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Ils ont dit

Publié le par la freniere

Ajouter au dictionnaire, me propose le correcteur orthographique de mon traitement de texte après avoir souligné de rouge le mot jihadiste. Je dois m’y résoudre. Ce mot risque de revenir, en effet.

Éric Chevillard

 

Publié dans Ils ont dit

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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

Il faut garder ses yeux d'enfant pour grandir en sagesse.

Publié dans Aphorisme du jour

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Paroles indiennes

Publié le par la freniere

Née de la pluie

Je suis née de la pluie et de la terre
J'ai grandi dans l'insouciance de mon enfance
Tu es fait de cendres et de poussières
Où te mènera donc ton inconscience ?

Je suis née de larmes et de rêves
Toute ta triste vie n'est qu'illusion
Maintenant je fais une longue trêve
Avant de te rejoindre dans ta prison.

Je suis née de sons et de musique
Avec le rythme du tambour ancestral
Qui capture tout silence cynique
Et réchauffe ce froid théâtral.

Je suis née plein d'étoiles dans mon ciel
Elles illuminent ma vie qui parfois se fait sombre
Elles donnent à ma vie un goût de miel
Plus jamais, je ne serai qu'une ombre.

Rita Mestokosho

Elle appartient au peuple innu, peuple amérindien du Canada, dont le territoire se situe dans le Labrador. Elle est porte-parole de son peuple et participe activement à la défense de sa culture et de sa langue.

Publié dans Paroles indiennes

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Tout est paradoxe

Publié le par la freniere

Lorsque j’ai perdu une jambe et une main, je savais que la vie n’était pas terminée. Je savais aussi que plus jamais elle ne serait égale à ce qu’elle avait pu être. La perte devenait le point qui termine. Et, je sais aujourd’hui, que malgré la diminution de mon corps, de ses capacités et de son apparence, je persiste à aller de l’avant. Attiré malgré moi comme une momie vers son sarcophage.

Tout est paradoxe. Je suis une concentration d’énergie se consumant dans le désordre organisé de la matière. La pensée n’est alors qu’une forme de prière, une méditation du vide et de la dépossession.

Tout ce temps parcouru avec la seule certitude qu’il faudra s’en défaire, s’en rasséréner pour résolument terminer sa course dans le silence. Ce défi prétentieux termine irrémédiablement dans l’abandon complet et total de toutes choses éprouvées. Cette comédie aux synopsies fatalement mortelle vaut-elle la douleur qu’on lui concède ?  

Je m’y dilue néanmoins comme un ruisseau se verse dans la rivière. Je suis un fleuve qui s’écoule tout entier dans un ravin. Le tragique de mon existence s’entortille dans son désir éperdu de clarté. Alors pourquoi ne pas autoriser la mort à venir négocier sa part d’amour avec la vie ? 

 

- Mieux que la vie, l’amour. Mieux que l’amour, la mort. Mieux que la mort, la vie.

Où est mon cœur ? Perdu dans sa toilette ? 

 

L’Ego, cette outre avide pleine de cris et d’insolence

                               coule à flot dans le jour poreux

               comme l’eau dans son silence transparent.

Comme l’instant liquide de l’aveu inaudible.

              Quelqu’un en moi déchire l’illusoire battement de la lumière. 

 

Sais-tu comment dans l’aube d’un désir criard,

            comment se répare le corps

            lorsqu’il fronce comme une page froissée ? 

 

Et, cette odeur de gésine brièvement alliée à la parole,

                          L’entends-tu s’enraciner dans le dire ? 

 

Demain, aujourd’hui à paraître.

                                 La fumure d’exils amoncelés, la chute après le souffle.

                                 Le ferment dans la poitrine s’efface

                                 à la bouche de la hyène mordante du désir,

                                 sur l’onde courte et l’aveugle citerne de la voix. 

 

Mon chant est un hurlement, mon corps une inscription.

                Je suis passeur dans la clarté mûrie.

                Je suis cascade au fond de mon bois tari.

                Je suis le déplacement où frémit le rinçage,

                et la cendre tremblante de mon levain. 

