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Paroles indiennes

Publié le par la freniere

Massacre au Pérou

Vendredi 5 juin au matin (midi heure européenne), la police péruvienne s'est déchaînée contre les populations indigènes de la province d' Amazonas qui bloquaient une route en appui à leurs demandes. Le bilan des affrontements, extrêmement lourd, est de plusieurs morts, peut-être des dizaines, peut-être des centaines de blessés. Les informations sont encore assez confuses, la zone est bouclée par la police. Les affrontements se poursuivent. Cela fait 56 jours que les communautés indiennes du Pérou amazonien se sont soulevées contre des projets miniers ou pétroliers dans le Nord-Est. A la mi-mai, ils sont déclarés "en état d'insurrection". "Nous déclarons nos peuples en état d'insurrection contre le gouvernement du président Alan Garcia sur les territoires indigènes amazoniens", a déclaré à Lima le 15 mai dernier Alberto Pizango, président d'un collectif qui dit représenter 1350 communautés de 65 groupes ethniques, soit 600'000 personnes environ. Cet état d'insurrection signifie que "nos lois ancestrales ont désormais force de loi et que nous considérons comme une agression l'entrée d'une quelconque force sur nos territoires", avait averti M. Pizango. La solution, a-t-il poursuivi, "passe par une abrogation" de décrets législatifs de 2007 et 2008 qui assouplissent le cadre de l'exploitation minière, pétrolière, forestière ou de l'eau, par des firmes multinationales, sur des terres que les indigènes considèrent comme ancestrales. Mise à jour 5 juin à 15 heures Le chiffre des victimes ne cesse d'augmenter. Alberto Pizango, président de la Asociación Interétnica de Desarrollo de la Selva Peruana (AIDESEP), organisation qui regroupe les indigènes actuellement en grève, affirme connaître la mort "jusqu'à présent de 15 indigènes amazoniens". Alberto Pizango demande une "enquête internationale" sur les faits et a déclaré que le président Alan Garcia avait "ordonné le génocide". De son côté, d'après la coordination des radios locales (CNR), il y aurait 20 indigènes tués et 9 policiers. Les affrontements se poursuivent, les indigènes, après avoir mis le feu à de nombreux locaux officiels, sont en train d'attaquer le commissariat, d'après Radio La Voz. Le nombre de blessé ne cesse de croître et les deux hôpitaux de la zone sont maintenant débordés. L'électricité est semble-t-il coupée dans une grande partie de la zone, ce qui empêche les radios locales d'émettre. Mise à jour à 17 heures Les informations sont confuses. Les chiffres qui circulent parlent d'un nombre de morts entre 10 et 20. Cela s'est passé ce matin (mi-journée en Europe) Plusieurs morts et des dizaines de blessés, tel serait le résultat tragique de la répression menée par la Direction Nationale des Opérations Spéciale (DINOES) contre les indigènes de Bagua pendant une opération visant à les expulser de la route Fernando Belaúnde Terry qu'ils occupaient. Cette localité de la province de l'Amazonie péruvienne est située à 730 km au nord de Lima. Le président du comité de lutte provincial de Condorcanqui, Santiago Manuin Valera, aurait été assassiné par la police après avoir été visés par des armes de guerre dans la zone de Curva del Diablo où ils se sont concentrés. Le leader indigène Mateo Impi a annoncé que les policiers ne laissaient pas approcher des cadavres. "Nous demandons l'intervention de la Défense (du Peuple)", a-t-il ajouté. Le général Murua a ajouté que la circulation a été rétablie dans des circonstances difficiles mais que la route était maintenant dégagée. Auparavant, le président péruvien, Alan García, avait rendu responsables les "pseudo dirigeants des communautés natives qui emploient des méthodes de force et de violence". Et d'ajouter : "Ils prétendent jouer à la révolution." De son côté, le directeur de la Police nationale, le général José Sánchez Farfán a déclaré que la police avait été "attaquée" et que quatre policiers avaient été tués avec des armes à feu par des indigènes lors des affrontements pour dégager la route. Peu après la phase initiale de la répression, les indigènes ont mis le feu au local du Parti Apriste Péruvien (parti du président), au local de COFOPRI, le siège de la direction de la province de Bagua et le local du PRONAA. L'hôpital de Bagua a fermé ses portes parce qu'il ne peut plus recevoir de blessés. Sources : Coordinadora Nacional de Radio, Peru.com, La Haine, etc. Mise à jour, 5 juin, 23 heures ici (16 heures au Pérou) Il se confirme que les indigènes qui bloquaient cette route depuis une dizaine de jours ont été attaqués par officiellement 639 policiers mais aussi au moyen d'hélicoptères d'où ont été visés les manifestants avec des armes à feu et d'où auraient été lancées des grenades. Un des policiers décédés était d'ailleurs membre de l'équipage d'un hélicoptère qui aurait été visé par des hommes armés depuis le sol. L'offensive de l'Etat Le ministère de la justice a annoncé que les responsables des affrontements seront poursuivis. "Ce ne sont pas des actes de protestation mais de destruction, parce qu'il