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Aretha Franklin filmée par Sydney Pollack

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Fernando Pessoa

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Claude Péloquin rend l'âme à soixante-seize ans

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Claude Péloquin rend l'âme à soixante-seize ans

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Le silence létal des poètes

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Le silence létal des poètes
Les poètes isolés et désintéressés, réfractaires aux honneurs officiels, lorsqu'ils ont fait leur temps, c'est à dire qu'ils sont épuisés par la maladie, leurs excès mais surtout par leur quête incessante d'expérience et de voyances, sont jetés sans états d'âme en pâture aux médecins assermentés qui les bourrent de médicaments, de produits chimiques quand ils ne sont pas charcutés au bistouri ou objets d'expérimentations pour “essayer” de nouveaux traitements. Ils sont placés de force dans des maisons de soins et c'est avec des anesthésiants, des anti-anxiolytiques que l'institution vient enfin à bout de leur révolte ultime, de leur colère conséquente, de leur conscience dissidente.

Christian Erwin Andersen n'est pas content? Doublez la dose de somnifère. Tristan Cabral veut rentrer chez lui? Expliquez-lui que c'est impossible, qu'il n'a plus de maison et qu'il est sous curatelle et qu'aucune décision ne saurait être prise sans le consentement de sa tutrice légalement désignée. faites-lui avaler une dose de barbituriques pour qu'il renonce une fois pour toutes à s'évader. Ici on n'est pas là pour s'amuser. 

Dans notre pays hautement civilisé la prise en charge des exclus, des parias et des plus démunis a été scientifiquement encadrée, avec des normes obligatoires aux conséquences effroyablement inhumaines. Sur la planète entière, les gens de ma génération auront été les témoins plus ou moins consentants du triomphe hypocrite de l'hygiène mentale aseptisant et détruisant l'espace vital de nombreuses espèces vivantes en voie de disparition... jusqu'à leur complète éradication parfois. Des réserves naturelles subsistent ça et là, reliquats d'un monde confisqué.

Deux poètes irréductibles, trop rebelles se retrouvent sur leurs vieux jours retenus dans des établissements spécialisés, abandonnés comme de vieilles idoles décaties dont les écrits à feu et à sang parviendrons peut-être encore - de loin en loin - aux jeunes générations comme les signaux aléatoires d'un autre vie possible, comme des cris étouffés de femmes violentées, des paroles de condamnés, des déclarations d'amour forcenées. Qui veut bien entendre en ces temps de falsification les vérités pourtant si évidentes de ces êtres trop entiers, par conséquent douteux, pour lesquels s'insurger signifie la libération de leurs frères humains! Personne n'y voit d'inconvénients, puisque c'est dans l'ordre admis des choses. L'Etat veille au bien-être de ces naufragés solitaires.

Christian avait émis le voeu d'être euthanasié quand il pouvait encore parler alors que ses bras et ses jambes étaient déjà à demi paralysés. Il avait toujours toute sa tête, sa lucidité tranchante et malgré l'épuisement biologique, il n'avait rien abdiqué, en accord parfait avec ses écrits (poèmes et essais) dévastateurs qu'il n'a cessé de peaufiner jusqu'à ce que ses mains deviennent inutilisables. Son voeu de mourir décemment fut poliment rejeté.

Tristan quant à lui avait manifesté dès son premier livre “Ouvez le feu” son refus de finir dans ce qu'il nommait justement un “mouroir” (il me l'avait écrit dans ses lettres,). Depuis deux ans, il résistait désespérément pour ne pas échouer dans un de ces lieux de la décrépitude crépusculaire qu'il redoutait le plus au monde, lui le défenseur des prisonniers politiques et des internés pour cause d'inadaptation à un monde sécuritaire. Mais la fatalité est coriace. En 2016, il a contre son gré été placé en quarantaine à vie dans une prison médicalisée. Maintenant je vous demande: que valent les desiderata des poètes mal-aimés devant le mur d'acier de la froide raison?

J'ai entendu les appels au secours tragiques de ces deux poètes prodiges et n'ai pu y répondre parce que je ne dispose ni des moyens financiers ni d'un réseau relationnel (à la différence du merveilleux Michel Piccoli qui a pu sauver momentanément le poète André de Richaud du désastre programmé des maisons de retraite ) pour pouvoir mettre à l'abris quelques temps ces deux incompris ce qui aurait pu adoucir leur souffrance.

