J'écris 6

Publié le par la freniere

Il faut tant de bois 

pour se chauffer.

Laissez-moi croire encore

à la beauté des pierres,

à la bonté possible,

à la sagesse des shamans,

à la tendresse des femmes,

à la caresse des enfants

qui nous sauvent du pire.

 

Avec sur mon dos
l'ourson bleu des images
rescapé de l'enfance
je traverse la vie
comme une enseigne usée
par l’orage et le sang.
Trop malhabile pour aimer,
trop petit pour les mots,
je dépose mes clefs
dans les yeux de chacun.
Je me perds souvent
dans la trame des phrases.
Je fais des accrocs
dans la dentelle du son.
Je détonne parfois
dans le micro du sens,

 

J’ai appris la grammaire
au fil du couteau,
mon verbe dans la rue,
mes voyelles dans la chair.
Je dors la tête sur demain
et les doigts sur la peau.
J’essaie tant bien que mal
de ravauder sans fil de soie
les vêtements du silence
usés par la colère
et l’espérance déçue.
Je signe d’une main tremblante
des paraphes de vent
pour attiser l’amour
et laisser à la vie
sa place dans la mort.

Je ne sais pas
ce que c’est qu’un poème
mais le poids du bâillon
me pèse quelque fois.
Je me confonds au chant
de celui qui l’arrache.
Le fruit qui pousse
dans la poussière,
dans la neige ou le sable
ne renie pas sa branche.

Je fais un trou dans l’apparence
étonné malgré tout
du cœur qui s’y trouve
et des caresses à venir.

Publié dans Poésie

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