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Paroles indiennes

Publié le par la freniere


Pour la défense du territoire rebelle de Oaxaca et de la mère Terre



En ce mois de mai, saison des pluies, saisons où le maïs est mis en terre, saison ou les paysans labourent la terre qui reverdie. En ce mois de mai ou la pluie lave les trottoirs de la psychose de l'influenza, de nouvelles menaces beaucoup plus sérieuses avancent vers les communautés autochtones de Oaxaca et du Mexique. Les chemins du progrès et du développement tracent une ligne à travers les territoires des communautés saccageant tout sur leurs parcours laissant un long filet de sang et de misère comme témoignage de leurs passages.

 

En ce 16 mai 2009 dans la ville d'Ocotlan de l'État de Oaxaca, les voix de la dissidence ont crié un ya basta à l'unisson. Le deuxième congrès pour la défense des ressources naturelles et de notre mère la terre, laisse un témoignage clair de la lutte des communautés autochtones et paysannes. Soit ils et elles défendent leurs territoires, leurs terres et la vie, soit ils et elles rentrent dans la logique des projets productifs imposés par le système capitaliste. Qui laisse les terres infertiles, le taux d'immigration vers le nord augmentant pour l'abandon des terres, la misère, la répression et la souffrance.

Lire la suite : http://humeursdejeandornac.blogspot.com/2009/05/pour-la-defense-du-territoire-rebelle.html

 

 

Publié dans Paroles indiennes

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Tahar Djaout: un hommage de sa fille

Publié le par la freniere


Le 26 mai 1993, Tahar Djaout a été victime d'un lâche attentat terroriste. Il succombera à ses blessures le 2 juin 1993 à l'hôpital de Baïnem. Il était journaliste, poète, écrivain et l'un des fondateurs du journal Ruptures. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Solstice barbelé (poèmes), l'Arche à vau-l'eau (poèmes), l'Exproprié (roman), l'Oiseau minéral (poèmes), l'Étreinte du sablier (poèmes), les Rets de l'oiseleur (nouvelles), Chercheurs d'os (roman), l'Invention du désert (roman), les Vigiles (roman) et Dernier Été de la raison (roman). C'était un humaniste modeste, il avait une gentillesse sans limite et il était d'une extraordinaire honnêteté ; il a toujours défendu ses idées car il croyait en une Algérie moderne et démocratique.


Raison du cri

 

S'il n'y avait ce cri,

en forme de pierre aigue

et son entêtement à bourgeonner,

 

s'il n'y avait cette colère,

ses élancements génésiques

et son soc constellant,

 

s'il n'y avait l'outrage,

ses limaces perforantes

et ses insondables dépotoirs,

 

l'évocation ne serait plus

qu'une cannonade de nostalgies,

qu'une bouffonnerie gluante,

 

le pays ne serait plus

qu'un souvenir-compost,

qu'un guet-apens

pour le larmier.

 

Tahar Djaout


" Cela fait déjà seize ans que tu nous as quittés à jamais ; en évoquant le souvenir des moments agréables que le temps n'arrivera jamais à effacer. Un jour, alors que tu étais à la maison en train d'écrire, je t'ai demandé ce que tu faisais, tu m'as répondu que tu écrivais un roman, que tu appelleras soit Kenza, soit les Trois frères ; et aussi quand tu nous emmenais à ton travail et tu essayais de nous expliquer le monde de la presse et comment fonctionne un journal et bien d'autres souvenirs. Sois sûr que jamais on n'oubliera les moments qu'on a partagés. Même si tu nous a quittés trop vite et d'une mort violente, ton image restera gravée à jamais dans nos cœurs et nos esprits. Tu resteras pour nous un symbole de courage et de fierté car tu étais l'un des hommes que l'Algérie ne pourra pas remplacer si facilement. Ce qui nous manquera le plus, c'est ton amour, ton affection et la protection d'un père car tu étais notre espoir et notre courage, et c'est vraiment dur sans toi. Mais on est fiers d'avoir un mari et papa qui a défendu ses idées car tu voulais apporter quelque chose de durable pour ton pays. Tu es une grande perte pour l'Algérie et pour la culture ; lire et traduire Tahar Djaout est le meilleur hommage que nous puissions te consacrer. Que ton repos soit aussi doux que fut ton cœur."


Nadia Djaout

 

Publié dans Glanures

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Jean-Michel Sananes: Plus frère que frère

Publié le par la freniere


Publication en juin 2009 du recueil de Jean-Michel Sananès : "Plus frère que frère"

Une parole qui sans cesse révèle, de belle écriture, le monde bafoué où malgré tout il convient de chercher la lumière.

