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Les bâtiments Saint-Julien: un trésor patrimonial et un outil indispensable pour le développement régional

Publié le par la freniere

Il faut réagir quand des dirigeants municipaux, sans mandat décident de ne pas tout faire pour permettre l'arrivée de projets de développement basés sur la connaissance et l'utilisation du patrimoine.

Ce fut notre première pensée quand nous avons appris le refus de la municipalité devant l'offre qu'un promoteur associé avec un Cégep offrait pour la relance des Bâtiments St-Julien (BSJ).

Nous continuons à affirmer que les objectifs qui supportent l'existence de la COSODÉLO sont essentiellement de tout faire pour assurer le classement des BSJ comme trésor patrimonial et environnemental, de créer des possibilités de travail pour ses membres travailleurs, de garantir des biens et services pour ses membres utilisateurs et le recrutement de nouveaux membres de soutien.

Nous rappelons que les moyens doivent s'inscrire dans une approche renouvelée en initiant et soutenant la création de coopératives de travailleurs entre autres.

L'approche coopérative et solidaire doit en être le ciment, une solidarité qui accueille, qui s'enrichit des différences et des innovations inventives. Tout cela dans le respect de la démocratie et des règles.

La Cosodélo a fait son travail, mais les dirigeants politiques de St-Ferdinand ont dormi au gaz ou ont été étourdis par le mouvement des hélices de leur parc industriel éolien qu'ils veulent enfoncer de force dans le paysage ce sans la volonté de la population, ce même si cela va créer des dissensions irréparables.

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Le souffle de Vent du Nord

 

Aujourd'hui nous sommes solidaires avec ceux et celles qui mettent en application les principes de solidarité, de démocratie et de partage.

Nous croyons toujours aux objectifs de la COSODELO et faisons nôtre ses principes et missions.

Ne somme-nous pas parmi les initiateurs, penseurs, travailleurs?

Aussi, nous croyons salutaire d'inscrire nos énergies comme nouvelle force pour affirmer l'importance et la nécessité de garder debout dans une vocation renouvelée cette ressource patrimoniale et environnementale propriété de l'ensemble des québécois. Quelques groupes affairistes et opportunistes n'ont pas à en décider de son sort sans une importante consultation, libre et ouverte.

Vent du Nord est un groupe de réflexion indépendant qui met de l'avant une société ouverte s'appuyant sur des valeurs, moyens et outils d'action raisonnables, responsables et

démocratiques. Son champs de travail principal embrasse les ressources patrimoniales dans différents domaines d'action caractéristique d'une société accueillante, ouverte, curieuse, rêveuse, ricaneuse, ironique, chaleureuse, amoureuse, bienheureuse, solidaire, populaire, démocratique, économique, créatrice, agricole, inventive, susceptible, fragile, explosive,

 généreuse, calculatrice, industrielle, virtuelle.

À court terme nous existons pour proposer le droit d'existence d'une société de partage et démocratique capable de donner aux citoyens son véritable pouvoir de représentation et de participation pour contrer les intérêts des groupes financiers, politiques, affairistes et autres.

Aujourd'hui, à notre travail pour affirmer la prévalence de projets de vie affirmant la possibilité et les avantages d'alternatives à l'installation d'un parc industriel de production d'éoélectricité en terre agricole patrimoniale habitée dans les Basses Appalaches, région de l'Érable, St-Ferdinand, Ste-Sophie, Ste-Pierre- Baptiste, nous ajoutons le droit à l'existence, à la conservation et à l'utilisation renouvelée pour les BSJ et les propriétés territoriales environnantes.

Ils peuvent accueillir toute la vie sociale, administrative, publique, culturelle et créative de St-Ferdinand et de certaines municipalités environnantes. Ils peuvent bénéficier de la passion curieuse d'un groupe de recherche sur l'utilisation des nouvelles énergies en milieu agricole patrimonial et habité. Ils peuvent se dynamiser des expressions et innovations d'un centre

de création multidisciplinaire pouvant dans un premier temps accueillir un Centre du Cinéma Indépendant. Ils peuvent permettre de rassurer la population citoyenne en réactivant un centre de soins et de services de Santé et de séjour. Ils peuvent offrir le confort de logements et services pour des citoyens de tous les milieux et touts les origines. Ils peuvent accueillir un Centre pour la conservation des Sculptures monumentales et des arts de récupération.

