train

                                                                           

Tu t'es roulée dans la couleur

Tu as bu tout le champagne

 

J'avais mis les petits plats dans les grands

Je n'étais pas dans mon assiette

J'ai laissé passer le coche

Tu es montée sur tes grands chevaux

Tu as pris le train

 

Et moi je crie je pleure je rêve

Et moi j'écris je meurs je crève

 

J'ai marché si haut que je n'ai pas vu le rail

De nos amours et du bain je ne garderai que l'eau

Un éclat de rire t'a emportée

 

Il y a du silence dans mon café

Du cauchemar dans la chantilly

Tu m'as roulé dans la farine

Il y a du sel sur mes tartines

 

Depuis j'habite sur la colline

Depuis, chaque soir

Un train t'efface dans des poussières de rêve

 

Chaque soir l'araignée de l'espoir

Tricote ses larmes, trame une toile où se perd ton nom

Chaque soir je rabroue les étoiles

Le monde est si vaste que j'en perds la raison

 

Toi tu pars, tu roules vers ton bonheur

Et moi je crie je pleure je rêve

Je cloue les heures

Je suis dans de sales draps mais toi tu dors ailleurs

 

 

Chaque soir le monde t'éloigne

J'en serais bien parti les pieds devant

Mais je préfère rester debout

 

Tu t'es roulée dans la couleur

Tu as bu tout le champagne

Chaque soir, j'écris ton rire avec des larmes

 

Comme l'absence le monde est immense

Je  vis comme un éléphant dans une coquille d'huître

J'ai du rêve dans ma salière

 

Toi tu pars, tu roules vers ton bonheur

Et moi j'écris je meurs je crève

Je m'énerve je crie je pleure

Je me meurtris je trie j'écris

Je fais le ménage dans ma tête

 

Un stylo m'ouvre la vie.

 

 

Jean-Michel Sananès

 


 

Publié dans Jean-Michel Sananès

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Une entrevue

Publié le par la freniere


Une entrevue de Jean-Marc La Frenière par Gertrude Millaire sur le webzine Francopolis

et quelques poèmes au Salon de lecture.

Publié dans Glanures

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Ma femme mon amour

Publié le par la freniere

 

Je ne vois rien dans le miroir,

c'est dans tes yeux que je me vois.

Ma femme ma femme mon amour,

on s'aime encore à soixante-ans,

à quatre-vingt comme à vingt ans.

On peut s'aimer à tout âge

encore mieux que la première fois.

Quand le soleil se lève

il se lève pour toi.

Quand la lune se couche

elle se couche pour toi.

Tu es mon infini, ma femme,

mon ultime demeure.

Tu ne reprises pas mon linge

mais tu révises mes poèmes.

Le jour commence quand tu te lèves.

L'infini veille quand tu rêves.

Par toi j'habite l'impossible.

De l'hiver à l'été, de l'automne au printemps,

toutes les saisons te font lumière

et me font voir plus loin que tout.

Ma femme ma femme mon amour,

quand on est l'un dans l'autre

tout l'univers prend son sens.

Quand on s'aime, quand on sait,

nous nous faisons la vie,

nous nous faisons l'amour,

nous nous faisons l'éternité.

 


Publié dans Poésie

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Deux verres qui se boivent (France)

Publié le par la freniere


À Vladimir Vyssotski (1938-1980)


plus palpable que le reste du monde
la simple idée que j'ai de toi
boit mon verre
toute seule

je n'y touche pas
je le repousse du pied
et pourtant
pour peu que mon souffle t'inspire et t'expire
le verre se vide tout seul
en une minute et quarante-deux secondes

me vient alors l'intuition
que nous nous aimons tant
que nos alcools sont reliés entre eux
par un réseau de fils secrets

me vient alors l'intuition
que ni toi ni moi n'avons bu une seule goutte
je t'appelle pour m'en assurer
et t'en assurer

le téléphone est si lourd
que nous nous mettons à deux pour le décrocher
le porter
le ramener sur la rive

raison
tu me réponds que j'ai raison
non pas parce que j'aime toujours avoir raison
mais parce que cette fois j'ai raison
et je trouve que tu as raison
pour la bonne raison
que je sens ta voix râper mes entrailles

en effet
me dis tu
il arrive un point
où il n'est plus nécessaire de boire
où la douleur et l'extase de s'aimer sont telles
qu'il nous suffit de remplir nos verres en même temps
pour qu'ils se vident et disparaissent du monde visible
et que naisse de notre union
un enfant ivre


Stéphane Méliade


Publié dans Poésie du monde

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En toute langue (France)

Publié le par la freniere


J'écris en toutes langues;
je sais dire l'amour
en rose, en alouette;
causer flambeau;

je peux traduire l'homme
dans un vocabulaire
de couteaux; faire en nuit
le mot à mot du jour;

parlementer en arbre;
demander en caillou
ma route, l'heure en ombre:
mais toi, que parles-tu ?

*

Tu sens bon. Tu es simple.
Tu n'est que toi. Nichaud
ni froid ne décomposent
le don que tu me fais.

La menthe qu'on écrase
reconnaît sa folie;
l'oeillet flétri confesse
qu'il habille la mort.

Vainement je te froisse.
Tu ne peux dépasser
le goût de mes paroles:
tu es ce que je dis.




Un homme que déchirent
le froid, le vent, la pluie;
que recousent la peur,
la colère, la faim;

que sa faiblesse étale,
que sa marche replie;
un passant contredit
par tout ce qu'il approuve;

un nom sans domicile,
nulle part attendu,
au milieu de la rue
ramasse le destin.

 

Alexandre Toursky

Publié dans Poésie du monde

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Châtelaine (Québec)

Publié le par la freniere


Hommes dit-il enfin en vous tout est absence

Vous n'avez pas fermé les cendres sur le feu

Vous avez laissé choir votre sang sur le sol

Et sans ensemencer vos poumons d'un air libre

Vous avez trébuché dans votre vérité

Comme on refuse un pauvre en lui rendant sa main

Et je vous tiens rancune pour vos foules sans tête

Pour votre peu de voix à tant de bouches bées


Châtelaine ce chemin s'ouvre autant que tes bras

Tant mes pas l'ont fait naître au bout de mon regard

Et tant parmi les fleurs j'ai vu l'aube flancher

Car mon corps me quittait et j'étais en déroute

Dans mon mal de mêler mon haleine à la tienne

Et je n'ai pas laissé la folie m'envahir

Au point d'être passible de silence et de paix

J'ai simplifié le monde à jamais dans mon œil


Fait-il calme au château qu'il domine la plaine

Un brin d'herbe a suffi pour qu'il serve l'exil

Et que notre salive y baptise l'amour

Tel qu'en secret le ciel répond de l'avenir

Ainsi à deux pas de déserter mon ombre

Et de te retrouver au lieu dit du destin

À cet amas de pierres je dédie ma patience


La nuit comme le jour nous font place déjà

Dans le temps les objets quittent leur promontoire

La magie lève ses toiles autour de nous

Et même si la flamme doit finir dans la cire

Le monde mal éteint nous invite à le suivre


...


Juan Garcia

Publié dans Poésie du monde

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