Extraits :

C'est un chant d'oiseaux que les voitures piétinent
un arbre essoufflé aux rumeurs de la ville
une douleur que le silence pétrifie
un homme affamé qui a froid.

La nuit s'arrête au matin
encore il me faudra picorer les misères du monde
avaler mon chant
lire et relire les nécrologies que le soleil efface
ombre lumière frontière...
Je traverse pieds nus
les nuages couvrent la lumière
je cherche le passage.





Jean-Michel Sananès - "Plus frère que frère" - Editions Chemins de Plume/poésie - ISBN : 978-2-84954-79-4 - Prix 12 Euros (+ 1,50 Euros frais de port)

À commander aux Editions Chemins de Plume - 156, corniche des oliviers, V30 - 06000 Nice  ou cheminsdeplume@yahoo.fr - Sera disponible en librairie à partir de juillet 2009


Publié dans Prose

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Pierrot le Noir (Haiti)

Publié le par la freniere

 

Amérique aux griffes de chacal ! Amérique du Nord, priez pour nous ! Partout éclate ce grand ordre de guerre, de silence. Partout éclate ce grand ordre de lumière et de clarté, plus sot que l'effronterie, plus beau que le linge de mes amours. Franc comme le donné pour compte avec la parole d'honneur de la bannière étoilée.

    

Beau comme le donné pour compte de la réalisation des gringos sur tous les bouges où éclate la lune caraïbe et latine. Généreux comme les bateaux yankees qui émoussent mon fleuve d'écume, et remontent vers tous les Ganges du monde, chargés de nourriture, de cover-girls au ventre peinturluré, intestins de porcs, farine de banane, coassements de saxos.

    

Oui, c'est moi la léchure, la poubelle, moi le goudron, le larvaire, moi tout ce qu'on empile, la guenille, la proscription frappant ainsi tout frère de ma taille et de ma race.

    

Parlerons-nous langage de fleur à thé de Chine. Parlerons-nous langage du jambon rose, un parler de confiserie.

    

Parler Reynold's Mining, Canadian Chemical, Haytian American Sugar Company, Dominion Colonial, Imperial Tobacco. Parlerons-nous Standard Fruit Company, cacao et caféier, Standard Oil. Les signes du pétrole balisent ma noirceur.

    

Ah ! ils ne m'ont point entendu encore parler mandingue, ils ne m'ont pas entendu parler, parler langage de pierre, de feu, langage Pierrot le Fou, Pierrot le Nègre. Oeil rouge, mouchoir, machette créole, ouolof ou kilimandjaro. Pierrot le Noir. Ils ne m'ont pas vu savane ou marron le Nègre.


Jean-Richard Laforest

Publié dans Poésie du monde

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Véronique Tadjo

Publié le par la freniere

Véronique Tadjo est née en 1955 à Paris, mais elle a été élevée à Abidjan. Son enfance a été marquée par de nombreux voyages entrepris en compagnie de ses parents et de son frère. Son père, d'origine ivoirienne, a été un haut fonctionnaire; sa mère était peintre-sculpteur. Véronique Tadjo a un doctorat en Etudes Afro-américaines. Elle a beaucoup voyagé dans toute l'Afrique de l'Ouest, en Europe, aux Etats-Unis et également en Amérique latine. Elle a enseigné à l'Université Nationale de Côte d'Ivoire pendant plusieurs années. Actuellement, elle est écrivain et anime des ateliers d'écriture et d'illustration de livres pour les enfants dans plusieurs pays. Elle a reçu le Grand Prix Littéraire d'Afrique Noire 2005. Après quelques années passées au Kenya, puis en en Angleterre, Véronique Tadjo vit actuellement (2009) en Afrique du Sud.


 








Bibliographie :


Latérite. Paris, Hatier, 1984, poésie

A vol d'oiseau. Paris, Nathan, 1986, roman

 Le Royaume aveugle. Paris, L'Harmattan, 1991

Champs de bataille et d'amour. Paris/Abidjan, Présence Africaine/NEI, roman

A mi-chemin. Paris, l'Harmattan, 2000, poésie

L'Ombre d'Imana. Voyages jusqu'au bout du Rwanda. Arles, Actes Sud, 2000

Talking Drums. London, A & C Black, 2000. A selection of poems from Africa edited and illustrated by Tadjo.

