Dimanche 3 juin 2012 7 03 /06 /Juin /2012 03:12

Comme un parapluie retourné

J’entends le son du silence

Les paroles retroussées de la vérité

Les larmes séchées de l’espoir

Je n’y crois plus

Depuis longtemps mes yeux

S’accrochent à la terre

Un vieil air de blues

Et ça y est

L’émotion partage

Mes incertitudes

Je veux devenir vieux

Vieux de corps et d’esprit

Comme un cadeau anachronique

De notre civilisation

Les blessures profondes

Se lisent sur ma peau

Les fracas de mon cœur

Ternissent l’éclat de mon regard

Baleine de parapluie qui résiste à tous les vents

J’ai jeté la toile

Pour laisser passer la lumière.

 

Jean-Luc Gastecelle 

 

 


Ecrire un commentaire - Par la freniere - Publié dans : Poésie du monde - Voir les 0 commentaires
Dimanche 3 juin 2012 7 03 /06 /Juin /2012 03:08

 

 

 

 

 

 

 


Ecrire un commentaire - Par la freniere - Publié dans : Glanures - Voir les 0 commentaires
Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 20:50

Ecrire un commentaire - Par la freniere - Publié dans : Glanures - Voir les 0 commentaires
Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 17:23

Fermant les poings dans le sommeil, je retrouve l’enfance. J’écris en double puisque ma barbe mange la moitié de mes mots. Les phrases sur une page n’ont pas la même odeur. Les gutturales font le dos rond. Les labiales jacassent. Les phonèmes gagnent un accent et les poèmes perdent le ton. La couleur de l’encre ne change rien à la saveur des phrases. De la mine à la casse, du manuscrit au Garamond, l’alphabet change d’habit. La peau nue des voyelles étouffe sur le vélin des pages. Les consonnes ne font plus rire les gosses. Les virgules s’excusent de n’être pas des points. Les majuscules ont la bouche en cul de poule. Les trémas ne tirent plus la langue. Les tirets font de même. L’étang de la page fourmille de consonnes, de têtards, de tritons sonores, de lettres vibratiles, de participes passés toujours en désaccord. Je confonds le macaron avec la macaon. J’avale un papillon et le biscuit s’envole. Il pleut et je regarde l’eau qui coule sur la vitre. Je suis seul et je rêve. Je déchiffre du doigt un alphabet de gouttes. Mon âme se dissout dans l’eau du paysage. Je dessine. Je griffonne. Je gribouille. Les lettres sont de petits bonhommes se tenant par la main. Des petits touffes d’herbe s’agitent sur le sol, trop jeunes pour mourir.

        

La vie est lente. La vie est vide quand on a six ans et qu’on s’ennuie le dimanche. On est un être sans mémoire. On ne sera jamais vieux. Un vol d’étourneaux traverse l’horizon. Se libère-t-on vraiment de la solitude, ce sentiment d’être en trop ou d’être différent ? Prisonnier de la bonne conduite, j’ai mis du temps à vivre. J’ai pris du retard à faire l’enfant sage et l’élève modèle. Il faut toujours désobéir à la loi du plus fort. Je le sais maintenant. J’ai scié les barreaux de l’échelle sociale pour en faire un radeau, une toile inachevée, un banc de parc, une niche pour le rêve. Propriété privée. Entrée interdite. Une porte nous sépare de chacun qu’il suffirait de pousser mais on a peur qu’elle donne sur le vide. Il n’y a plus d’îles désertes, de cabanes dans les bois, de pistes indiennes traversant la forêt, d’étangs pleins d’épinoches, de chaloupe oubliée sur la berge boueuse. Il y a des parcs-écoles n’excédant pas vingt mètres. Il faut maintenant des règlements pour pouvoir respirer, des sous pour regarder, des ordres pour agir. Enfer ou paradis, le réel n’est plus qu’un même purgatoire. On a confondu les jambes et les roues de voiture, la chair avec la silicone, le paysage avec les fonds d’écran. Des masques à gaz remplaceront bientôt les sourires d’enfant. Les champs de bataille l’ont déjà fait avec les champs de moisson. L’important n’est plus ce qu’on dit mais de parler plus fort.