y a eu des morts et parmi eux des policiers et des civils innocents", a affirmé Erasmo Reyna, vice-ministre de la justice. Les Amérindiens morts ne sont semble-t-il pas "innocents". Pendant ce temps, le président Alan Garcia a rendu responsable de la tuerie Alberto Pizango, président de l'Association Interethnique de Développement de la Forêt Péruvienne (AIDESEP) en déclarant qu'il était un délinquant. Les membres du gouvernement et du parti présidentiel ne sont pas en reste et font monter les enchères. Le ministre du travail, Jorge Villasante, accuse Alberto Pizango d'être responsable, à cause de son "intransigeance", de ce qui s'est passé. Pour le député apriste Mauricio Mulder, "tirer sur des policiers c'est ce que font les terroristes". "Ici ce qu'il y a c'est une politicaillerie radicaloïde fomentée par des groupes partisans de la violence et ce que l'on voit c'est qu'ils sont liés au terrorisme". La conséquence selon lui est que les dirigeants indigènes ont perdu toute représentativité, qu'ils se sont transformés en "assassins" de policiers et doivent être traités comme tels. Etat d'urgence, déploiement de l'armée, couvre-feu... De son côté, la ministre de l'Intérieur, Mercedes Cabanillasa, a confirmé la mort de 9 policiers. Elle a elle aussi accusé Alberto Pizango d'être le principal responsable de la tuerie. Mais qu'il y a eu aussi, selon elle, infiltration des indigènes par le Sentier lumineux. Elle a aussi dénoncé que des armes de la police (8 fusils AKM, avec leurs munitions) ont été volées au cours des affrontements. Elle déclare avoir demandé l'instauration de l'état d'urgence avec prise de contrôle de la zone par les forces armées et l'instauration du couvre feu. Alberto Pizango menacé Alberto Pizango, qui a accusé le président Alan Garcia d'avoir "ordonné le génocide" est menacé de poursuites pour "insurrection" et "rébellion" par les membres du gouvernement. Il serait en train de réfléchir à une demande d'asile politique à l'étranger car un mandat d'arrêt aurait été lancé contre lui. Cette offensive répressive du gouvernement est une réponse à l'appel lancé la veille, le 4 juin dernier, par Alberto Pizango de faire du 11 juin une journée de mobilisation générale des populations autochtones pour protester contre le report de la discussion prévue au Parlement au sujet de l'abrogation du décret-loi 1090 facilitant et encourageant les entreprises étrangères à investir dans les zones habitées par les autochtones (pétrole, mines, exploitations forestières...). Bilan encore provisoire D'après un représentant de l'Eglise locale, Edgar Calle, qui a assisté aux évènements depuis une colline proche, a déclaré qu'au moins 35 indigènes ont été arrêtés. Ils sont maintenu face contre terre sur la route. Les forces de police empêchent les religieux de s'approcher et de donner de l'eau aux détenus. Pour ce qui est des personnes décédées, le bilan provisoire s'établirait à 25 Amérindiens, 9 policiers et 2 journalistes. Blessés : 7 policiers selon la ministre de l'Intérieur, plusieurs dizaines chez les habitants. Pour le seul hôpital de Bagua Grande, il y a 34 blessés par balles, 3 étant en salle d'opération. Par ailleurs, sur les lieux des affrontements, de nombreux cadavres jonchent le sol et les policiers empêchent les habitants de les emmener. Appel de la Coordination Andine des Organisations Indigènes (CAOI) Répression sanglante dans l'Amazonie péruvienne [...] Urgent : rassemblements devant toutes les ambassades du Pérou, en conformité avec les accords de la quatrième rencontre continentale des peuples et nationalités indigènes de l'Abya Yala Le gouvernement apriste d'Alan García Pérez a déclenché ce matin une répression sanglante dans l'Amazonie péruvienne. [...] Une fois de plus, on cherche à imposer la mort sur la vie, le massacre sur le dialogue. C'est la réponse dictatoriale, après 56 jours de lutte pacifique des autochtones et des pseudo dialogues et négociations, qui se termine par les balles de toujours, les mêmes depuis plus de 500 années d'oppression. Aujourd'hui plus que jamais, il est urgent de mettre en oeuvre les accords de la quatrième rencontre continentale des peuples et nationalités indigènes de l'Abya Yala (qui s'est déroulée à Puno, au Pérou, du 27 au 31 mai) et de rendre effective notre solidarité avec les peuples de l'Amazonie péruvienne, par des rassemblement devant les ambassades du Pérou, dans chaque pays, chaque jour, jusqu'à ce que s'arrête le bain de sang et que soient abrogés les décrets-lois du TLC avec les États-Unis. Et poursuivre en justice Alan García Pérez et de son gouvernement, pour sa soumission et la répression qu'il a déclenchée : il a une dette d'au moins dix morts. Cela s'est produit quelques heures après que le Congrès de la République, dans un acte de pure provocation, a décidé de reporter une fois de plus l'examen de l'abrogation des décrets-lois pro-TLC qui facilitent l'invasion des territoires indigènes, pendant que l'exécutif envoyait en grand nombre de nouveaux contingents de la police en Amazonie. Nous appelons les organisations autochtones, les mouvements sociaux et