Toutes ces activités sont essentielles parce qu'inscrites dans le cadre de l'affirmation de la

nécessité d'un développement responsable, raisonnable.

Dernièrement ils pouvaient recevoir un promoteur désireux d'y installer une école de

formation sport hockey avec la participation du Cegep de Victoriaville pour l'encadrement des matières académiques.

Nous avons appris que ce projet a été refusé en raison de dirigeants municipaux incapables de carburer aux nouvelles idées.

D'ailleurs quand on apprend qu'une petite municipalité comme Nouvelle en Gaspésie a réglé

la problématique d'un réseau internet à haut débit pour ses citoyens en en faisant un service public accessible pour chaque utilisateur au coût de 50.00$ par année en plus du coût de décodeur (500 pour toute la vie) on peut se rendre compte ce que sont des administrateurs publics qui travaillent non pour défendre le béton et la destruction comme outils de développement.

Les BSJ et ses territoires sont des ressources du milieu créé par le Québec dans un geste de commisération. Ils sont partis d'un patrimoine architectural et patrimonial à protéger et

partager. Ils sont traces de notre générosité, de notre sens du respect des différences.

Ils sont un signe de nos imperfections. Ils témoignent de notre être pour les générations à

venir. Ils sont signes importants et cruciaux pour comprendre qui nous sommes, socialement,culturellement, artistiquement, humainement.

 

Présentement, il y a des groupes qui demandent ou appuient le mandataire du propriétaire

pour procéder à une démolition sauvage et irraisonnable à notre responsabilité historique

et sociale. Nous avons l'obligation de ne plus couper un arbre qui l'a déjà été. Il faut plutôt le réutiliser, le bonifier, le perpétuer.

Les propriétaires, les Québécois, n'ont jamais été consultés pour savoir si un tel projet de

démolition, de disparition d'une partie de notre histoire devait se produire. Aujourd'hui, c'est en leur nom que nous demandons qu'ils le soient, pour ce projet et pour tous les autres qui mettent en danger nos trésors patrimoniaux, confirmés et non reconnus par les Commissions officielles.

Le mandataire des propriétaires doit refuser de se faire dicter ses comportements par des

groupes d'intérêts qui ne peuvent profiter directement de son statut de bien public et collectif à conserver pour une occupation renouvelée s'appuyant sur une coopération cimentée par la solidarité et sa dynamique de partage. Il ne doit pas devenir le complice, par un investissement dans sa démolition et permettre ainsi qu'un trésor national puisse profiter à des individus. Il ne doit pas permettre qu'à partir de ruines financés par les propriétaires, des individus construisent une bulle spéculative s'appuyant sur la construction d'ensemble immobilier où ils seront les instigateurs et profiteurs, tout en augmentant la charge fiscale de l'ensemble de la communauté où est située cette ressource patrimoniale, St-Ferdinand.

Présentement dans cette municipalité et les environs, il y a de nombreuses propriétés à

vendre. Tout projet de nouvelles résidences deviendrait concurrent pour ces propriétaires.

De plus ce boum artificiel de construction pourrait jouer à la baisse sur la valeur marchande des propriétés, ce sans oublier les effets dévastateurs d'un éventuel parc industriel éolien.

Sans oublier que les taxes de ces propriétaires historiques serviraient à financer la mise en

place des infrastructures de ce nouveau développement résidentiel construit par ces nouveaux promoteurs qui n'auront pas payé le juste prix pour s'emparer indument des vestiges résultant de la destruction d'une ressource patrimoniale.

Les intérêts de ces groupes ne peuvent se substituer à l'obligation de conservation et d'utilisation renouvelée d'une ressource collective pour et par une collectivité.

 

Nous exigeons:

1- un moratoire et

2- la création d'un comité indépendant, avec une majorité de représentants de groupes

citoyens, pas juste des affairistes et sectaires du développement, avec pour mandat:

- l'évaluation des demandes historiques

- préparation d'un cahier pour appel d'acquisition proposant conservation, mise à niveau

et occupation renouvelée pour ce patrimoine architectural et territorial s'appuyant sur une

coopération solidaire et de partage.