Reine Pokou. Arles, Actes Sud, 2005


Livres pour les enfants


La Chanson de la vie. Paris, CEDA, 1989

Le Seigneur de la Danse. Abidjan, Nouvelles Éditions Ivoiriennes, 1993

Mamy Wata et le Monstre. Abidjan, Nouvelles Éditions Ivoiriennes, 1993

Grand-mère Nanan. Abidjan, Nouvelles Éditions Ivoiriennes, 1996

Si j'étais roi... Si j'étais reine... Abidjan, Nouvelles Éditions Ivoiriennes

Masque, raconte-moi... Abidjan: Nouvelles Éditions Ivoiriennes



À mi-chemin


ON NE PART PAS SANS PERDRE DU
SANG. TU REVIENS, LE COEUR PLEIN DE
BONNES INTENTIONS ET PUIS, TES YEUX
PARCOURENT LA VILLE ET TU TOMBES DE
HAUT. IL FAUT REPARTIR À ZÉRO.
TU VEUX TOUCHER LES AUTRES, CEUX À
QUI TU PENSAIS, LÀ-BAS, DANS TON EXIL
SOUTERRAIN. MAIS LEUR PEAU EST
FLÉTRIE ET LEURS VISAGES SE
CREUSENT DE RIDES ASSOMBRIES. ET
LA SOLITUDE SE LIT DANS LE FOND DE
LEURS YEUX.
LE RETOUR, AH OUI, LE RETOUR ! POUR
APPRENDRE QUE LA MORT ÉTAIT LÀ
AVANT TOI ET QUE LES OISEAUX SONT
PARTIS AVEC LES DERNIÈRES PLUIES.

EN VÉRITÉ, LA SOLITUDE N'A PAS DE
NOM, PUISQU'ELLE SE CACHE DANS LES
RECOINS DE TON CORPS. ELLE SE
CACHE EN SUIVANT LE CHEMIN DE TES
VEINES. LA LIGNE DE TA COLONNE
VERTÉBRALE; ET LE MARÉCAGE DENSE
DE TON ESPRIT EN ÉVEIL.
INTERROGE LE MIROIR BRISÉ, LES
FRAGMENTS DE TON ÂME QUI TE DISENT
LA VÉRITÉ.
INTERROGE LA CASSURE, L'ÉPARPILLE-
MENT. INTERROGE, INTERROGE JUSQU'À
L'ÉPUISEMENT.

CAR, IL A FALLU QUE NOUS NAISSIONS
SEULS. CAR, IL A FALLU TROUVER LA
LUMIÈRE AU BOUT DU TUNNEL.
CAR, IL A FALLU QUITTER LA CHALEUR
MOITE POUR L'AIR SEC DU DEHORS.


*

Je vous salue

Vous les fouilleurs de poubelles
les infirmes
aux moignons crasseux
les borgnes
les hommes rampants
vous les maraudeurs
les gamins des taudis
je vous salue.
Quel fardeau portez-vous
en ce monde immonde
plus lourd que la ville
qui meurt de ses plaies?
Quelle puissance
vous lie à cette terre frigide
qui n'enfante des jumeaux
que pour les séparer?
Qui n'élève des buildings
que pour vous écraser
sous les tonnes de béton
et d'asphalte fumant?
Vous les mangeurs
de restes
les sans-logis
les sans-abri
Quel regard portez-vous
sur l'horizon en feu?


*

Comment veux-tu

parler

de l'arbre

et de ses fruits

quand les racines

se meurent

sous la terre malade ?


*

La racine des pierres

plonge très loin dans l'oubli

elle se gave des mémoires

que la terre rejette


Véronique Tadjo

 

 

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Silence (Québec)

Publié le par la freniere


Je suis allée

à l'école du silence

à l'école du sourire plié

figé      défiguré

sourire sans visage

gentille docile

je te laisse me bouffer

tu es plus forte que moi


me recroqueviller

dans le dortoir

souvenir de pisse chaude

comme odeur de fond

refuge froid et sec

lit de fer et de glace

la petite fille gentille

va faire dodo


tu peux marcher

entre les allées

grosse sœur noire invisible

ton odeur nous rejoint

ton regard de suspicion

transperce notre nuit

tu nous balaies et nous maintiens

immobiles       gentilles


nous allons dormir longtemps

dans les dortoirs balayés

nous allons geler longtemps

dans nos draps empesés

nous allons attendre longtemps

dans nos corps dépossédés

 