les organisations des droits humains dans le monde entier à prendre des mesures concrètes : envois de lettres au gouvernement péruvien, au Rapporteur spécial de l'Organisation des Nations unies pour les peuples autochtones, à Amnesty International, à Survival International, au Prix Nobel de la paix, à la Commission interaméricaine des droits de l'homme, à l'Organisation internationale du travail (convention OIT 169), pour qu'ils envoient immédiatement des missions au Pérou, afin de mettre fin à cette violence et que soit respecté les droits des autochtones. Les Nations unies doivent agir fermement, en se joignant à la demande soulevée par la présidente de l'Instance permanente sur les questions autochtones, Victoria Tauli, de lever l'état d'urgence, de ne pas utiliser la répression et de respecter les règles internationales garantissant l'exercice des droits des autochtones. Aujourd'hui, à Lima, toutes les organisations du mouvement social péruvien, réunis dans le Front Communautaire pour la Vie et la Souveraineté seront mobilisées à 17 heures à la Plaza Francia, pour demander la fin de la répression et l'abrogation des décrets-lois qui affectent les droits à la terre des peuples autochtones des Andes et l'Amazonie et la souveraineté nationale. Assez de répression ! Abrogation immédiate des décrets-lois anti-autochtones du TLC ! Lima, le 05 juin 2009 Coordination générale CAOI = = = = = = = = = Sources et informations complémentaires : Agence d'informations SERVINDI : CAOI : Quelques photos : Mise à jour : 2 h 30 du matin ici, 19 h 30 au Pérou Quatre nouvelles victimes lors une opération policière Utcubamba, Amazonas, 05/06/2006 (CNR) Quarte morts et plusieurs enfants blessés, tel serait le résultat d'une nouvelle opération policière réalisée il y a quelques instants dans la ville de Bagua, lorsqu'un groupe d'habitants s'est déplacée vers la Plaza de Armas à la recherche d'assistance médicale. Selon des informations de radio La Voz, la police a tiré depuis un hélicoptère quand elle a vu un rassemblement de personnes sur la place. Résultat : quatre morts et plusieurs blessés dont des mineurs. Les blessés ont été transportés à l'hôpital du Bon Samaritain car l'autre hôpital est saturé. Par ailleurs, le signal de radio La Voz a été interrompu, à la suite des interventions des députés officialistes Aurelio Pastor et Mauricio Mulder qui ont accusé cette station d'encourager la population à commettre des actes de violence. Carlos Flores - Radio La Voz 38 policiers pris en otage par la foule Pendant ce temps, d'après Peru.com, plus de deux mille habitants ont pris en otage 38 agents de police et un ingénieur à la station n° 6 de la société pétrolière Petroperú, province de Bagua, exigeant le retrait du contingent envoyé à Bagua faute de quoi ils les exécuteront. Apparemment, une foule s'est introduite dans le local de l'entreprise pétrolière située dans le district de Imaza et a emmené les policiers vers une colline proche. Parmi les otages se trouve, en plus de l'ingénieur, un commandant de la police. "Nous voulons négocier avec les autorités. 50 jours de grève, ils n'en tiennent pas compte et ils ont abattu nos frères awarunas", a déclaré Carlos Huamán dans un appel radio. Huamán a sommé la ministre de l'Intérieur, Mercedes Cabanillas, de donner l'ordre de retirer les forces de l'ordre envoyées dans la province d'Amazonas. "Nous lui recommandons de retirer les forces armées et ainsi nous pourrons dialoguer". La ministre de l'Intérieur a confirmé l'information en disant que les preneurs d'otages étaient environ un millier. Bilan de la répression du matin Toujours pas de chiffres précis. Le nombre de blessés par balles dépasserait la centaine. Une infirmière de l'hôpital de Bagua Chica a déclaré à Canal N qu'ils avaient 40 blessés, "tous par balle, des balles au corps, à la tête, à l'abdomen, parce qu'ils (les policiers) ont voulu tuer nos frères". Elle a profité de l'interview pour demander de l'aide car l'hôpital est "dans un chaos total, sans lits, avec les blessés à même le sol". Elle accuse l'armée de ne pas laisser passer les blessés graves qui doivent être évacuées dans d'autres hôpitaux car à Bagua, il n'y a plus de sang, plus de sérum, plus de gaze, plus de produits... D'après des informations qui commencent à arriver, l'intervention de la police a commencé à 5 heures du matin, par terre et avec des hélicoptères en utilisant des gaz lacrymogènes et des armes à balles réelles. Les autochtones qui bloquaient la route dans la "Curva del Diablo" (le virage du diable) étaient plusieurs milliers. L'opération de dégagement a duré pratiquement toute la matinée. Les désordres se sont ensuite étendus à la ville de Bagua où les manifestants ont mis le feu à tous les locaux officiels qu'ils rencontraient. D'après le général Sánchez Farfán de la police, les affrontements les plus violents se sont produits quand les policiers ont voulu prendre une colline qui domine la "Curva" et qu'ils se sont retrouvés avec en face d'eux environ mille personnes qui leur ont tiré dessus... Impossible selon l'Aidesep car les manifestants n'avaient pas d'armes à feu, ils ne possèdent que des arcs et des flèches. L'association déclare que les policiers sont sans doute morts par des tirs croisés. Les policiers morts seraient maintenant au nombre de 11. Le bilan côté autochtone est toujours en cours : 25 tués ? 