Baudelaire qui dans les derniers jours de son existence était aphasique avait pourtant trouvé la force surhumaine de dire “Merde!” à la soeur de Charité qui voulut le convertir avant qu'il ne prenne congé. Nerval avant de se pendre laissa ce message qui restera inintelligible pour tous ceux que la poésie rebute: “Ne m'attends pas ce soir, car la nuit sera noire et blanche”. Rimbaud qui n'avait plus qu'une jambe exigea qu'on le transportât sur le bateau (ivre?) qui devait le ramener à Aden alors qu'un chirurgien s'apprêtait à lui amputer la seconde jambe. Nietzsche quant à lui, après avoir subi les coups de fouets effroyables d'un cheval persécuté, se réfugia dans un silence définitif... Et après eux, combien de poètes maudits (la qualification est de Verlaine) jonchèrent les bas côtés  des chemins fleuris de la poésie...? Quelques uns de ces poète réfractaires furent célébrés brièvement de leur vivant, d'autres seront peut être redécouverts à la faveur d'un changement de civilisation puisque les grands mouvements ayant révolutionnés les arts et les lettres entre la fin du XIXe siècle et le milieu du XXème n'ont, jusqu'à présent, pas eu d'équivalents depuis maintenant 70 ans.

Le règne de l'individu égoïste, coupé de ses racines profondes, aura engendré la dictature doucereuse des masses amorphes gavées de psychologies pompeuses et de certitudes dérisoire, l'avènement suicidaire d'une société désensibilisée, abrutie par les bruits de fond amplifiés des bavardages de bonimenteurs à tout crin. 

 

Buenos Aires 2018

 

 
Le silence létal des poètes

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Brouillon

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Un si petit espoir de rire

A l’ourlet de mon cœur

J’ai usé tous les mots de ma bouche

Comme les pétales arrachés

aux pierres rugueuses

de mes  souvenirs

un si petit espoir d’écrire

frotté mes mots

aux sables métisses des rivières

Tutoyé les berges toujours vierges

De l’aphonie

Un si grand espoir d’aimer

Pour caresser entièrement

L’incomplétude qui m’habite

Réaliser enfin la trace infime de l’escargot

Bien plus éternelle que mon cri exophtalmique

Épuisé et poussif

Rencontré le désert d’un petit Prince

Où aucune Rose ne prend racine

Où le sable se dérobe sous les doigts

Comme des rêves d’enfants

Un si grand espoir de vivre

Qui ne tient qu’à un fil

Un rêve de vieillard

Qu’il ne fera plus

Acculé aux yeux de sa jeunesse

Un si grand désespoir de rire

Ne tenir qu’à un fil

Ne tenir qu’à un mot

Accroupi au visage sans fard des souvenirs

Un si grand désespoir d’oublier

Les cicatrices du sourire, celles du plaisir

et les quelques "Toi ma vie" qui résistent en moi

comme des tumeurs vivantes.

 

Jean-Luc Gastecelle

 

 

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Aphorisme du jour

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Aphorisme du jour

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Comme on naît

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Je connais le désespoir pour l'avoir côtoyé. Je couche avec la mort par amour des vivants. Les empreintes sur la sable jettent les bases du futur. On tire sur les enfants des balles de caoutchouc, des bombes fumigènes sur les récalcitrants, du plastic dans l'anus, des doses de poison dans les rivières du monde. On pique à la morphine les poètes enragés. On menotte le printemps. On a mis des barreaux entre le monde et l'homme. On traverse des tombes pour retrouver la vie. J'aime mieux semer du blé pour en faire du pain, de la bière et du rêve. Il y a des mots si simples que je peine à les dire, la vie, l'amour, la mort, l'amitié des myrtilles et des ratons laveurs, le bonjour des nuages, les adieux des étoiles, à bientôt, à demain, le hurlement des loups et le chant des oiseaux. Je sais la pierre et l'eau, les choses qui commencent, les choses qui finissent. Je me garde vivant pour tout ce qui va naître, ce qui s'éloigne de l'argent et de l'orgueil des hommes, ce qui s'éloigne de l'envie pour sauver les enfants qu'on fusille et les femmes qu'on viole, pour ce quignon de pain et ce feu des sarments, cet air d'ocarina aux lèvres de mon père, ces légumes que vend la mère des jumeaux, pour les gestes qui viennent quand on ouvre les bras. Le cœur nourrit les veines, ce meuble cardiaque dans la maison de chair. S'il n'y a plus d'abeilles, tous les pommiers s’arrêteront de fleurir. Je crache mes poumons dans ma barbe à papa devenue poivre et sel. J'ai peur de crever seul dans un lit de fortune tout au fond d'un mouroir, dans un asile de clowns et de vieillards aveugles. Mes lèvres sont usées, mais les mots restent jeunes. Il y a des trésors dans le vide, des trous d'air dans les mots. S'il m'arrive d'aimer ce sera comme on naît.

