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Dans le secret des lieux communs

Publié le par la freniere

Il faut bien vivre en attendant la fin du monde. Savoir qui je suis, je n'écrirais plus rien. Le mouvement des feuilles donne une forme à l'air. Les nuages dialoguent avec la lumière. On ne croit pas vraiment aux fantômes, mais ils bougent parfois avec les anges et les démons, les os qui craquent , les ailes qui nous frôlent. Les regards sont en forme d'images. Les gestes font la main, la caresse, les pas, les coups d'épée dans l'eau, les coups d'épaule, les coudées franches. On n'est pas obligé d'être heureux, mais ça aide parfois. Les enfants rient après une crise de larmes. Les hommes font la fête après une crise de nerfs. Tant de choses possibles construisent le hasard. Chaque moment, chaque chose, chaque geste est surpris d'être un mot. Sans parole, sans but, les nageurs manqueraient d'eau, les coureurs de souffle, les voyageurs de route, le courage d'aplomb. Les bourreaux meurent sans que cesse la haine. Les soldats tombent sans que cesse la guerre. Certains ne voient pas les hommes, mais la distance entre les hommes. Plus de lumière suppose qu'il y aura plus d'ombre. Avec les pierres que l'on arrache aux murs, certains construisent d'autres murs, lapidant l'espérance, dilapidant l'espace. Ce qu'on écrit parfois est plus vivant que le réel. L'inconnu prend sa source dans le secret des lieux communs.

Jean-Marc La Frenière

Publié dans Prose

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Improésie

Publié le par la freniere

Improésie

Publié dans Glanures

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Faudrait

Publié le par la freniere

photo et graffiti: Jacques Desmarais   Béthanie

photo et graffiti: Jacques Desmarais Béthanie

Se chanter la pomme dans les actes perlocutoires du langage. Quand dire, c'est faire pour reprendre Austin. Ou comment se faire des amis ailleurs que dans sa tête. C'est toute une musique! Un beau silo. Quelques aphorismes inoubliables de Nietzsche peuvent aussi aiguiser à jamais le réflexe pragmatique de ne pas toujours prendre pour du cash la cascade d'impératifs, les « il faut » qui journellement viennent gratter à la porte du conscient et s'infiltrent jusque dans la condensation de l'inconscient en déclenchant le piton du Ça qui, pour sa part parentale, professorale, gourousale..., niche de tout son poids sur nos frêles épaules. C'pas drôle. La petite voix intérieure est alors si prestement ancillaire. Socrate : pourquoi nous as-tu abandonnés? ...

 

Jacques Desmarais

 

lire la suite sur son excellent blog Train de Nuit

Publié dans Glanures

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

Ils ont dit

Publié dans Ils ont dit

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Nulle mort ne peut

Publié le par la freniere

Nulle mort ne peut

Pour Derek Walcott

Il y a tant de chênes à Atlanta qui gémissent encore
Des champs qui pleurent
Qui chantent aussi
Et qui impriment aux capsules du coton des torsions incroyables !

C’est ce mélange
C’est cette torsion
Ce plus insoutenable qui habille l’envol des belles et seules images !

Que la mer mieux qu’Histoire te soit douce
Qu’elle te fasse mémoire
Que l’archipel mieux que pays te fasse collier

Que ce qui se mélange
dans l’aquarelle et dans Shakespeare
dans les contes le théâtre et les livres
t’organise le trône d’écume
où tu viendras t’asseoir avec le mangot-vert des au-delà du jour.

Ô seul langage du sel à la paupière touchée
Ô rire dans l’amitié scellé
Que poésie ne tremble !
Que poésie ne passe !


Frère,
à beau dire à beau faire
nulle mort ne sait
quand ce qui reste

se maille à tout ce qui célèbre qui accueille qui embrasse
et qui noue.

En nous, nulle mort ne peut.

Patrick Chamoiseau

17 03 2017

 

Publié dans Les marcheurs de rêve

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La drave

Publié le par la freniere

Félix Leclerc raconte la drave

Publié dans Glanures

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Bobby has left the building

Publié le par la freniere

Bobby has left the building

(dix ans déjà)

1.

Où commencer où finir
je n’ai plus rien à dire
je n’ai plus rien à rire
le délire le déluge coûte trop
cher à mon vieux coeur
de poète.

2.

Je suis à ma table de cuisine qui
n’est pas vraiment une cuisine
je suis là comme un espèce de
robert dickson mais sans le café
sans le silence de sudbury sans
le sourire de robert qui pouvait
illuminer toutes les galleries de
nos vies souterraines.

3.

Je suis à montréal et robert
n’y est pas
n’y est plus
de plus en
plus.

Bobby has left
the building
et le building

s’écroule comme
des bloc alphabètes
dans une garderie
qui brûle.

4.

Je suis à montréal dans la
lenteur d’un lendemain
de lecture au lion d’or où
une femme m’a demandé
d’écrire un mot dans un
livre de robert dickson
c’était votre ami elle dit
vous pourriez écrire un mot
quelque chose de poétique
c’est là que je réalise que
je n’ai plus rien à dire.

5.

Je suis à montréal à ma fausse
table de cuisine en train d’écrire
comme un espèce de dickson desséché

mais sans la sérénité sauvage
de son sourire son smile de
see you later alligator
in a while crocodile.

6.

Je suis à montréal
sous le petit
ciel bleu
par ici

le très petit
ciel bleu
par ici

(dans En temps et lieux 2
L'Oie de Cravan 2008)

 

Patrice Desbiens

Publié dans Patrice Desbiens

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Hôpital Saint-Julien et les enfants du cardinal Léger (extrait)

Publié le par la freniere

En face de chez moi, il y a des pas sur la neige, une ceinture égarée, des traces de mésanges. On a détruit l'hôpital Saint-Julien, mais son ombre zigne les entre-jambes du parc. Les cris des orphelins sous les électro-chocs tressaillent dans les arbres. Tôt le matin, certains humains s'y risquent. Sonia perd son soulier et Philippe boite derrière Bella. Des murmures subsistent dans la piscine abandonnée. Ils se mêlent au bruit des chaînes et au grincement des balançoires. L'histoire est pleine d'atrocités. En Allemagne, on n'a pas détruit les fours crématoires. On les fait visiter. Il faut se souvenir de tout. Le bien et le mal se confondent souvent. Systoles et diastoles continuent de hanter les petites croix blanches du cimetière. Des fantômes soulèvent l'eau du lac, des petits corps jetés avec l'eau du bain. Je cherche une poussière d'étoiles dans la soupe des morts, un peu de sel sans la plaie.

Jean-Marc La Frenière

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Tard dans la vie

Publié le par la freniere

Pierre Reverdy

Pierre Reverdy

Publié dans Poésie du monde

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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

Il suffit d'un grain de sable pour agrandir la plage ou d'un mot sur la page pour partir en bateau.

Publié dans Aphorisme du jour

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