29 ? plus ? Mandat d'arrêt contre Alberto Pizango La ministre de l'Intérieur a confirmé qu'elle a demandé la capture d'Alberto Pizango, président de l'Association Interethnique de Développement de la Forêt Péruvienne (AIDESEP) car il est, dit-elle, "le responsable intellectuel" des faits de violences à Bagua, Amazonas. "Pizango est absolument le responsable intellectuel parce qu'il a conduit, agité, manipulé et trompé les autochtones", a affirmé la ministre qui a demandé que "s'applique contre lui tout le poids de la loi". A suivre... Mise à jour : samedi 6 juin, 12 heures ici (5 heures au Pérou) Cadavres brûlés et jetés à la rivière ? Les corps des Amérindiens tués au cours d'affrontements avec la police sur la route Fernando Belaunde, dans la zone de "La Curva del Diablo" seraient brûlés par les policiers de la Direction des Opérations spéciales (Diroes) et jetés dans la rivière Marañón à la hauteur du hameau Reposo, à côté de Bagua (Amazonas), selon les dénonciations faites par Zebelio Kayapo, dirigeant amazonien. Dans une interview à la CNR, il a rapporté que les Amérindiens continuent à être massacrés et a demandé l'intervention des organismes défenseurs des droits de l'homme. Kayap a précisé que jusqu'à présent il y a environ 20 blessés et 40 morts "mais peut-être plus car la Diroes est venu nous attaquer avec des balles et tout est confus". Une résidente qui assure être témoin des évènements a confirmé la version de Kayap. "J'ai vu que les cadavres ont été mis dans des sacs noirs et ont été emmenés aux bords de la rivière Marañón pour les jeter à l'eau. La population a demandé qu'ils restituent les corps de leurs familles pour leur donner une sépulture chrétienne, mais la police a refusé", a-t-elle dit. Elle raconte aussi que les forces de l'ordre poursuivent la population awaruna les accusant d'être sendéristes (membres du groupe armé Sentier lumineux). Elle a précisé que certains Métis ont aidé à transporter les Amérindiens jusqu'à Bagua, mais d'autres qui n'ont pas été chargés dans les voitures ont été retenus dans une maison d'adobe où ils ont été massacrés. Une habitante nommée Maria, dont elle a préféré taire le nom, a déclaré qu'un policier a averti sur un ton menaçant : "Comme vous avez tué nos collègues, vous aussi devez mourir." « Ils empêchent de recueillir les cadavres... » Zebelio Kayap a également signalé qu'au hameau Siempre Viva, Amazonas, la police empêche le passage du public pour recueillir les blessés et les emmener à Jaen ou à Chiclayo, et n'autorise pas non plus au ramassage des cadavres disséminés dans la zone. "Les forces de police [...] dans la Plaza de Armas. Nous voulons enlever les cadavres et les blessés, mais nous ne pouvons pas le faire. Les tirs depuis l'hélicoptère de la Diroes se poursuivent", dit-il. Il a également révélé que parmi les blessés il y a des enfants qui ont été touchés par des grenades lacrymogènes dans les villages de Reposo et Siempre Viva. Kayap a également informé la CNR que les hôpitaux sont remplis de blessés, à la fois autochtones et métis. La Coordination nationale des droits humains exige l'intervention du procureur Gladys Echaiz Pendant ce temps, la Coordination nationale pour les droits humains (CNDDHH), confirmé par l'intermédiaire de son blog, qu'elle a également reçu des informations de médias locaux à propos des attaques contre les habitants de la région Amazonas et de l'incinération des cadavres par la police, bien que ces informations sont encore officieuses. Toutefois, la CNDDHH a demandé au procureur général Echaiz Gladys, afin que le ministère public intervienne pour enquêter sur les plaintes au sujet des éventuels abus commis lors de l'expulsion qui a débuté aujourd'hui à 5 heures du matin. Ces informations démentent ce qu'a indiqué la ministre de l'Intérieur, Mercedes Cabanillas, il y a quelques heures, qui ne mentionne que la mort de trois autochtones, ce qui serait faux car selon les photos publiées par la CNDDHH, il y aurait bien plus de personnes tuées dans les affrontements avec la police à Jaen et Bagua. Solidarité amérindienne Les Amérindiens d'Equateur dénoncent la répression dans l'Amazonie péruvienne. Au vu des évènements qui viennent d'avoir lieu, l'organisation aborigène équatorienne Ecuarani a qualifié de répressive l'action du gouvernement péruvien et en ce sens a appelé la communauté internationale à être attentive à la situation. A travers un communiqué, l'organisation accuse le président Alan García de "lâche agression" contre les autochtones qui depuis le 9 avril réclament l'abrogation d'une dizaine de décrets-lois qu'ils considèrent comme attentatoires à leurs droits. Le président de Ecuarani, Humberto Cholango, a appelé les "secteurs dignes de notre continent et du monde à unir leurs voix pour arrêter les génocides qui obéissent à des ordres injustes et criminels."

