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L'éveil

Publié le par la freniere


et parfois, c'est étrange, on s'éveille à une femme, qu'on côtoie au
quotidien, qu'on croit connaître, qu'on ne voit pas vraiment et puis,
un jour, il suffit d'un regard qui s'égare, tendre ou indifférent, on
ne le sait trop ou d'un mot ou de paroles, légères, inutiles, de ces
paroles qui servent à emplir les vides mais qui touchent et cassent
parce qu'on y devine les convulsions de l'ailleurs et on se met alors
à la voir, avec intensité, une intensité qui ne cessera de croitre,
qui deviendra par moments obsessionnelle et on ne cesse alors de
scruter le moindre de ses gestes, le moindre de ses mots, on se met à
scruter jusqu'à son souffle car on s'éveille à sa plénitude entière, à
sa plénitude resplendissante, son mystère et ses abîmes, tout ce
qu'elle est et qu'on ne peut être et on se met a la jalouser, son
enfance, ses amours, ses mélancolies et ses allégresses, tout ce qui
nous fuit, tout ce qu'on ne peut posséder et on sait qu'elle nous est
désormais essentielle et on ne cesse et on ne peut cesser de
s'éveiller à cette femme, à sa plénitude entière, à sa plénitude
resplendissante car elle est songe pour cet homme, perdu et un peu
fou, qui cherche refuge dans les nuits
.

Umar Timol



Publié dans Prose

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L'insoumission

Publié le par la freniere


On se soumet aux riches, aux dieux, aux horaires.
Pourquoi pas aux pierres, aux nuages et au temps ?
On se soumet aux ordres, aux drapeaux, aux slogans.
Pourquoi pas aux mots, au rêve, au hasard,
aux pauvres, aux parias, aux enfants ?
Pourquoi aux pluies, au soleil et au vent ?
On se soumet aux trusts, aux banquiers, aux notables.
Pourquoi aux morts, aux lézards et aux tables bancales ?
On se soumet aux cons et aux bulletins de nouvelles.
Je me soumets à la révolte et à l'insoumission.


Publié dans Poésie

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Solovox: poésie et musique

Publié le par la freniere


Mercredi, le 29 octobre 2008
à 20 hres 30
à L'ESCALIER (ancien UTOPIK)
552, rue Ste-Catherine Est
(métro Berri)
Tél. : (514) 670-5812



> avec ÉRIC ROGER et ses invités :

> KIM DORÉ « Maniérisme le diable » POÈTES DE BROUSSE

> PATRICK DUBOST « Perdus sous l'orage »

> CATHERINE LALONDE « Corps étranger » QUÉBEC AMÉRIQUE

> JEAN-FRANÇOIS POUPART « Tombe Londres Tombe » POÈTES DE BROUSSE

> IQI BALAM « De l'ode aux vidangeurs au poivre de cayenne »

> RÉJEAN THOMAS « Oeuvre complète » POÈTES DE BROUSSE

> VÉRONIQUE CYR « La vie liquide » POÈTES DE BROUSSE

> CATHERINE HARTON « Petite fille brochée au ciel » POÈTES DE BROUSSE


> * * * MICRO OUVERT ! * * *

Publié dans Prose

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Liqueur 44

Publié le par la freniere


Ce numéro de 120 pages, couverture couleurs, se commande pour 7 euros
(plus 2 euros de frais de port) auprès des
éditions associatives Gros Textes
Fontfourane
05 380 Chateauxroux-les-Alpes
On peut également s'abonner ou se réabonner. Il vous en coûtera
alors 20 euros pour recevoir 3 numéros que nous essaierons de fabriquer
sans être sûr d'y parvenir mais avec la ferme intention de faire au mieux.


Publié dans Prose

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Slam à Lachine

Publié le par la freniere


La prochaine soirée de slam 3M Lachine aura lieu mardi le 14 oct.

7 slameurs, le slam du mois et micro ouvert
soirée engagée, élection oblige

Aux 3 Cochons
2490 boul. St-Joseph
Lachine

20h.30
metro Angrignon-autobus 195

 