 

Et voici cette brèche se perdant dans une autre plus grande encore. Où sont les videurs de rivière ? Où sont les vifs crénelés de la matière ? Le bleu s’envole en rase-motte, ma terre est un ventre remplit de morts. Ma vie est pliée comme une rumeur tord les boyaux de mes rêves. Je ne tiens plus l’âge de la neige, je ne sais plus le courage de la graine qui ensemence la vallée. Quelques empreintes s’agitent dans la boue. Les pierres sont vivantes et mon cœur est une frégate dénudée. 

 

- Bruno Odile - Tous droits réservés ©

 

Publié dans Poésie du monde

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Le cercle de l'arbre

Publié le par la freniere

La vie. Le cercle de l’arbre. La vie spiralée à la campagne où il arrivait que les puits se taisent en ces journées salivaires de grandes chaleurs qui n'en finissent pas. Ça va finir! Les saisons s’entretiennent les unes les autres, se succèdent en poupées russes invisibles, remuant parfois le radical palimpseste, l’insupportable en filigrane, bardassent sans cesse le sol raviné aux mille sexes assoiffés qui germent et germinent sous le Soleil de la Terre. Enfin une pluie battante à l'horizon! Mais voici venir déjà l’automne. La prévision ultime. En ce temps-là, Doloré, mon père, faisait de la conjugaison au champ avec son cheval le plus musclé, attelé, maniant de ses bras veinés la charrue, jurant, suant, mettant le feu aux pierres qui jaillissent et roulent sous le socle. Traceur de sillons pour amadouer le ventre. Allers-retours comme les vers d’un vaste poème masculin dans la signature éphémère et bouleversante des êtres. Penser à plus tard avant le gel. Semer en mai. Espérer le bon vent. Silence. La douceur.

Mesurer la rudesse traversant la poussière des travaux et les jours fut la première leçon aratoire retenue par la bagatelle de mes yeux. Ruralité sonore, comme rivière millénaire. À l’air libre. Si concrètement portageuse. L'inoubliable dépassé.

Et voilà l’enfance de l’art comme révélée, malgré tout.

 

Jacques Desmarais

Publié dans Poésie du monde

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C'est arrivé

Publié le par la freniere

C'est arrivé doucement
une approche
un froissement de tissus
dans la bande son
un point de colle
sur l'image
et puis le sentiment confus
que ça cloche
un contre-chant
un contretemps.
J'avais trois ans peut être,
la pellicule qui s'effiloche
le film qui saute
et moi qui me dédouble

dans la déchirure
et tombe.

L'escalier sombre
la poussière grise
sur les marches noires
les marches noires
la poussière grise
la toile d'araignée
comme une voile
dans l'escalier
qui attend le vent
comme j'attends...

C'est arrivé doucement
un froissement de tissus
un frémissement d'idée
une ombre dans le miroir
que j'ai suivie
et le film a repris

Du fond de mon miroir
je regarde l'écran
et j'y fais bonne figure
je leur donne l'illusion

je fais semblant

de suivre la mesure

 

Christian Erwin Andersen

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Yves Auclair

Publié le par la freniere

Yves Auclair
Yves Auclair

Yves Auclair roule sa bosse dans le milieu des arts visuels depuis belle lurette en présentant ses ouvres autant dans les lieux publics marginaux(Bars, Restaurants) que dans des lieux officiels, réseau des maisons de la culture et Musées. Son ultime conviction « peindre ». L’artiste exploite son œuvre tant dans un contexte environnemental, en direct, par des installations picturales et sculpturales, par la performance et en participant à des symposiums.