 

source: MEDIAPART

 

 

 

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Le festival des poètes oubliés

Publié le par la freniere

NICE : Le Festival des Poètes oubliés


Platon chassa les poètes de la Cité. Aujourd'hui, les responsables de la culture de notre bonne ville de Nice, mettent entre parenthèses ces "électrons libres", ces "sans papiers du Verbe", ces "nomades du cœur", avant, peut-être, de les oublier définitivement...


L'ILE DES POÈTES, je dois hélas le rappeler, fêtait cette année, ses DIX ans de présence au Festival du Livre de Nice. En 2000, pour son entrée, elle fut accueillie et saluée par Maître Jacques Peyrat, alors Sénateur Maire, mais aussi par Louis Nucéra, Alain Lefeuvre, et les trois mousquetaires de MPO, et tant d'autres (qu'ils me pardonnent de ne pouvoir ici, les nommer tous. Ils sont dans la reconnaissance de nos mémoires).


À cette époque, le nom des poètes figurait sur la liste des auteurs présents en dédicace, ils animaient ou participaient à des colloques, débats ou conférences, et ils offraient leurs voix et leurs passions en mettant en espace les images du Verbe, accompagnés souvent par une guitare, un violon, une contre basse... parfois même par des groupes musicaux... pour la plus grande joie du public.
Ils furent ce "Merveilleux vivant et authentique" lorsque les écoliers venaient rencontrer la Poésie en chair et en os dans les Jardins Albert Ier.


Cette année encore, malgré tout, nous avons assuré, pour les enfants, cette prestation durant toute la journée du Vendredi 12 Juin, avec le même enthousiasme que les années précédentes.
Au fil du temps, le petit espace "poésie" de l'an 2000, est devenu une ILE à part entière, accueillant plus d'une trentaine de poètes, dont la renommée de certains apporte de nouvelles couleurs à  notre ville. En 2009, l'Ile est redevenue "îlot" où s'entassèrent, dans le secret d'un recoin du festival, moins d'une dizaine de poètes, car cette année, la culture calcula au minimum le mètre carré ! Le stand était si petit et si bien caché qu'aucun officiel n'a su le trouver !
Mais pour que cet anniversaire soit réussi, c'est-à-dire fêté dignement, Monsieur Raoul Mille, écrivain, Conseiller Municipal, subdélégué à la culture, à la littérature, à la lutte contre l'illettrisme, et à l'histoire, Monsieur Raoul Mille après avoir confirmé verbalement à Jackie Lefeuvre que le Prix qui honore la mémoire de son époux depuis déjà cinq ans, serait reconduit en 2009, comme les années précédentes, lui adressa un courrier qui supprimait officiellement le Prix pour cette année, une quinzaine de jours avant les délibérations du Jury.


J'ai naturellement demandé par courriel des explications. Mais, je n'ai reçu qu'une réponse, toujours la même "il est impensable cette année". Je pense donc que le mot "explication" n'est pas connu de tout le monde.

