Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Aphorisme du jour

Publié le par la freniere


Quand l'oiseau prend la plume, l'écriture s'allège.


Publié dans Aphorisme du jour

Partager cet article

Repost 0

À lire

Publié le par la freniere


Un curieux malheur est arrivé aux utopistes. La mode s'est emparée d'eux et elle les défigure. Elle nous persuade qu'un utopiste est un anarchiste, quand il ne rêve que de contrainte et d'organisation. Platon, Campanella, More ou Cabet proposent un autre enseignement. L'utopie est une logique, non une figure poétique - un système clos, non une évasion. L'utopiste déteste le temps et il l'incarcère. Il se sauve des horreurs de l'histoire en élaborant un «contre-système» politique. Une ville utopique dessine un monde enchaîné, un état cruel, une algèbre de la vie sociale.

Ce livre traite d'objets aussi dissemblables que l'horloge, le cristal, les coléoptères, le navire, le jeu d'échecs, les automates, l'art héraldique ou le marquis de Sade. La disparate de ces thèmes est éclairante : elle suggère qu'au-dessous des territoires de l'histoire s'étend un autre sol, le sol froid, silencieux et blême de l'utopie : là, dans un espace inexaucé, les êtres, les choses ou les groupes s'associent et se divisent le long d'un réseau de lignes enchevêtrées : ces lignes sont inaperçues des hommes de l'histoire.


Gilles Lapouge

Publié dans Prose

Partager cet article

Repost 0

Omid Reza

Publié le par la freniere

Il est des pays où l´on emprisonne les délinquants, c'est-à-dire ceux qui menacent leurs concitoyens par des incitations à la haine, par des actes racistes, de même que l´on y punit les tueurs, les violeurs, les voleurs, et autres incivismes.

En d´autres lieux, ce sont les partisans des Droits de l´Homme qui sont considérés comme délinquants. Ne croyez pas que ce soit dans le naziland des années 40 ou dans les goulaglands des années 70. Hélas, il est encore des pays où l´on décapite pour voir se trémousser les corps.

Il est encore des Human Rights activists (à traduire par des partisans des Droits de l´Homme) en Iran qui sont enfermés.

Le crime au Darfour, comme ailleurs, est souvent affaire d´état pour ne pas dire affaire de chapelle. Omid Reza Mir Sayafi, un journaliste blogueur iranien de 29 ans, est mort à la prison d'Evin à Téhéran le 18 mars 2009.

Le religieux s´accommode mal de la liberté de penser et de la liberté d´aimer. Ah si Dieu le voulait, le sida, ce tueur anonyme, pourrait n´atteindre que les penseurs insoumis et les chasseurs de vérité, et là, bien sûr, il faudrait vraiment supprimer à cette triste engeance l´usage de la capote !.. Mais oublions leur rêve.

Le vrai religieux ne devrait-il pas s'exprimer dans l'amour ou en étant respectueux envers chacune des créations de ce dieu qu'il dit servir ?


Jean-Michel Sananès

 


Publié dans Jean-Michel Sananès

Partager cet article

Repost 0

Aphorisme du jour

Publié le par la freniere


L'histoire des roses est plus vieille que l'histoire des hommes.


Publié dans Aphorisme du jour

Partager cet article

Repost 0

Ils ont dit

Publié le par la freniere

Plus on découvre, plus on réalise que tout ce que nous pensons, est soit complètement faux, ou manipulé, ou une désinformation. Cette condition existe que l'on parle de chemin spirituel, des mythes de l'histoire, jusqu'aux nouvelles de jour, et à beaucoup d'idées qui sont acceptées par le savoir scientifique. Nous vivons dans une réalité virtuelle de préconceptions, d'assomptions, de clichés, de stéréotypes, d'habitudes et de réponses mécaniques.

Henri See

 


Publié dans Ils ont dit

Partager cet article

Repost 0

Comme un soleil à partager (Guadeloupe)

Publié le par la freniere

Regard des peuples dont la guerre se souvient
Regard des histoires mortes sous l'écorce des défaites
Qu'un pont de mémoire rassemble leurs vignes
Et leurs vagues aux crêtes du sang humain
 
Regard de vive vallée où la rivière déplie son rêve
Regard fertile des peuples du désert
Quand le vent lève l'ondulation des femmes
Regard d'un outremonde à la croisée des couleurs
Délivre-nous des murailles et des digues
Contre les racines de l'arc-en-ciel
Regard des antilopes et des gazelles
Où l'amour prend sa source et sa gorgée de bleu
Où le poème prélève son huile et le feu de son rhum
Regard des découvreurs, des prophètes et des fous
Faisant du monde un seul troupeau
Un seul vaisseau luisant d'étoiles
Habille les terres de voiles multicolores
Et de courants fraternels
 
Poète de la vigie, du minaret, de la tour de Babel
Tressant les langues au fleuve de toute vie
Sache que même la haine a besoin du regard.
Regard du vertige de l'autre et du graffiti des miroirs
Regard du mensonge de la sève pure
Regard des cavaliers tenant la bride de l'éclair
Ouvre la terre aux rayons de l'amour
Comme un soleil à partager.
 