- Mandat à ce comité de négocier avec le mandataire des propriétaires. Il est entendu

que le financement des phases conservation et mise à niveau devraient mettre à contribution

les ressources financières que le mandataire des propriétaires réservait à sa démolition.

- publication et mise en place des mécanismes d'évaluation des offres.

Si le Gouvernement par la CHQ est prêt à mettre plusieurs millions de dollars pour démolir, nous croyons qu'une partie de cette sommes pourrait être utilisée pour une étape garantissant réflexion, négociations, appel d'offre pour rendre opérationnel par étape ce trésor national.

Nous rappelons que toute approche devrait privilégiée une coopération solidaire.

 

Le 17 juin 2012

Serge Gagné

Pour Comité Vent du Nord

 

Jean Gagné Christiane Tremblay Jean-Marc La Frenière Diane Boucher Serge Gagné

Publié dans Glanures

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La parole est aux actes

Publié le par la freniere

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La matière du monde

Publié le par la freniere

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Déchirant l’apparence, de l’horizon des dents à la raison des hommes, je crache un alphabet pour

aider au bonheur. Je trace des esquisses entre le nu et l’inconnu. Je demande aux oiseaux, aux abeilles,

aux ruisseaux de me prêter leur voix, à la pensée des blés de sourire un peu plus malgré les pesticides,

aux oies romanichelles de faire chanter le ciel. L’amour seul vaincra les usuriers du coeur. Le Dieu

des riches n’a pas à convertir les pauvres. Ils se partagent entre eux la prière du pain. Ceux qui palais, ceux qui taudis, ceux qui balai, ceux qui maudit, ceux qui bureau, ceux qui moisson, ceux qui comptent,

ceux qui racontent, ceux qui désespèrent et ceux qui rêvent encore partageront leur bien. Je

veux le monde dans son entier, sa beauté, sa misère, son amour. Je veux les hommes debout. Je veux les

enfants libres. Je veux mille musiques, mille images, mille mots pour la parole manquant de voix. Je veux croquer la pomme sans arracher sa peau. Je veux l’osmose des nations avec chacune sa langue

entière.

 

À paraître en août 2012 aux Éditions Trois-Pistoles 

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Choisis ton côté

Publié le par la freniere

 

 

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La star du rodéo

Publié le par la freniere

 

 

Publié dans Denis Vanier

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Nous, on sait

Publié le par la freniere

Vous arborez un carré rouge ? Il n’en faut pas plus dorénavant pour qu’on laisse entendre que vous pactisez avec « l’intimidation » et « la violence », comme vient de le faire la ministre Christine St-Pierre pour Fred Pellerin. Car « nous, on sait ce que ça veut dire », le carré rouge, car « nous », on est le Pouvoir, et l’on a amplement les moyens de sévir en donnant aux mots et aux symboles le sens qui nous convient.

 

Si un gouvernement d’« élus » prétend détenir à lui seul toute la légitimité démocratique, il en usurpe du coup l’exercice jusque dans son principe. Dans un État de droit, nul pouvoir n’a la prérogative de contraindre, par l’insinuation ou la menace, le citoyen que je suis à renoncer à son droit d’exprimer pacifiquement sa dissidence. Un morceau d’étoffe n’est pas un cocktail Molotov. Avoir stigmatisé sur la place publique le conteur qui ouvre si généreusement l’espace d’un rêve à partager, c’était le traiter avec bassesse. Et cela revient surtout à signifier le dessein de « mettre au pas » les artistes et les intellectuels, ainsi qu’à donner libre cours à l’arbitraire et aux abus que ne rougit pas de commettre un État policier.

 

Ce n’est pas à un gouvernement que nous devons le droit d’agir en citoyens libres et responsables, mais à nos ancêtres, qui se sont battus, parfois jusqu’à la mort, pour l’obtenir. C’est précisément en désignant publiquement comme des fauteurs de trouble ceux qui, pacifiquement et de ce fait en toute légitimité, refusent d’approuver son « nous, on sait ce que ça veut dire » que le gouvernement Charest recourt délibérément à l’intimidation et fait peser la menace d’un usage illégitime de la violence d’État - en n’hésitant pas à provoquer ainsi le désordre au sein de la société civile dans le but de faire taire les récalcitrants.

