Quand je mourrai

Publié le par la freniere

Quand je mourrai

ne le dites à personne

je ne veux pas de leurs mains jaunes

et de leur voiture noire

vous me mettrez debout

les bras sur vos épaules

et vous me conduirez tout au bord de la mer

où le sable est si fin

et j'attendrai la marée haute

si vous ne pouvez pas

montez-moi en Cévennes

et puis couchez-moi seul

au milieu des genêts

la tête dans le ciel

 

Si je meurs seul

s'il n'y a personne pour me conduire en mer

ou me coucher dans les genêts

s'il faut que j'aille au cimetière

je voudrai que ce soit dans celui d'Arcachon

sur une dune ensoleillée

près de la ville d'hiver

je voudrai qu'on m'habille avec ce velours noir

que je garde en lieu sûr

d'une chemise blanche avec un foulard rouge

qu'on mette dans ma poche une pipe d'Irlande

avec du tabac blond

le Rimbaud bleu de poche 491

sans oublier un sac marin

et une paire de rames

 

j'attends la vague immense qui m'ouvrira les yeux

 

Tristan Cabral

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