Comme un gaucher

Publié le par la freniere

Les mots contiennent le réel et inventent le reste.

J’écris comme un gaucher dans un monde de droitiers.

J’écris comme un rêveur dans un monde de penseurs.

J’écris comme une épine dans un monde de pétales.

J’écris comme une cigale au milieu des fourmis.

J’écris du fond des choses comme une craquelure.

Je suis un autobus pour la voix des objets,

un taxi pour ailleurs,

un homme sur la paille regardant le soleil.

Je marche sur les mains sans me fermer les yeux.

 

Il y a trop d’accrocs sur l’habit des caresses.

Le cœur grelotte sous la neige.

Il y a trop de rêves qu’on abandonne aux chiens,

trop d’os mis en laisse.

Je vois des ombres s’évader de leur propre soleil,

l’espoir des voyages dans les rails oubliés,

l’empreinte des images dans les regards éteints.

J’écris à pas de loup sur les chemins de laine.

Les mots ajoutent au cœur les veines qui lui manquent.

Je ne sais pas mourir.

J’apprends à peine à vivre.

 

Jean-Marc La Frenière

Publié dans Poésie

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