 

C’est désormais avec une détermination affermie qu’en toute occasion je porterai le carré rouge pour rappeler, à ceux qui apprécient tellement chez les gouvernés l’inclination à la servitude volontaire, que j’appartiens à un peuple libre et souverain.

 

Paul Chamberland

Publié dans Glanures

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De la tête au talon

Publié le par la freniere

Tout était en suspens. Du mouvement des astres aux mouvements des muscles, de l’amibe aux idées, de la cosmogonie à la semence intime, du carré de sable au désert, des vagues de la mer au vague à l’âme, de la migration des oies à celle des neutrons, de la douceur du ventre à la douleur des larmes, des grands monstres sauriens aux nouveaux androïdes, il y eut la naissance. Cela était noyau, cela devient un fruit, un fruit qui donne vie à celui qui en mange. Chaque atome a sa place dans ce monde qui bouge. Les oiseaux chantent. Le tonnerre gronde. Les grillons strident. L’eau siffle quand elle bout.  L’oreille se prête aux sons qui passent. J’écoute respirer la terre, le vent qui souffle dans les arbres, le clapotis des vagues, le bruissement des insectes. Sur le vert des collines, les coquelicots se mêlent aux taches de rousseur. Un tronc d’arbre crépite à force de cigales. Les corneilles comme toujours manigancent à tue-tête. Le vent n’en finit plus de piétiner les feuilles. Des bulles de soleil pétillent sur le lac. La brosse des orties frotte la peau de l’air. Les bouleaux laissent voir leurs pansements de pauvres. Les nuages bougent à peine dans les filets du ciel. Le goût de l’herbe dans ma bouche me ramène à l’enfance.

        

Des langues inconnues alimentent chaque mot. Un fleuve mnémonique irrigue chaque ride. Le mot résiste aux bruits des choses comme le roseau résiste au vent. La métaphore est un grain de cumin qu’on ajoute au pain frais, une couleur au tableau, une chair aux neurones. Chaque parole est unique comme une sève identique différenciant chaque arbre. De la couleur locale à la couleur humaine, il y a plus qu’un pinceau. Il est inutile de chercher plus loin, ce que l’on trouve est toujours ce qu’on apporte. Lorsque j’écris, je donne du pain aux mots et la parole aux morts. La page de papier, le petit trait de plume, la tranche du cahier, c’est mon poids qu’ils supportent. J’ai beau me faire léger, les mots sont lourds quelque fois, les phrases trop pesantes, les images trop noires.

 

Les miracles auxquels on ne croit plus n’arriveront jamais. Il y a pourtant à fleur de tête tant de magie possible, tant de bonheur au bout des doigts. Dans les mûrissements, les germinations, les grouillements, les gésines, ce que féconde la mort alimente la vie. C’est une pâte qui lève grâce au levain du temps. Tout ce qui vit est ripaille et curée, de la fange éphémère à la poussière du pollen. Un immense chaos donne les formes les plus pures. Dans cet espace boulimique, chaque atome est un germe. Chaque fleur est un fruit. Chaque seconde est une boite de Pandore. Chaque poumon quête la nourriture de l’air. Chaque montée de sève croise la chlorophylle. Mes yeux s’accrochent à la terre sans négliger le ciel. Bandant le fil de la parole, je me tiens comme un arc de la tête au talon.

Publié dans Prose

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Fernand Dumont

Publié le par la freniere

Fernand Demoustier, qui utilisa le pseudonyme de Fernand Dumont, est un écrivain surréaliste belge né à Mons le 28 décembre 1906 et mort le 15 mars 1945 au camp de concentration de Bergen-Belsen.

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voir wikipédia

 

Je suis très près, je me tiens très près depuis des années de ce que vous écrivez et j’ai quelquefois l’illusion, le long de l’influence du soleil, que telle phrase dont le commencement vous est donné, s’il m’était donné, je ne la finirais pas très différemment de vous. Ce langage que vous parlez est celui qui m’est le plus cher, celui de la généralisation duquel je tiens le plus. Je l’aime jusque dans ses faiblesses nécessaires, il a pour moi la saveur de l’originel.  André Breton

 

Bibliographie

 

A ciel ouvert, Éditions des Cahiers de Rupture, La Louvière, 1937.