Marie Beique


Publié dans Poésie du monde

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Les chemins de traverse

Publié le par la freniere


Je ne sais plus quoi dire aux animaux. Les arbres tournent la tête quand ils entendent l'homme. Les pierres font la sourde oreille. Les chemins de traverse se mettent à boiter. Les fées se cachent entre les murs. Les anges laissent leurs ailes au fond des garde-robes. La nuit craint les néons et les cris des sirènes. L'aube se cache sur le pas de la porte. Il est inadmissible qu'on vende son âme à dieu ou au diable, qu'on vende l'homme au plus offrant, qu'on vende l'air et l'eau. La terre n'appartient à personne. Il faut garder pour nos enfants un futur possible. Je ne veux plus d'une main qui écrase l'autre main, d'un œil qui veut du mal à l'autre, d'une oreille qui n'écoute pas l'autre. Je ne veux plus d'un homme à la merci d'un autre. Je cherche dans le monde ce qu'il cherche à cacher, le croisement de l'espace et du temps. Je cherche la beauté, la bonté, la justice. Je cherche un homme qui plaide pour la vie. Quand j'atteins la lumière, je cherche encore la lumière.


Le temps n'est pas une ligne droite. J'y roule à bille sur du papier. Je respire plus large dans les mots, le goût du sel dans le mot mer, la vie dans le mot mère, le parfum des baisers dans le mot lèvre, l'espoir dans les mots d'amour. Je conjugue le futur au possible, la tendresse à l'urgence. J'écoute le brin de paille me raconter sa nuit. Les arbres quand ils prient n'invoquent pas un dieu mais le passage des saisons. Ils font monter au ciel les terres qui l'entourent. Je suis comme une branche tendue vers le soleil. Les métaphores m'offrent un toit, les images une porte, la ligne d'horizon une route où marcher. Je me donne aux enfants qui m'enfantent comme la mer incorporant ses vagues pour être ce qu'elle est. Je me donne à tous les paysages. Ils font ce que je suis. Je me donne à la terre où je retournerai, devenu source dans la source.

 


Publié dans Prose

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Jeanne Baude

Publié le par la freniere


Jeanine Baude est une poétesse française, née le 18 octobre 1946 à Eyguières (Bouches-du-Rhône). D.R.H. dans une entreprise privée pendant plus de vingt années, elle vit désormais sur l'île d'Ouessant (Finistère).

Elle a collaboré à de nombreuses revues européennes et étrangères et fut membre du comité de rédaction de la revue Sud de 1992 à 1997.

Membre du comité de rédaction de la revue L'Arbre à Paroles (Belgique).

 





Bibliographie


Île corps océan/Isla cuerpo océano (traduction en espagnol de Porfirio Mamani Macedo, L'Arbre à Paroles (Belgique) 2007

New York is New York, Tertium Éditions, 2006

Rêver son rêve, gravures de Claire Chauveau, Atelier Tugdual, 2005

Le Chant de Manhattan, suivi de Piano Words, Seghers, 2005

Colette à Saint-Tropez, Images en Manœuvre éditions, 2004

L'Adresse à la voix, Rougerie, 2003

Venise, Venezia, Venessia, Editions du Laquet, 2002

Ile Corps Océan, co-édition L'Arbre à Paroles-Ecrits des Forges, 2001

Le bol du matin, Éd. Tipaza, 2001

Labiales, A.Benoit, 2000

Un bleu d'équinoxe, avec des encres de Michel Carlin, A.Benoit, 2000

Incarnat désir (Rougerie) 1998

Océan, Rougerie, 1995

Concerto pour une roche, Rougerie, 1995

Correspondance René Char-JeanBallard 1935-1970, Rougerie, 1993

C'était un paysage, 1992, Prix Artaud 1993

Parabole de l'Eolienne, Rougerie, 1990

Ouessanes précédé de Mémoire de l'archipel suivi de Epaves étoilées, Sud, 1989

Incarnat désir, Rougerie, 1988

Eclats de sel, La Coïncidence/Le Pont de l'Epée, 1980

Les feux de l'été, La Coïncidence/Chambelland, 1977

Sur le chemin du doute, Millas-martin, 1972

 

 

 

Nul ne peut
         descendre
         falaises
         ou abîmes
         sans  rêver
         de cimes
         de désordre
         immanent
         au risque
         de tenir
         dans sa main
         la  pierre d'utopie


*


Sur un chemin de campagne s'écraser dans l'oubli. La dérision. Etre ce pas, cette avancée encore. Là, où rien n'affleure. Peut-être commencer.