 

L’ensemble de son œuvre se veut à première vue une vision

 « fragmentaire » culturelle présente dans notre inconscient collectif. Est-ce par fascination cette représentation d’icônes d’une culture qui nous est familière(culture populaire ), célébrités du monde politique, littéraire et culturel ? Ou par prétexte pour ne pas oublier qui ils étaient ( Les Nelligan, Levesque, Julien , Tremblay …), qui sommes-nous; se rappeler, se remémorer (je me souviens…) ou encore par besoin et pour le plaisir de peindre? Au-delà de ces symboles, clin d’œil à Andy Warhol, figure de proue du pop art américain qui s’appropriait les portraits d’icônes, dont les plus connus, Mao Tse Toung, Marylin Monroe… Auclair  nous dira que son sujet n’a pas d’importance , mais que la composition dans l’œuvre demeure sa priorité.

 

Dans certaines œuvres l’imagerie populaire  se trouve délibérément fragmentée par l’artiste. Morcelée, éclatée en fragments ( morceaux de visage…) oubliant même le motif initial (son sujet-prétexte) laissant libre  cours à la  reconstitution de l’image, se la réappropriant, réactualisant l’histoire à partir d’indices  émanant de la composition de l’œuvre, une sorte de jeu-questionnaire visuel. Des indices, des chiffres, des lettres , confèrent un caractère énigmatique fournissant nombre de repères à qui veut bien se prêter a jeu de l’interprétation.

 

L’artiste nous dira n’avoir aucune démarche artistique précise. «Tout s’organise sur la surface ». Texture, dégoulinure, forme évidée (pochoir), contraste, perspective, assemblage, montage rendent compte d’une technique exécutée avec raideur, d’une gestuelle qui peut parfois provoquer une réaction de dureté (éclatement/fragmentation).

En rassemblant les fragments extraits d’une même œuvre d’art, 

s’organisent entre elles les pièces du puzzle forcément incomplet, dont la composition  d’un nouveau tout contribue à créer une autre réalité (solutions imaginées/germe d’une œuvre à venir).

 

« Je suis un peintre-pochoiriste de très grand talent….. y é frais le p’tit gars….. J’aime ce que je fais et j’ai besoin de ça pour vivre. La peinture est pour moi une nourriture comme respirer, dormir ….»

 

Yves  Auclair termine des études universitaires à  l’Université du Québec à Montréal  en 1973. En 1988, il est récipiendaire de la bourse B----- bourse d’aide à la création des Affaires culturelles du Québec et lauréat en 1985  du prix CÉLÉBRATION VI (Pandora’s) décerné par le New Museum of Contemporary  Art de New York. Depuis 1974, il multiplie, année après années, ses interventions artistiques notamment a Montréal, St-Jérôme, Danville, Victoriaville, Toronto (exposition de peinture de groupe à la galerie Grunwald, 1985), New York (exposition de groupe au New Museum Contemporary Art, 1985 et peinture en direct à la Dancetéria, 1984), et particulièrement a St-Fortunat dans la région Chaudière-Appalaches au Québec  où il vit et travaille tout en s’impliquant dans sa communauté.



 

Publié dans Les marcheurs de rêve

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John Trudell (1946-2015)

Publié le par la freniere

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Une bougie

Publié le par la freniere

Maintenant c'est l'hiver. Maintenant il n'y a plus de jardin. Dans la nuit, elle écrit à la lueur d'une bougie. Seule avec cette lumière vacillante. Toutes les maisons ont été embellies, traversées, quittées. Reste l'initiale grotte et la pluie qui tambourine. C'est de là qu'elle écrit, du lieu qui ne se bat plus, qui ne cherche plus d'écho ni d'espoir. Maintenant elle est grande, plus grande que les leurres. C'est difficile. Les mots s'enchevètrent comme ils peuvent. Chaque mot est seul. Dehors est cruel, indifférent jusque dans ses emballements. Le silence des ratures charge le texte. Des ailes vibrent sans marge d'envol. Pattes d'oiseaux sur la neige, graffitis, traces vivantes et muettes. Tout s'éloigne. C'est un courage ordinaire.

Ile Eniger

 

Publié dans Ile Eniger

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

La poésie ne contourne pas la philosophie, elle ne redouble pas la littérature, elle ne renie pas la politique, elle se situe seulement sur un autre plan, comme la musique se situe sur un autre plan que celui du bruit. 

 

Adeline Baldacchino

Publié dans Ils ont dit

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