Publié dans Prose

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La lune aux abois

Publié le par la freniere


On a mis le peuple aux voix et la bêtise aux urnes,
le rêve à la raison, Harper à la nation,
les mineurs en prison sans un crayon à mine,
des fruits sur un champ de mines,
les fèves en cannes et la soupe en sachets,
la poule au pot et les vaches aux hormones,
les poissons dans le bocal et les serins en cage,
la misère des pauvres aux mains des fonctionnaires,
les clowns en camisoles de farces,
les banlieusards en cubes, les chanteurs en tubes,
les policiers en dindons de la force,
Charest devant les buts et la charrette devant les bœufs.
On a mis le p'tit change dans les machines à sous,
le doigt dans l'engrenage, l'horizon dans l'égout,
l'espoir dans l'argent, la tendresse au rancart,
le désir en pilules, la colère en bouteilles,
la force des chevaux dans les brancards du vide,
les rides à l'abandon et les rives en béton.
On a mis des gants blancs sur les mains des bourreaux,
des putes électroniques dans les tours à bureaux,
des buses à l'Assemblée, des muselières aux muses,
la sagesse aux ashrams, les vieillards à l'hospice,
les rebelles en prison, les bandits à la caisse,
la révolte à la casse, l'amour à la poubelle,
la lutte des classes en berne
et la morale en carnets de banque,
la tendresse à l'encan, la mémoire en purée.
On a mis des enfants en habits de soldats,
des rêveurs en adultes, des archanges en colère,
des fillettes en poupées, des fous à la raison,
des slammeurs à la porte du Festival de Trois-rivières,
des poètes à l'amende à la foire aux subsides,
les visages à deux faces à la télévision,
le silence en sous-titres, la parole au bâillon,
les chicanes de couples entre les commerciaux,
le coût de la vie au prix de la mort.
On a mis l'art dans la fosse commune,
l'or noir au pouvoir et le lard en barres
On a mis des guichets aux escaliers de secours,
des frontières aux nuages, des matricules aux mots,
des postes de péage dans les sorties d'urgence,
des meters aux poumons, des hamacs au travail,
un dimer au soleil et la lune aux abois.


Publié dans Poésie

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Ne laissez pas entrer les infidèles

Publié le par la freniere


J'ai énormément ri, hier, mais c'était un rire plein de pitié. De pitié pour le pauvre Gaston Bellemare, le dg du Festival international de la poésie, qui a décidé de livrer une guerre sainte, une croisade, un jihad contre les barbares et va-nu-pieds qui ont osé planter leur Off festival juste au pied de son immense forteresse. Malheureusement pour le pdg de Poésie Mauricienne Inc., son intervention maladroite tint plus de l'attentat suicide que de l'épuration sacrée.
Oui, j'ai ressenti de la pitié pour cet homme perturbé qui crie aux parasites, grattant frénétiquement sa peau aseptisée, comme un hypocondriaque parano, devant le regard perplexe de la population. Gaston Bellemare craindrait-il une invasion des amateurs dans sa belle poésie bien polie et prête à empaqueter?

La non poésie de la relève serait-elle un danger pour le statu quo littéraire qui dure à Trois-Rivières depuis une vingtaine d'années? Il est impossible de savoir puisque M. Bellemare ne lui a même pas laissé le temps de s'exprimer que déjà il lui a déclaré la guerre.

En ne laissant pas de place dans le festival officiel pour les nouveaux venus (il faut avoir été édité pour avoir l'honneur d'y lire ses textes), et maintenant en condamnant l'initiative de ceux qui osent leur laisser une place, Gaston Bellemare se tire dans le pied en s'attaquant aux prochains poètes, laissant présager une ambiance de réunion du troisième âge pour les festivals des prochaines années.

Mais le pape Bellemare ne s'arrête pas là. Il va jusqu'à redouter la désertion de son événement par des poètes reconnus: " (...) ils vont se promener dans nos événements pour dire aux poètes d'aller chez eux", affirme-t-il, comme inquiet pour la suprématie de son festival. Il faut dire qu'avec les années, la formule élitiste et institutionnalisée du Festival a fini par faire fuir bon nombre d'amateurs de littérature et de poètes.

De toute façon, du festival de quelle poésie parle-t-on ? De la poésie bureaucratique d'une demande de subvention au Conseil des arts et lettres ? De celle, le doigt en l'air, des cocktails au foyer de la salle J.-Antonio-Thompson ? Des recueils standardisés qui sortent à intervalles réguliers des presses des Écrits des Forges ? Quelle surprise que des jeunes ayant connu la poésie par Rimbaud et Baudelaire recherchent plus que cela dans un événement consacré au poème!

Le Festival n'a plus rien de significatif, d'épique, ce qui est quand même surprenant de la part des héritiers de la Nuit de la Poésie de 1970. Et en refusant l'énergie, la jeunesse et la révolte de la relève, on ne risque pas d'y voir de changement dans l'avenir.

En conclusion, Gaston Bellemare peut se vanter d'avoir été le plus grand promoteur du "off" en s'y attaquant comme un vieux mâle alpha qui craint la destitution. Il peut aussi se pâmer d'avoir jeté sur le festival officiel un voile de snobisme et d'hermétisme qui risque d'en attirer plus d'un au Charlot la semaine prochaine...

