Pierre Unik

Publié le par la freniere

Journaliste, il collabore aux publications des surréalistes ainsi qu’aux films Terre sans pain de Bunuel et La vie est à nous de Jean Renoir.

Il prend parti pour Aragon lors de la crise surréaliste de 1932 avec Bunuel, Maxime Alexandre et Georges Sadoul.

Il est lié au PCF et collabore à la rédaction en chef de Regards (1936-1939), le superbe hebdomadaire illustré du PCF , il participe également à l’Humanité et au mensuel La Commune.

Il est ami avec Eli Lotar et proche de Rafael Alberti et Federico Garcia Lorca.

Poète il est et ne laissera malheureusement que trois livres :

 

-        Le théâtre de mes nuits blanches (1931)

 

-         Chant d’exil (1972)

 

-         Le héros du vide (1972)

 

Ainsi qu’une foule d’articles non signés.

Sous l’uniforme, il est poète prisonnier, tente plusieurs fois de s’évader.

La dernière tentative est la bonne mais lui sera fatale, après son évasion du camp de Schmiedberg (Stalag VIIIA), il s’égare et meurt de froid dans les neiges des Carpates.

 

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Perdus en terre

 

Hommes parmi la nuit, hommes au fond du temps,

Hommes dont le passé comme un ressort se tend

Sur lui-même et s’écrase, ô hommes de mon temps

Qui rêvez d’une lampe au soir si tendrement

Eclairant le visage et les mains de la femme

Et les yeux des enfants et tout ce qui affame

Votre cœur, dans le vent la vie à pas de loup

S’avance. Image austère et froide, tout à coup,

Elle va dans le ciel sanglant d’étoiles rouges

Sur la terre étrangère, et sur les corps qui bougent

Elle poursuit sa route et vous cherchez à voir

Ses traits. Mais sa figure est l’espace noir,

Ses pieds foulent sans bruit votre ombre qui s’enlise

Dans la boue. Et l’aube fraîche qui vous dégrise

Redeviendra ténèbre avant que le secret

Ne se déchire. En vain la musique tout près

Jouait un chant d’espoir ranimant votre rêve.

La lumière glacée qui durement s’élève

Tranche dans votre chair, étincelant couteau.

La mémoire est un sang qui se caille aussitôt.

La nuit revient, le rêve s’éteint. Insensible

Le monde dort, qui ne se lasse d’être cible.

…..Hors de la nuit, crevant la mauvaise saison ;

Hommes, le beau soleil humain de la raison.

 

Pierre Unik

Publié dans Les marcheurs de rêve

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