Je parle avec les mains en l'air. J'écris avec le cœur à l'ombre. J'ai les yeux révulsés des regardeurs avides. J'ai des bras à l'apogée des gestes, mais les jambes trop courtes. Je suis mort si souvent, mais je respire quand même. J'ai titubé longtemps et je titube encore, mais je reste debout au milieu des assis, de boue et de fougère sur la terre des hommes, de soif et de pain noir à la table commune, de bric, de broc et de misère, de faim et de breloques. Je suis resté l'enfant qu'on lapide et qu'on moque, le vieillard sur un banc qui parle aux pigeons. Les mains toujours plus vides, je quête l'absolu. Je mords l'alphabet avec des mots cariés, des phrases endolories, des poèmes aux aguets. Je n'ai pris au sérieux que l'amour et les mots. Le monde court vers sa perte avec ses mains qui lui échappent, sa bouche amputée de baisers, ses pieds qui coulent à pic, ses pas qui marchent dans les clous, d'autres qui tombent dans les trous, les doigts coupés des guitaristes, avec ses poings au ventre et sa marée de sang dans un buisson d'organes, ses chars d'assaut devant des roses rouges et ses drapeaux en deuil, ses gros doigts dégoûtants qui pelotent les filles, sa mémoire agricole rongée de pesticides. Il faut semer du blé avant que Monsanto ne détruise Svalgard. Il fait un froid de canard qui ne sait pas voler. Il titube comme un homme. En hiver, il est normal qu'on cherche la chaleur humaine. Peut-être que la vie reprendra son souffle, que ses cahiers de feu incendieront la neige. Les yeux survivent aux lampes qui s'éteignent. La pluie reste debout quand elle tombe du ciel. Je fais les poches du malheur et je brise ses armes. Avec les doigts en sang, j'écris sur du béton, du bitume et du bois dont on fait les cercueils. Je mâche du cerfeuil entre deux gorgées d'eau. De rat des villes à rat de bibliothèque, je suis devenu rat des champs. De malfrat de bar, de coup de foudre en coup de soleil, de la taverne à l'eau de source, de l'asphalte en chaleur jusqu'à ces herbes qu'on dit folles, je suis devenu pelleteux de nuages, copain avec un loup, berger d'abeilles. Je rampe sur la terre au niveau des étoiles. Je demande un briquet pour enflammer la neige.

Jean-Marc La Frenière

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Comme les autres

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un vieux musicien juif jouait du violoncelle

aux portes de la ville

un jour ils l'ont tué

mais je ne suis pas juif

un jour le peuple Kurde a voulu être Kurde

alors ils l'ont détruit

mais je ne suis pas Kurde

un autre jour

dans un bar de Toulouse

trois français comme les autres ont torturé Ali

avant de le jeter au fond d'un terrain vague

mais je ne suis pas Ali

un autre jour

trois français comme les autres

ont enterré vivant Yannick l'handicapé

mais je ne suis pas infirme

je ne suis pas Arménien

je ne suis pas Ukrainien

je ne suis pas...

et puis

un jour

ils m'ont tué...

 

Tristan Cabral

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Cette histoire là

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19 novembre 2018
Nous montons de nouveau au front
Retrouver un adversaire que nous connaissons bien
Comme hier
Il cherche à nous effacer de l’histoire (et de l’Histoire)
Nous le côtoyons depuis longtemps
Mais nous sommes toujours là
Aux aguets et en beau joualvère
Le Verbe effilé et l’œil vif Toujours là Inspirés par
Le regard acéré de Gisèle devant Montfort
Le regard perçant de Denise à Sturgeon
Les regards enjoués et piquants de nos grands-mères sur les marches de l’École Guigues
Le regard noir de Madeleine Dumont aux abords de la Saskatchewan Sud
Le regard indompté de toutes les jeunes filles
Qui embarquent sur les navires près de Port Royal un matin de novembre de l’an 1755
Nous montons de nouveau au front
Nous avons reçu l’appel
Madeleine et Gilles et Carol, et Kevin et Kate et Fatima
Lady Di Moineau Rocky Ti-Pit Bobby Hamidou Bri-Bri
Du Nord de l’Est de Toronto Welland Windsor Pointe aux Roches New Liskeard Smooth Rock
Hanmer Chelmsford Orléans Alfred Hawkesbury
L’œil alerte le Verbe à vif
ET NOUS NE SERONS PAS EFFACÉS
Ni par les Goddamns ni par les Orangistes ni par MacDonad ni par Harris
Et ni par Ms Mulroney ni par Ford avec ou sans sa soi-disant Nation
NON
Cette histoire là - ne pas se laisser effacer - est la nôtre!

Jean-Marc Dalpé

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Poème inédit de Tristan Cabral

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Poème inédit de Tristan Cabral

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