La Région du cœur [trois récits], Éditions du Groupe surréaliste en Hainaut, Mons, 1939.

Traité des fées, Ça ira, Anvers, 1942.

La Grande Nocturne, dans "Les deux Sœurs" n° 1, Bruxelles, 1947.

La Liberté, Éditions de Haute Nuit, Mons, 1948.

L'Étoile du berger, Labor, Bruxelles, 1955.

La Notion de Famille, dans "Savoir et Beauté" n° 2-3, La Louvière, 1961.

Film surréaliste, Les Lèvres nues, Bruxelles, 1970.

Quatre poèmes, dans "Le Vocatif" n° 127, Bruxelles, 1977.

Dialectique du hasard au service du désir, préface de Louis Scutenaire, avec un portrait par Max Servais, Brassa éditeur, Bruxelles, 1979 (292 p.)

 

 

Tu ne le connais pas

cet homme

aux lèvres inabordables

aux injures décisives

au masque de refus

aux yeux de fin du monde

 

Cet homme qui ne sait plus

s’il doit brûler ce qui lui reste encore de vie

ou lui lancer au cœur ce qui doit la tuer

 

Cet homme qui te parle à voix basse

tous les soirs

comme s’il avait peur

du monde

et de toi

 

Tu ne l’as jamais vu

se pencher à tomber

sur les précipices de ton absence

et ne se rattraper

par un miracle d’équilibre

qu’aux extrêmes sonorités de ton rire

jeune

et frais

comme un matin d’avril sur les pommiers en fleurs

 

*

 

Trop tard

pour échapper à ce nuage éblouissant

qui monte dans un ciel encombré de présages

 

Nous serons pris par la tempête inoubliable

celle où l’on voit avec stupeur

les plus solides importances

balayées comme des fétus de paille

 

La mort du grand-père

aucune importance

 

La réputation

merde

 

C’est de vivre qu’il s’agit

ni plus ni moins

que pour ce fagot de branches noires

dont nous nous demandions s’il était bien possible

qu’il puisse encore un jour être couvert de roses.

 

*

 

Impossible de s’y tromper

c’est toujours au bord du monde

que nous nous rencontrons

à l’heure où les dernières fantaisies

s’éteignent une à une

dans le brouillard des apparences

 

Il n’y a plus ici qu’une immense lumière

qui passe en crépitant de tes regards aux miens

 

Il n’y a plus autour de nous

qu’un grand espace vide

à peine traversé de tramways invisibles

et de bruits inutiles

 

Et s’il reste encore une très petite place entre nous

c’est pour y recevoir

notre désir de la voir disparaître

 

Fernand Dumont

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Manifeste citoyen

Publié le par la freniere

     Depuis Victoriaville, depuis le 4 mai 2012, la crise sociale qui secoue le Québec a pris un tournant qui pourrait être décisif. Le conflit est désormais ouvert qui oppose une élite de dirigeants, de puissants et de mandarins et un nombre croissant de citoyens résolus à défendre la justice pour tous et le respect des droits fondamentaux.

     Car nous vivons toujours dans un État de droit.

     À Victoriaville, contre des manifestants en grande partie pacifiques, les « forces de l’ordre » se sont ruées, sans avertissement audible, dans une charge brutale, démesurée, aveugle. Et des policiers sont allés jusqu’à entraver l’intervention de secouristes, avec un mépris cynique de la dignité humaine. Plus grave encore, le premier ministre du Québec s’est non seulement abstenu de condamner ces excès mais il a eu le front de déclarer le travail des policiers « remarquable ». L’élu du peuple pourrait-il encore prétendre revendiquer pour lui une légitimité démocratique qu’il est tenu, par sa fonction, de maintenir?

     Désormais, les étudiants savent fort bien qu’ils ne sont pas seuls : de tous âges et de toutes conditions, nous nous tenons de plus en plus nombreux à leurs côtés. Nous savons désormais que le fusil pointé sur Maxence Vallade ne visait pas qu’un collégien désarmé : tous les citoyens qui oseront dénoncer l’obstruction, sans cesse aggravée, à l’exercice du droit, garanti par des chartes, à exprimer leur opinion, à s’associer et à manifester pacifiquement sont dans la mire des hommes de main du pouvoir. Et ce pouvoir est redoutable puisqu’il est en réalité celui de puissants intérêts financiers qui dictent leur « politique » à des élus qui s’emploient à les « représenter » tout en déclarant servir l’intérêt général.