Une nouvelle gamme, un autre air, sur le piano.

La main de Clara Haskill sur mon épaule. Tu dois continuer. La ville se souvient de toi, de ce que tu as écrit.

La ville, ses lèvres, l'autre.

Le regard vacant. Une épopée. Des hommes qui meurent. Sais-tu pourquoi?


*


Dans l'océan le reflet des fenêtres. Les vitres brisées écrivent noir sur vert l'épopée. Le chant se mesure à quelques notes fortes. De la techno venue depuis la brasserie sur front de mer. Là, les enfants, pieds nus dans leurs sandales étoilées : ils scandent comme aboient les chiens, dressent leurs poitrines fraîches, affleurent aux jambes de leurs pères. Noria, suspendues et renversées les larmes.


*


La douleur, ce n'est pas seulement un mot mais la couleur des pierres. Avinées par la sueur des hommes, les jambes grèles des filles pubères ne peuvent plus courir. Lenox Avenue, ils ont tué Malcom X à l'Audubon Ballroom. Dans un square de Brooklyn les balançoires grincent sur les tournesols,les orchidées, les mains, la solitude.


*


Apprendre à lisser le texte, le corps lavé. La ville décapée de ses ors, ne restant que traces brûlées.

Il y eut même des cathédrales.

J'ai fait un grand détour pour les éviter.

Ne saisir que ce qui poudroie encore du chemin poussiéreux, des sandales usées, des bâtisseurs. Un homme simple, sa lignée dont je suis.

Dis, me passeras-tu le relais dans ce Manhattan fiévreux?

Ta peau contre ma peau.

 


Jeanne Baude

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Il pleut, bergère (France)

Publié le par la freniere


La poésie nous paie avec des chèques en bois. Pas plus que les tables ne tournent - elles se balancent, craquent, voire se déplacent, les étoiles dites filantes ne filent; ce sont des météores.
Il en va de même de la plupart des noumènes et phénomènes. Ainsi des aiguillettes nouées de Kant, des chaussures somptueuses du ministre, du big bang, des belles couleurs du bousier et de la présente prose qui voudrait courir d'un bord à l'autre de la page mais à grand peine à seulement marcher.
Cela dit, je n'ai jamais offensé personne, mais la calomnie ne m'a pas épargné. Quant à mes mots, ils font un peu ce qu'ils veulent mais je les fais rentrer dans ma tête dès qu'il pleut, il pleut bergère. Ce n'est pas moi qui ramerais sur le lac pléonasmique de Lamartine, ni ne grimperais sur les amers de Saint-John Perse. Plutôt relire pour la millième fois Baudelaire, même si parfois, il s'empêtre dans les adjectifs et les adverbes, ou foutre le feu, avant que Cézanne ne revienne la peindre, à la montagne Sainte Victoire sous prétexte qu'elle me cache Pétrarque escaladant le Ventoux.


Jean Rousselot

 


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Ile Eniger: Poivre bleu

Publié le par la freniere


Publication en juin 2009 du recueil de Ile Eniger : "Poivre bleu"

 

"Ile Eniger a une sensibilité bien particulière, c'est plus que du talent, c'est la poésie".

Pierre Autin-Grenier

Extraits

Je traverse la béance du jour. La créance du vide. Les tempêtes s'agitent dans l'état d'être. Je suis l'animale inquiétude, la douceur de mémoire, le bonheur à l'instinct. Je traduis je t'aime par le mot inconnu. Il frissonne de la part manquante ou ajoutée. Je com-prends tout jour sans le connaître. Chaque lettre déclinée jusqu'à la voix des mains invente un poivre vif. Cet éternuement. Bleu. Toute pensée, tout geste marche en terre brûlante, lumière silencieuse, incontournable amour. Plus haut que les tiédeurs, les habitudes, loin des fioritures, du collectif, au-dessus des glaces, des feux, sans apparences ni contorsions je veux. Le simple rayonnant. Le tour de force de la bonté. Poivre bleu, le livre dira peu. J'écrirai encore.

 

 

Ile Eniger - "Poivre bleu" - Editions Chemins de Plume/poésie - ISBN 978-2-84954-077-0 - Prix 12 Euros (+ 1,50 Euros frais de port)
À commander aux Editions Chemins de Plume - 156, corniche des oliviers, V30 - 06000 Nice  ou cheminsdeplume@yahoo.fr -Sera disponible en librairires à partir de juillet 2009

 

 

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