Face à cette situation et après délibérations, il a été décidé que le Prix de Poésie Alain LEFEUVRE serait remis à PARIS, cet Automne, lors de la rentrée littéraire par la SOCIÉTÉ DES POÈTES FRANÇAIS, respectant ainsi la mémoire du poète disparu.

Je rappelle que la Poésie est et demeure à l'origine de tous les arts... qu'elle est l'essence même de toute création et que sans elle, l'homme ne pourrait survivre bien longtemps.
René Guy Cadou n'a-t-il pas dit et répété : "La poésie est aussi inutile que la pluie" !
J'ajouterai cette phrase de Fernand Gregh : "Seuls se taisent dans leurs poètes, les peuples qui n'ont plus la force de vivre".
La Poésie fait encore peur, car elle représente cette patrie qu'on nomme "résistance", "liberté", mais aussi "imagination", "beauté", que l'on ne peut réduire par des lois, ni modifier par des normes, fussent-elles mondiales!


La Poésie est "Amour", n'est-ce pas ce qui manque le plus en ce début de XXIè siècle ?

Je laisse le soin, à toutes celles et tous ceux qui le souhaitent, de réagir, d'exprimer leurs pensées, de formuler leurs questions.


Alors, peut-être, que cet élan portera vos souhaits et qu'ils seront exaucés, permettant à la Cité de retrouver un cœur qu'elle avait délaissé...

Victor Varjac


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Microbe 54 est paru

Publié le par la freniere

Le 54e Microbe est prêt et partira demain, même si c'est le numéro de juillet.

 

Au sommaire de ce #54, vous découvrirez des textes inédits de Éric Allard, Sophie de Bellefroid, Théophile de Giraud, Éric Dejaeger, Didier de Lannoy, John Ellyton, Jean Marc Flahaut, Thomas Grison, Isabelle Herbert, Jean L'Anselme, Serge Maisonnier, Louis Mathoux, Jean-Philippe Querton, Alain Sagault, Robert Serrano, André Stas & Pierre Tréfois. Les illustrations sont de Salvatore Gucciardo.

 

Les abonnés « plus » recevront également le 21e mi(ni)crobe : Trop rien de co errante, dont nous sommes fiers de publier la première plaquette « papier ».

 

Les deux couvertures sont en PJ.

 

Malgré la crise économique, nos tarifs d'abonnement restent on ne peut plus concurrentiels sans la moindre délocalisation ni licenciements. Renseignements : ericdejaeger@yahoo.fr

 

J'en profite pour vous signaler (rappeler pour certains) la mise en ligne du 10e numéro de La Belle-mère Dure : http://lbmdure.canalblog.com/  

Ont bêtéméchamment participé au remplissage de ce numéro : Éric Dejaeger, Denise-la-Crémière et sa plantureuse poitrine qui fait flipper les machos, John F. Ellyton, Didier de Lannoy, Claude Romashov, Robert Serrano et André Stas.

 

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Les Apatrides Anonymes

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Spectacle de lancement et bénéfice

 

 

Montréal, le 4 juin 2009- Les Apatrides Anonymes  vous invitent à un concert- bénéfice au Café Chaos le 25 juin prochain. Dès 20h, slammers et groupes de musique se succéderont sur la petite scène de la coopérative de la rue St-Denis. De plus, nous profiterons de cette soirée spéciale pour lancer officiellement notre nouveau journal intitulé Déportation Canada.

 

Côté prestations musicales, Kintra est un groupe de Montréal qui a à son actif un album complet nommé Versus sorti en 2007. Les membres du groupe présenteront des pièces de celui-ci en plus de nouvelles qui se retrouveront sur le prochain album à venir plus tard en 2009. Lac Estion,  groupe ayant participé aux  demi-finales des Francouvertes 2009, a sorti récemment un premier album qui s'appelle Affranchi; faisant de la pop/rock franco, il définit sa musique comme « cynique et tourmentée, pigmentée d'absurde ». Son Un Poco Politicas est un trio féminin qui reprend, entre autres, des classiques de la chanson latino-américaine politique. 

 

Nous avons l'honneur de recevoir une délégation de la Slam Caravane qui comprendra, entre autres, Jocelyn Thouin (Joliette), Véronique Suzanne (Sherbrooke) et  Marie-Paule Grimaldi (Montréal). Ils et elle déclameront surtout des textes en lien avec des questions sur l'immigration.

 

Les Apatrides Anonymes est un groupe d'action directe autonome dont les membres sont préoccupés par les politiques de contrôle sur l'immigration adoptées par l'État canadien et par le sort que réserve ces politiques aux personnes migrantes, réfugiées et sans-statut.