 

     Nous, citoyens résolus à revendiquer et à faire prévaloir une vie démocratique qui soit autre chose qu’un simulacre, nous jugeons impératif qu’elle se manifeste en tout lieu et en toute occasion, telle qu’assumée par chacun selon l’enjeu d’un vivre ensemble inépuisablement diversifié dans ses aspects. Cette légitime aspiration, c’est plus qu’il n’en faut pour faire barrage, sans recourir à la violence, aux menées de ceux qui ne voient là qu’une entrave à la poursuite de leurs intérêts particuliers. Rien d’étonnant à ce qu’ils y tiennent, à ce simulacre grotesque que serait un système démocratique strictement réduit à des astuces procédurales, et pour les citoyens, au seul exercice du droit de vote. Car ce qu’ils apprécient par-dessus tout, c’est l’inertie d’une majorité célébrée comme « silencieuse » : une population amorphe d’« utilisateurs-payeurs » qui ne font pas de manières, — qui se taisent. Ils s’en déclarent du reste sans gêne les interprètes autorisés. Et ils s’ingénient par tous les moyens à faire danser des citoyens-pantins fermement assujettis à leurs fils, et télécommandés grâce aux bonimenteurs appointés de leurs conglomérats médiatiques.

 

     Des citoyens se taisent ? Ils ont peur ? Ils se jugent impuissants à changer quoi que ce soit ? Et peu importe le prix, ils sont prêts à céder à la raison du plus fort pour assurer leur tranquillité ? Attention ! Combien parmi eux en sont arrivés là parce que, souvent dès l’enfance, on les a convaincus de leur prétendue infériorité, qu’on les a humiliés et mutilés moralement ? Et il en est tant qui sont rivés à des conditions de vie dégradantes sans l’espoir de s’en sortir.

     En chacun de ces êtres, subsiste intacte la protestation d’une dignité offensée, que le ressentiment laisse entrevoir autant qu’il la trahit. Si nous prétendons  vraiment vouloir en finir avec le détournement honteux de la souveraineté populaire, nous tenterons, en toute occasion, de leur redonner le goût de vivre la tête haute comme des personnes libres et des citoyens responsables.

 

     Ce qui se passe à présent au Québec est indissociable du cours actuel du monde. Qui, pour un regard attentif et lucide, est emporté vers une destruction massive. Partout sur la planète, un clan de superprédateurs est décidé à tout réduire à l’état de marchandises ou de déchets, y compris les êtres humains. Il est urgent de s’aviser qu’ils ne reculeront devant rien pour imposer leur loi hors loi et leur désordre létal. Tous ceux qui refuseront, peuples ou citoyens, de se soumettre devront bientôt compter avec la menace d’une répression généralisée, et au besoin sanglante.

     Mais peut-être n’est-il pas trop tard. Désormais, d’un peu partout sur Terre, des citoyens de plus en plus nombreux ont commencé à opérer leur jonction en vue d’opposer à l’assaut des destructeurs un front de résistance étonnamment ingénieux et tenace dans son avancée planétaire.

     Notre combat est québécois, mais l’enjeu est mondial.

 

     Je rêve, oui. Je rêve à une insurrection de la conscience citoyenne à la grandeur du Québec. Une insurrection qui rallie tous ceux qui veulent pour tous et pour chacun une démocratie où vivre libre et vivre ensemble soient d’un seul tenant l’alpha et l’oméga de tout agir politique.

     Je rêve d’une insurrection de la beauté, où l’imagination partagée fait surgir l’invention d’une communauté de citoyens solidaires, et adonnés à l’œuvre de justice qui rende à chacun l’initiative de faire don aux autres de son irremplaçable singularité. Comme un diamant multiplie son éclat par toutes ses facettes.

     Je rêve, oui, mais je sais que je ne suis pas le seul à rêver.

     Nous rêvons, et nous savons qu’en nous c’est le peuple de la Terre qui est en train de naître.

 

Paul Chamberland

 

Publié dans Poésie du monde

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Marjolaine Beauchamp

Publié le par la freniere

 

 

Publié dans Poésie à écouter

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