Hugo St-Amant Lamy
non poète
Trois-Rivières

 

Publié dans Glanures

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Je vous parle (France)

Publié le par la freniere


J'ai allumé le silence

De mes nuits trop courtes

Amasser la lumière

Qui lisse mon sourire

Avant de me glisser

Dans des draps de douleur

Aux couleurs des heures arrêtées

J'ai écorché les cicatrices

Superposé les peaux mortes

Inventé des rumeurs

Pour croire encore

Qu'il n'est pas nécessaire

De se faire mal

Ni de faire mal

Je m'immobilise....(je n'entends plus les bruits insupportables de la nationale)

...

certain de recouvrer

la vue limpide des profondeurs

un contact de mer

isolé dans un désert de sable

comme une perte enfin accepté

un désir qui renaît

d'être aussi différent

et pourtant tellement semblable

halluciné de vérité

je reconstruis mon monde

des restes de vos poches trouées

des mots que vous savez encore décocher

avec tendresse et humanité

je vous ressemble tellement

que je finis par exister

dans vos regards

je me vois et me noie

je me saisis de l'intouchable

une main sur ma poitrine

je sais que je vous parle

de vous

Jean-Luc Gastecelle


 

Publié dans Poésie du monde

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Paroles indiennes

Publié le par la freniere


LES LAKOTAS SE DÉSOLIDARISENT DES ÉTATS-UNIS

Le mois dernier, un évènement assez original s'est produit aux Etats-Unis, évènement qui, au final, n'a suscité que peu de commentaires et qui pourtant permet de mieux comprendre la philosophie des Amérindiens. Cet évènement, c'est la rupture des traités signés entre les indiens Lakotas (Sioux) et les Etats-Unis!

Les Lakotas ne se revendiquent plus citoyens des Etats-Unis. "Nous ne sommes plus citoyens des Etats-Unis d'Amérique et tous ceux qui vivent dans les régions des cinq Etats que comprend notre territoire sont libres de nous rejoindre", a déclaré leur représentant Russell Means, lors d'une conférence de presse à Washington.

Cette déclaration ne peut être considérée comme du séparatisme puisque la philosophie originelle indienne ne connait pas l'idée de propriété. La Terre appartient donc à tous, mais les Lakotas refusent d'être assimilés à des Etats-Uniens. Aujourd'hui, ces descendants de Sitting Bull assument leur identité avec fierté sans pour autant déclarer aucunement la guerre à quiconque!

Ce fait illustre parfaitement la différence qui existe entre l'Etat et l'identité! Si nous appartenons tous à l'Etat, il n'est pas insultant de dire que certains de ses habitants de se reconnaissent pas comme tel ou assument une double identité.

On ne pourra pas reprocher à des indiens de vouloir diviser, eux dont la philosophie panthéiste que je partage réside dans cette petite phrase de Spinoza: "Dieu, c'est à dire la Nature". Nous sommes une partie de la Terre et elle fait partie de nous! Voici une philosophie qui intégra la complexité du monde bien avant que nos philosophes en parlent.

Glané sur le blog de Gaël Briand

 

 

Publié dans Paroles indiennes

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Au lever du soleil

Publié le par la freniere


Je t'aime au lever du soleil,
au zénith, au couchant,
du crépuscule au nadir
et d'aval en amont.

Je t'aime du nord au sud,
de l'est à l'ouest,
de la grotte de Lascaux
jusqu'à l'Eldorado,
de l'eau qui brûle
jusqu'au fleuve sans lit.

Je t'aime de la base au sommet,
de l'image dans l'ombre
jusqu'au révélateur,
de la mémoire à l'acte,
de la parole au geste.

Je t'aime de la pierre au poème,
de la terre entre nous
au clair de tes yeux,
de l'épeautre à l'épaule,
de la plaine à la mer
là où la source perd son eau
pour devenir la vie.

Je t'aime à l'improviste,
à l'imprévu, à la chance,
du trait d'encre à l'épure,
des images en éclats
au vitrail du ciel,
de l'infime à l'immense.

Je t'aime de jour en jour,
de plus en plus,
de mieux en mieux,
de mon ombre polaire
jusqu'à ton cœur solaire,
de mes bras à tes mains,
de l'espace à l'espoir.

Je t'aime à l'impossible,
du corps jusqu'au l'âme,
de l'archet au violon,
de l'arbre à la musique,
de la tige à la fleur,
de la vie à la mort.

Je t'aime à l'infini,
de babord à tribord,
de la soif à la source
et du réel au rêve
comme la terre boit son eau.

 

 

Publié dans Poésie

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