On fait son trou

Publié le par la freniere

Tout doucement, on fait son trou. On se prépare à la neige, à la pluie, à la mort. Les bouquets de pervenches ne chantent plus qu’en habit de concierge. Le saule noie ses larmes sous son ciré de feuilles. L’herbe verte compte ses blessés. Les urubus et les vautours boivent la crasse des chiens morts. Les bouteilles qu’on couche paient pour la rançon du temps. La soif fait provision d’eau morte. Les trompettes du bonheur sont bouchées. Les toilettes débordent. De gros nuages noirs éclaboussent le ciel. La veilleuse blanche des harfangs mange de l’ombre. La rosée n’arrive plus à digérer l’espoir. Le bois des chaises se retient de pleurer. Le temps mâchouille ses atouts et les crachent à la hâte. La main ouverte aux songes a fermé ses caresses. Est-il déjà trop tard pour croire à la rosée, à l’abeille, à la brume ?  Je m’ennuie de ce temps où l’homme labourait la terre pour qu’elle sache le nourrir, où les arbres se parlaient en oiseaux pour apprendre à aimer.

Publié dans Poésie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article