 

Depuis plus de cinq ans, nous organisons des actions de sensibilisation et de dénonciation. Nous avons concentré nos premières activités sur des déploiements de banderoles à différents endroits stratégiques de Montréal et lors de grandes marches pour les droits des sans-statut. Nous avons aussi produits des dépliants et flyers que nous distribuons lors de différents événements, ainsi qu'un journal.

 

Nous avons organisé trois soirées bénéfices culturelles et d'éducation populaire et nous avons monté et présenté une simulation théâtrale sur le thème des déportations. Nous avons filmer cette mini-pièce et en avons fait un court-métrage éducatif : http://video.google.fr/videoplay?docid=-8310100954629635870 . Nous l'avons présenté dans différents événements.

 

Depuis deux ans, nous visons les différents acteurs de la chaîne de répression qui mène à la déportation : nous avons ciblé, par différentes actions, certaines personnes responsables des politiques gouvernementales ainsi que certaines corporations privées qui en profitent comme René D'Aoust -directeur des renvois à l'ASFC- ou les actionnaires d'Air Canada. De plus, nous collaborons avec les différentes campagnes de défense des personnes migrantes, telle celle pour Abousfian Abdelrazik.

KINTRA

LAC ESTION

SON UN POCO POLITICAS

SLAM CARAVANE

Jeudi 25 juin au Café Chaos (2031 St-Denis)

Porte : 20h

Début : 20h30

Prix (en pré-vente ou à la porte) : 8$

 

Pour infos : Mathieu Francoeur faitesdelaplace@hotmail.com

 

 

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Au bord des fausses routes

Publié le par la freniere


Dans le vieux cœur du monde où l'aorte s'ébrèche, parmi l'envahissement des choses, l'encombrement du mal, la maigreur des blés, la peau des portefeuilles plus morte que la mort, la vie est contrefaite de promesses éthyliques. Sur la planète infirme, l'hérésie des affaires décime les forêts. L'atroce comédie humaine ne fait plus rire les oiseaux lorsque leurs œufs pourrissent dans les nids. La lumière s'étiole à nourrir les ténèbres. On ira jusqu'à vendre le cristal des larmes. Dans le grand corps du monde, l'éventail du cœur a replié ses veines. Le sang coule à rebours dans les blessures d'enfance. Ayant brisé leurs ailes, on relègue les anges au marché des otages. Les microbes de l'homme infectent la rosée. Les mendiants d'amour s'emprisonnent à l'écran. Tachée de quolibets, reléguée hors du temps, la tête du bonheur a mis son chapeau d'âne. La neige étouffe sous le cambouis. Les plectrophanes meurent dans la maison du souffle. L'espoir n'est plus qu'un mince filet d'eau. Est-il encore des lieux où les fleurs écarquillent les yeux, où les collines bombent le torse, où la chair végétale redresse son échine, où les enfants s'adonnent au vertige de vivre ? J'ai titubé longtemps au bord des fausses routes sans perdre l'innocence. Une brindille d'espoir, quelques cailloux de rêve, des souvenirs d'enfance, quelques noix, quelques fleurs, une goutte de rosée, je cache mon trésor sous les haillons des mots. Armé d'un seul crayon, du fracas des pétales contre le bruit du monde, j'avance dans la nuit. Les marques des blessures éclairent mon voyage.


L'ombre examine les trous que le soleil ne voit pas, confondant l'homme à ses limites, l'espace avec le temps. Quand l'homme ouvre son cœur, les portes sont trop petites et les chemins trop courts. Quand il se vend, l'espoir s'anémie à la mesure d'un salaire. Ses pas sur le compteur se calculent en chimères. Le jour s'éteint au bout des doigts. Ses mains sur les manettes emprisonnent leurs gestes. Son âme se perd dans la monnaie et ne tinte plus qu'au fond des poches. Les patrons veillent et distribuent la haine en petites coupures. Même quand nos fronts heurtent le ciel, une ombre enserre nos racines. J'ai fait mes premiers pas hors des sentiers battus. Je continue ma route sans savoir où je vais mais où je ne vais pas. Quand ma besace est vide, je la remplis d'azur. Quand mon cœur est blessé, je le remplis d'amour. Je m'appuie sur le ciel pour ne pas trébucher.