 

Au milieu de la ville, j’ai vécu sur la paille. La plume a remplacé le yoyo qui prolongeait ma main. À quoi tiennent les idées ? À un fil d’araignée dans le plafond, sans doute, à la migraine d’un philosophe, au claquement d’un clou. Je réinvente mon enfance avec du bleu de lessive, du jaune pur, des questions sans réponse. Il y a des mots magiques. Il n’est pas nécessaire de comprendre pour lire. À trop savoir ce qui est, on perd ce qui pourrait être. Je ne sais pas ce que c’est que l’amour et pourtant je le sens, je le ressens. Tant de mots inconnus brillent dans mon ignorance. Ils m’ouvrent l’infini. Il y a un silence qui parle. Dans mon carré de sable, j’écrivais des poèmes sans le savoir. La tête imperméable aux Tu dois ! Tu ne dois pas ! Il faut ! Il ne faut pas !je retombe en enfance à chaque fois que j’écris. Au Vous verrez ! des professeurs, j’ai vu tout autre chose que ce qu’ils voulaient qu’on voit. Dans les livres, le héros triomphe des bourreaux, très rarement dans la vie. On peut s’habituer à sa propre souffrance, jamais à celle des autres. Le temps passe, laissant pour dette le prix des choses. On ne change pas vraiment. On plonge au fond de soi, là où ca compte vraiment. Depuis la petite école, je suis resté comme un loup solitaire que traque le troupeau. Face au plongeon dit olympique, je ferai toujours des sauts de grenouille. M’excluant de la foule, les mots m’ouvrent sur tout. Il n’y a rien à conquérir qu’un tout petit caillou, une goutte de rosée, la paix du clair de lune.


Ecrire un commentaire - Par la freniere - Publié dans : Prose - Voir les 0 commentaires
Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 17:20

 

 


Ecrire un commentaire - Par la freniere - Publié dans : Glanures - Voir les 0 commentaires
Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 17:14

 

 


Ecrire un commentaire - Par la freniere - Publié dans : Les marcheurs de rêve - Voir les 0 commentaires
Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 17:09

je ne t’écris pas – je m’oublie

 

je m’oublie – un vent rouge souffle sur mon pays

je m’oublie – vibrant dans le courant des marées

humaines 

elles incarnent son fleuve et son courant libre

l’allant vers le rêve que nous rêvions enfants

mais aujourd’hui

j’ai un carré rouge à la place du coeur

la fleur de lys dans la gorge

mes mains tendues sont des drapeaux

 

si je ne t’écris pas

c’est que l’histoire s’écrit

 

Catrine Godin


Ecrire un commentaire - Par la freniere - Publié dans : Poésie du monde - Voir les 0 commentaires
Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 16:23

Je n’étais pas fait pour être comédien

Je n’étais pas fait pour grand-chose

 

***

 

Je prolonge mon passage

en délassant mon corps osseux

dans la musique d’un vers

qui étrangement sort

de ma carcasse.

 

***

 

Mais que vaut ma petite existence

face aux malheurs de ce monde ?

 

***

 

Il faut voir Paris

pour s’assurer de l’indécence

d’une société qui se voudrait humaine.

 

***

 

Il est vrai que partout sur le globe

les mendiants pullulent majoritaires

 

***

 

A Auray

ils vont croissants

pareils

aux cheveux des têtes blondes

 

***

 

Où en étais-je exactement ?

Ah oui !

Merci à ce monde

de vivre l’émotion

à foison

jusqu’à la déraison.

 

Jean Thebault


Ecrire un commentaire - Par la freniere - Publié dans : Poésie du monde - Voir les 0 commentaires
Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 16:20

Comme une odeur de mort qui vous colle à la peau, pour qui connaît Paris et les bords de la Seine. Pour qui connaît Paris, la balance à viscères, les tiroirs, les bocaux, la puanteur des jours. Pour qui connaît des nuits, l'étrange carrefour, des vies, des cœurs, des cris, ou de ce qu'il en reste. O putain de clarté, Place Mazas, à l'entour. Comme une odeur de mort, qui vous poursuit et vous précède. Pour qui connaît l'humiliation, qui la partage sans rien dire. Et qui ne parle plus. Qui fait d'instinct vers l'autre, comme un signe de tête. Comme pour signifier qu'il est encore vivant. Qu'il a honte soudain. Qu'il n'ose plus parler. Qu'il a perdu sa langue. Comme une odeur de mort sur d'infinis charniers. Pour qui ferme les yeux, pour qui cache ses larmes. Pour qui pleure sans bruit, pour ne pas déranger. Pour qui aime écouter sur les lèvres du vent, pour qui aime d'un trait comme on boit le silence. Pour qui connaît la sève, et tutoie les racines, et la terre, et la mer, les paroles et les vents. Pour qui protège un feu avec ses mains tremblantes. Pour qui aime écouter le rire des enfants, la symphonie des cœurs et la clarté de l'aube. Et qui souffle en solo sur l'asphyxie du temps. Et qui souffre, et qui souffre, pour habiter toujours l'étincelle rebelle, pour refuser la nuit, pour accueillir le jour.