 
Ernest Pépin 


la revue Point Barre n°5, octobre 2008


Publié dans Poésie du monde

Partager cet article

Repost 0

La revue Décharge: autour d'André Laude

Publié le par la freniere


Sommaire du n°141

Autour d'André Laude, avec des récits et des témoignages de Serge Wellens et d'André Chenet.

et aussi:
- des dossiers consacrés à Claudine Bohi, Jacques -François Piquet et Michel Merlen
- Un entretien-fleuve avec Alain Freixe (qui vient de publier Dans les ramas, aux éditions de l'Amourier), suivi d'un choix de poèmes.
- Des chroniques, des notes de lectures et des présentations de Jacmo de Claude Vercey, Alain Kewes...
- Les invités de DÉCHARGE: Myriam Eyk, Pierrick Steunou, Romain Verger, Jean-Paul Gavart-Perret, Jacques Blot, Béatrice Machet, Valérie Schlée, Muriel Carrupt, Patrick Argenté

La couverture est de Sabrina Grezzani


Publié dans André Laude

Partager cet article

Repost 0

Le coeur à la consigne

Publié le par la freniere


L'odeur des bourreaux n'émane pas des fleurs, plutôt des porte-monnaie. Dans ce monde de consommation morbide, les faiseurs d'affaires font toujours des victimes. Les coffres à trésors dont on vend la clef sont des baudruches vides. Chacun se promène comme un fantôme en laisse. Des milliers d'enfants vivent sur des dépôts d'ordures. Les ailes des anges saignent aux barbelés de la honte. Les arbres toussent entre deux murs. Les voyageurs se perdent dans les gares du temps, le cœur à la consigne et le reste à l'avenant.  Ils attendent la vie sous un soleil avare. Rivé à son écran, quel enfant rêve encore d'une jungle et de singes rieurs. C'est trop peu de le dire, il faut marcher debout, la parole aux abois et la révolte au cœur.


Où sont passés les hommes et le sel des larmes ? Il n'y a plus qu'une ombre sous les épaules des costumes, une absence obèse sous les coutures des habits. La tête qui dépasse n'est que celle d'un masque. La bouche et les yeux restent vides. La cavité centrale est une tirelire. Certains n'ont plus qu'un œil au bout d'un fusil. À chaque fenêtre des buildings, la même absence d'âme, le même vide, le même étalage de toc. Dos au vide sur le bord d'un abîme, mes pieds reposent sur les mots. Je cherche un vrai visage, un pot de grès, un nuage de lait, des poils qui se dressent, des étoiles sans strass, des tables aux pieds d'argile. Je veux retrouver l'eau et la montagne au cœur de sable, le partage des mets dans le cercle des feux, les mains en porte-voix décantant la parole, les étoiles dissoutes dans la barbe de l'aube.


Les chaussures des hommes ne dansent plus vraiment. Elles sautillent sur place. Elles piétinent les roses et les éclats de rire. L'intérieur du monde est aussi bien dehors. J'ai grandi sans trop m'en rendre compte. Le temps est plus pesant. La brèche entre les mondes se referme un peu plus. Le jour agite ses costumes sans connaître son rôle. Dans la cacophonie présente, mon enfance reste un diapason, un coin pour soulever le monde. Je retrouve le la au bord du Richelieu. La mappemonde sur le mur de la classe fut ma première boussole. Dans les mots qui m'échappent, je retrouve mes billes, mon sifflet, mon canif. Même l'ordinateur prend une figure humaine. Je n'ai pas eu mon cartable d'école égaré dans les ruines, une épaule arrachée par un éclat d'obus, à peine un doigt cassé, une foulure au cœur. J'en ai gardé quand même une écharde à la langue.


Sur la nappe du ciel, le sel des oiseaux attend son tour de table. Le vent secoue les miettes de pluie à même les miches des nuages. Je n'entends plus les gnomes à l'intérieur des arbres. Je ne vois plus les fées dans le trou mystérieux. Ils existent pourtant tout autant que les mots. Où sont passées les pommes et le sel sur la langue ? Il n'y a plus de verger dans la cour d'en arrière. On a élevé depuis un mur entre les heures. On a rempli de pierres le puits de l'espérance. La balançoire des collines reste figée dans le temps. Le Mont Saint-Hilaire rentre sa tête dans les épaules. Une dernière fleur attend sa part de terre. Sous le décor du présent, les machinistes ont du prendre une pause. La rivière chante encore mais ses notes sont fausses sur le béton des rives.