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Chemins de Plume au Festival du Livre

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2 résistants

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Jean-Michel Sananès et André Chenet

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Festival du livre de Nice 2009

Publié le par la freniere


De la tristesse devant ce qu'est devenu le Festival du Livre à Nice ! 3 jours qui auraient pu être véritablement consacrés à la Littérature et qui n'en ont proposé bien souvent qu'un ersatz. C'est vrai que dans la pléthore des "people" on pouvait trouver, en cherchant bien quelques bons auteurs disséminés ! mais, dans l'ensemble, le Festival ressemblait davantage à une kermesse de fin d'année scolaire qu'à un Salon du livre étayé ! Dommage, il eut été intéressant de faire se rencontrer les poètes marocains (puisque la littérature marocaine était l'invitée du Salon) et les poètes français (qui, eux, étaient relégués dans une sorte de placard à l'entrée du Festival, placard où il fallait avoir vraiment envie de les chercher !) ; il eut été sympathique que les débats portât sur autre chose que les états d'âme de personnalités du show-bizz  ! ; il eut été agréable de sentir qu'un Salon du Livre n'est pas que la rentabilité à tout prix et le  "vu à la télé".
Pourtant, il y avait des auteurs, des vrais, disponibles et heureux de partager le pourquoi ou le comment de leur écriture, il y avait des gens vrais et vraiment présents, mais il fallait les chercher comme les aiguilles dans la botte de foin ! Alors, hormis le plaisir de retrouver des amis poètes et la joie de sentir leur "résistance" à ce monde de pacotille et vanités, il a fait bien chaud sous ces toiles de tentes qui n'abritaient qu'au compte-goutte la fraîcheur de paroles essentielles.


Ile Eniger


Publié dans Glanures

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Le goût des pommes volées

Publié le par la freniere


Les arbres morts nourrissent le ventre de l'humus. Les fleurs d'un charnier transfigurent la mort. Chaque jour est sacré. Chaque matin, j'écoute la prière des oiseaux dans l'église de l'air, la messe des cigales, la communion des bêtes sur le bord d'un ruisseau, le tintement des épines dans le silence d'un bosquet. Je vis constamment dans le prolongement du paysage. Comme un oiseau prieur, je prends du bec d'un stylo un fragment de l'espace, un ersatz d'éternité. Lorsque je marche dans les bois, le craquement des écorces, le crissement des insectes, le vent sur les fougères, je les entends aussi bien dans mon corps qu'à l'extérieur de moi. Avec le temps, le passé précède ce qui sert de présent. Chaque geste posé entraîne le mouvement. Nous sommes tous aimantés au même cœur commun. J'ai souvenir de l'eau, de la terre et du vent. Le goût des pommes volées m'est resté sur la langue, le son de l'absolu qui se mêle au néant, les bactéries du rêve dans les moisissures du réel. Je ne grimpe plus aux arbres mais je suis resté les mains accrochées aux nuages. J'écoute la forêt me raconter les arbres. La sève change d'un fruit à l'autre. J'écris du côté végétal des mots. Pas de courrier depuis 2 jours. Des petites fées des bois squattent ma boite aux lettres. Les souliers de la mort sont restés sur le seuil. C'est à peine si ses pas réveillent le silence. L'arbre mort est en fleurs. Il a suffi d'une pluie et d'un peu de soleil. Entre les lignes d'un poème, le pas des bêtes se mêle à l'ensemble verbal. Il arrive qu'un tréma me sépare de tous mais une simple virgule me relie aux étoiles.

 


Publié dans Prose

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Seul

Publié le par la freniere


Le vent souffle dans les halles du marché couvert. Malgré cette odeur de mariage, le vent est incisif et il fait froid. Les villageois discutent, tout le monde est content, du moins pas mécontent, au pire certain s'ennuient un peu. J'ai déjà trop bu. Toutes les voix autour de moi s'entremêlent comme un bon vieux nœud de serpent. Mon grand père est assis au milieu de deux cent personnes debout. Je viens de le remarquer, seul, sur une chaise de camping au centre de la salle. Il est immobile, ce qui provoque en moi une drôle d'impression contradictoire avec le brouhaha alcoolisé. Il est trop vieux pour rester debout et trop sourd pour discuter alors il reste là. De temps en temps, quelqu'un vient s'asseoir à ses côtés et échange quelques mots et quelques signes de tête. Je voudrais y aller mais je ne sais pas quoi lui dire. Avant je me disais qu'il était con, ou dur, ou beau, ou gentil. Avant je ne lui parlais pas beaucoup non plus mais tout allait bien. Avant il m'impressionnait. A présent il est vieux, immobile, et il s'éloigne du monde avec discrétion. Il est déjà un peu parti. Pourtant lorsqu'il sourit, je retrouve le visage familier de mon enfance. Je voudrais prendre une chaise et m'asseoir, le lancer sur un sujet qui lui fasse plaisir et le rende loquace. Je voudrais y aller, le prendre dans mes bras et répondre à son sourire perdu, mais je sais qu'il est trop tard. Quand je le vois, je vois la mort et elle me paralyse. Et je reste là, tremblant dans l'air froid, juste capable de boire encore, au milieu des gens qui s'amusent.


Thomas Vinau

 


Publié dans Prose

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