 

L’écriture est une marche une navigation, un voyage par le souffle des mots, par le rythme de la musique, par le truchement du cœur, le plus petit qui soit, vers des villes et des campagnes, vers des hommes et des femmes, qui pensent ou ne pensent pas, qui travaillent ou ne travaillent pas, selon l’heure.

Qui, par la haine et le mal, encercle tout un peuple, étouffe l’humanité de son regard froid, selon l’heure ou l’endroit ?

Pour toujours, il nous faudra agir ensemble, demeurer familier du même quotidien et tutoyer les mêmes vents, les mêmes routes, pour nos têtes et nos jambes, nos neurones et nos doigts, car vivre est un travail nécessaire à l’accomplissement de la vie, rien d’autre !

 

Certains cherchent et ne trouvent pas…

D’ailleurs, j’y vais. J’y pense. J’en suis.

J’apprends à mes oreilles à décliner la couleur du temps qui passe toujours d’une saison à l’autre.

Mais comment apprivoiser cette étrange musique qui compose mon chant ?

J’enchaîne des étincelles et une clarté sombre féconde des couleurs invisibles pour des yeux ouverts en grand nombre au cœur d’une fleur de tournesol.

Pour un frère qui manque toujours à l’appel, pour un nouvel état sauvage, pour le souffle vivant des séductions perpétuelles qui succombent aux passions, aux pouvoirs arbitraires, aux applaudissements feints et aux ronronnements stériles, faut-il vivre sur un pied pour laisser moins de traces ?

Faut-il ménager ses méninges, ses montures ou ses yeux et demeurer hagard dans des brumes matinales pour battre le record du Grand soporifique qui nous invite à tout instant à compter des moutons sur le livre du monde ?

Combien faut-il avaler de couleuvres, pour effacer d’un trait de plume toutes les vérités qui nous tiennent lieu de mémoire ?

Demain, il nous faudra nettoyer nos têtes, avec des crânes semblables aux notres, pour oublier toutes nos migraines et réactiver tous nos neurones.

Demain, il nous faudra nous battre pour retrouver notre liberté perdue.

Avant que la nuit ne tombe !

Préparons-nous !

Soyons en avance !

 

Gilbert Joncour 

 


Ecrire un commentaire - Par la freniere - Publié dans : Poésie du monde - Voir les 0 commentaires
Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 15:17

 

Comment faire confiance à la loi ? Elle n'a que la contrainte pour se manifester.


Ecrire un commentaire - Par la freniere - Publié dans : Aphorisme du jour - Voir les 0 commentaires

D'un mot l'autre

À paraître bientôt

Numeriser0015.jpg

J'écris avec la terre, Éditions Chemins de Plume, Nice, 2012

 

La matière du monde, Éditions Trois-Pistoles, Trois-Pistoles, 2012

Information

À voir et à entendre

Parutions

 


Éditions Trois-Pistoles
La langue est mon pays, Trois-Pistoles, 2010
1105200-gf.jpg
 
Éditions d'art Le Sabord
Un feu me hante, 2009, Trois-Rivières
avec des illustrations de Lino

t_unfeumehante.jpg

Prix Voix nouvelle au Salon du livre de Trois-Rivières 2010
Éditions Chemins de plume
     
L'Autre versant, 2006, Nice




















 
Parce que, 2007, Nice













Manquablement, 2009, Nice















pour commander les livres parus aux Editins Chemins de Plume

 

au Québec:

Jean- Marc La Frenière – 237 rue Principale, app. 210,  Saint-Ferdinand, Québec G0N1N0

jmlafreniere@bell.net

 

en France:

Ed.Chemins de Plume 156, Corniche des Oliviers-V 30 - 06000 Nice

 


 


 

 

 

Recherche

RSS

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés