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Journée de la terre

Publié le par la freniere

Publié dans Poésie à écouter

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Michel Garneau parle de Cohen

Publié le par la freniere

Photo: Annick Sauvé   Le Devoir

Photo: Annick Sauvé Le Devoir

Pour la première fois depuis la mort de son ami Leonard Cohen, Michel Garneau raconte celui dont il a intimement fréquenté la poésie en tant que traducteur.

Publié dans Les marcheurs de rêve

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On trouvera des lettres

Publié le par la freniere

On retrouvera des lettres entre les draps, dans une armoire normande au bois vermoulu. Dans la chambre où la poussière a figé le temps, on traversera en quelques pas des années de silence. Contre le mur, calé par des livres de papier jaune, le grand bahut nous craquera sa vérité enfouie. Il faudra de la patience pour ouvrir l’armoire à la serrure grippée. On insistera. La clef en laiton fera des tours perdus à l’angoisse de la découverte. Les battants finiront par céder dans un frémissement. Sur les étagères, des piles de linge viendront sous nos yeux disperser les lunes, dévoiler des années d’intimité au jour neuf.
On retrouvera des lettres entre les draps de lin pliés au carré. Avant le brin sec de lavande, le flacon d’huile essentielle de cèdre, un reste d’odeur humaine. Des lettres oubliées dans les plis du passé, à l’abri du regard de l’autre. Cet autre à qui on a caché les mots. Sur les enveloppes, on admirera la calligraphie, les hautes jambes des lettrines, les vieux timbres et les dates évoquées feront passer le siècle pour une respiration.

 

Christophe Sanchez

Publié dans Poésie du monde

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Verte Irlande

Publié le par la freniere

Verte Irlande

Publié dans Glanures

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Les jardins minés

Publié le par la freniere

Je concède aux étoiles au peu de ma naissance. Je dois au capital le règne de l’angoisse, du néant et du manque, toutes les sortes de bombes et le rictus des marchands, la bêtise et la faim, l’adoration du fric, la haine qu’elle implique, l’agonie de la mer et les jardins minés, les bras qui se prolongent en seringues, les épaules en fusil, les camps de réfugiés, les enfants de la rue, les fillettes qu’on vend, les anges en beau calvaire, les poètes en hostie. L’ambition d’être tout a dévasté le monde. Ne sachant où mène ce néant, j’arpente le chemin qui s’éloigne des lois. Je donne à l’espérance un visage verbal. J’ai choisi l’air pour bâtir ma demeure. J’y creuse des fenêtres assoiffées de lumière. J’alimente la laine quand le tricot a faim. Une seule image, un seul oiseau, une seule phrase peuvent adoucir le monde. Il arrive qu’un seul coup de pinceau résume l’immensité. Une lettre est le début du monde. La moindre des moissons revient à sa naissance.

Je veux le fruit du fruit, la fleur de la fleur, l’âme de l’homme retrouvée par amour, faire de chaque miette la naissance d’un pain, d’un brin d’herbe une flûte, d’un regard de pierre une source d’eau fraîche. Je cherche dans la nuit ce que nul ne voit, un bol de bonheur, un bout de vérité, l’amande solitaire cachée dans son écale, la graine naissant dans l’ombre pour voir le soleil. L’écart entre les hommes est la table où j’écris pour rapprocher nos vies. Les mots viennent de trop loin pour se permettre de mentir. Le cri du premier homme quand il a vu la mer traîne encore dans les phrases, ses oh devant le feu, ses premiers pas dans l’eau. De trop avoir cherché, je me suis égaré. La nuit gagne sur moi. Quand le passé se tait, l’avenir est muet. Ce qu’un instant dessine est effacé par le suivant. Il faut s’aimer plus fort quand le vivant rapetisse. Je m’éveille ce matin avec de vieux mots échappés de l’hospice.

Les souvenirs fleurissent les à-côtés du cœur. La vie nourrit la mort. Il faut piller la terre, écraser quelques hommes, pour amasser de l’argent, avoir des griffes au bout des mains, un cœur à marée basse, une tête mal lunée, une tache de pétrole en guise de conscience. Le temps devient bizarre à cause des cultures, des pesticides, des essais nucléaires. La mort vient du sol comme elle descend du ciel. Qu’il fasse nuit, qu’il fasse noir, qu’il fasse froid ou faim, toute la question est de ne pas se vendre.

La mort d’un homme n’est pas un drame, mais une vie ratée, une enfance avortée, un vieux sans souvenirs, un rêve mutilé, une bouche sans pain. La guerre d’Espagne se perd à chaque jour. L’argent a gangrené chaque cellule du corps et la vie s’empoisonne. De la gueule du volcan à la tanière du loup, du grenier de la nuit au sous-sol du jour, je tire la langue au néant et convoque à l’amour. Je fabrique des clefs pour les portes qu’on ferme, des fenêtres d’oiseaux, des comptoirs à épices dans la fadeur du temps. Il y a longtemps que Dieu est mort en sautant sur une mine. Je regarde le Christ refaire ses bagages. Il jette à la poubelle ses épines en plastique, ses paroles trahies par les bouches dévotes, ses tables de la loi usurpées par la banque, son amour en faillite, sa tunique de pauvre redessinée chez Dior. Une guerre a beau finir, ce n’est jamais la paix. D’autres commencent quelque part. Les vautours cachent leurs œufs dans un nid de colombes. Autour de moi, des gens rient, gesticulent, parlent fort. À l’usine ou ailleurs, ils nourrissent la bête. Rivé à mon crayon comme un fou sur sa chaise, je suis d’un autre monde, celui des schizophrènes, des parias, des enfants alités. De nœud de viscères en nid de vipères, je desserre l’étreinte. Je traverse le rêve en bicyclette rouillée.

Jean-Marc La Frenière

 

 

Publié dans Prose

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Dessins de Mimi Parent

Publié le par la freniere

Dessins de Mimi Parent

 

à voir sur le site de Maxime Catellier

Publié dans Les marcheurs de rêve

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La Ralentie d'Henry Michaux lue par Germaine Montero

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Publié dans Poésie à écouter

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Plein emploi

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Jean-Claude Pirotte

Jean-Claude Pirotte

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La rafle du Vel d'hiv: chanson inédite de Gilbert Bécaud chantée par Annie Cordy

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Publié dans Poésie à écouter

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Les deux rives

Publié le par la freniere

Les deux rives

Publié dans Glanures

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