Le vent s'amuse entre les arbres comme un enfant entre les portes. Il déroule en passant la pelote des feuilles. Quand on abat les murs, ils ne repoussent pas mais ils font des racines jusqu'aux maillons des chaînes. Il ne faut pas confondre l'innocence de façade avec le vrai pardon, l'acupuncture des seringues et la tendresse des épines. Les montagnes ne pèsent pas sur terre mais le pas d'un soldat peut rompre l'équilibre. Les enfants ont des yeux en forme de question. Ils éclairent des lieux où nous ne voyons plus. Lorsque nous écoutons ce que disent les mots, les enfants écoutent ce qu'ils taisent. Tout leur échappe encore mais ils attrapent l'invisible. Quand leur lumière s'insinue dans la rumeur du monde, ma parole prend vie. La terre au loin déploie ses ailes d'horizon.


Publié dans Prose

Partager cet article

Repost 0

Quelques séquences du spectacle de la vie

Publié le par la freniere

 

les trottoirs accablés de trotteurs aux regards 


déments d'urgence mécanique d'indifférence de peur 
ou de solitude  


les boulevards  bourdonnants et hurlants 

 

la circulation noriante sans issue ni fuite

 

imaginables 

 

ces vitrines pousse-au-crime pousse-au-viol  

 

pousse-au-feu 

 

celles aux lapins saignants pendus la tête en bas
et  des têtes de veaux aux gros yeux vides fixés 

 

sur nos vacuités 

 

les restaurants huppés aux aquariums paradisiaques  
où  tournent des chairs ondoyantes 

 

où frémissent des pinces des carcasses 

 

promises à l'intestin humain 

 

les pelouses citadines interdites aux ballons 
et aux amoureux 

 

Les écrans de fumée-- ultimes parades à la réalité 

 

où l'on se regarde vivre fascinés amusés distraits 
désespérés 

 

les bistrots de banlieue emplis de destins sans 

 

avenir 

 

les usines  désaffectées autrefois bruissantes
de vies   exploitées « à côté » de la vie

dorénavant inutiles 

 

les tristes chiens urbains aux crottes mécaniques 

 

emballées sitôt posées 

 

les manifestants qui réclament périodiquement 

plus de travail 

 

plus d'argent 
à dépenser pour devenir
de meilleurs  consommateurs  
et « consoler » leurs enfants exigeants 

 

qui ne savent plus jouer ni courir 

 

victimes d'adultes puérils vaincus égarés faibles
et  stupides 

 

les quartiers-bastions sécurisant l'argent

 

les quartiers-poubelles au pourrissement débordant 

 

délibéré 

 

les cliniques de premier choix pour clients de 

 

premier choix 

 

les hôpitaux et hospices abandonnés aux moins  

 

offrants 


 .../...
 

 et puis plus loin plus haut plus fort 
 
plus planétaire : 



  

les rivières

 

chargées de nos excréments

 

et celles

 

enterrées sous les routes les immeubles

 

qui doutent de revoir le ciel

 

et de trouver la mer

 

les lacs fatigués aplatis par un ciel lourd 

 

maussade et muet 

 

les fleurs orphelines et stériles 

 

les océans aux secrets pillés, asphyxiés 

 

bientôt des égouts

 

la glace polaire, vierge à l'hymen percé par

 

les violeurs chercheurs d'or noir

 

les montagnes ébranlées stressées étranglées

 

de pistes et de câbles 

 

souillées par la stupidité de l'argent facile


 

les forêts les insectes les oiseaux les humains


 
 

condamnés sans procès


  

et le soleil hilare

qui se prépare à nous chauffer à blanc

 
 

et la lune au sourire jauni 


 

cible prochaine 

 

des exploiteurs 


du commerce
du tourisme imbécile

et autant d'assassins

Diane Meunier



 

Publié dans Poésie du monde

Partager cet article

Repost 0

La volière vide

Publié le par la freniere


Fruit d'une longue correspondance, la voix de Thierry Cazals donne vie à celle de Vincent Delfosse, jeune haïkiste disparu en 2007.


Au-delà des définitions conventionnelles du Haïku, La Volière Vide est une échappée sur un univers poétique et captivant.



bouillon de légumes

je fête la fin de ma peur

de mourir


Thierry Cazals


promesses de retrouvailles

sous la lune

un peu de fumée


Vincent Delfosse



Avant le 25 avril : 10 euros port compris tous pays. Bon de souscription ici : http://www.editions-liroli.net/

 


Publié dans Prose

Partager cet article

Repost 0