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Nulle mort ne peut

Publié le par la freniere

Nulle mort ne peut

Pour Derek Walcott

Il y a tant de chênes à Atlanta qui gémissent encore
Des champs qui pleurent
Qui chantent aussi
Et qui impriment aux capsules du coton des torsions incroyables !

C’est ce mélange
C’est cette torsion
Ce plus insoutenable qui habille l’envol des belles et seules images !

Que la mer mieux qu’Histoire te soit douce
Qu’elle te fasse mémoire
Que l’archipel mieux que pays te fasse collier

Que ce qui se mélange
dans l’aquarelle et dans Shakespeare
dans les contes le théâtre et les livres
t’organise le trône d’écume
où tu viendras t’asseoir avec le mangot-vert des au-delà du jour.

Ô seul langage du sel à la paupière touchée
Ô rire dans l’amitié scellé
Que poésie ne tremble !
Que poésie ne passe !


Frère,
à beau dire à beau faire
nulle mort ne sait
quand ce qui reste

se maille à tout ce qui célèbre qui accueille qui embrasse
et qui noue.

En nous, nulle mort ne peut.

Patrick Chamoiseau

17 03 2017

 

Publié dans Les marcheurs de rêve

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La drave

Publié le par la freniere

Félix Leclerc raconte la drave

Publié dans Glanures

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Bobby has left the building

Publié le par la freniere

Bobby has left the building

(dix ans déjà)

1.

Où commencer où finir
je n’ai plus rien à dire
je n’ai plus rien à rire
le délire le déluge coûte trop
cher à mon vieux coeur
de poète.

2.

Je suis à ma table de cuisine qui
n’est pas vraiment une cuisine
je suis là comme un espèce de
robert dickson mais sans le café
sans le silence de sudbury sans
le sourire de robert qui pouvait
illuminer toutes les galleries de
nos vies souterraines.

3.

Je suis à montréal et robert
n’y est pas
n’y est plus
de plus en
plus.

Bobby has left
the building
et le building

s’écroule comme
des bloc alphabètes
dans une garderie
qui brûle.

4.

Je suis à montréal dans la
lenteur d’un lendemain
de lecture au lion d’or où
une femme m’a demandé
d’écrire un mot dans un
livre de robert dickson
c’était votre ami elle dit
vous pourriez écrire un mot
quelque chose de poétique
c’est là que je réalise que
je n’ai plus rien à dire.

5.

Je suis à montréal à ma fausse
table de cuisine en train d’écrire
comme un espèce de dickson desséché

mais sans la sérénité sauvage
de son sourire son smile de
see you later alligator
in a while crocodile.

6.

Je suis à montréal
sous le petit
ciel bleu
par ici

le très petit
ciel bleu
par ici

(dans En temps et lieux 2
L'Oie de Cravan 2008)

 

Patrice Desbiens

Publié dans Patrice Desbiens

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Hôpital Saint-Julien et les enfants du cardinal Léger (extrait)

Publié le par la freniere

En face de chez moi, il y a des pas sur la neige, une ceinture égarée, des traces de mésanges. On a détruit l'hôpital Saint-Julien, mais son ombre zigne les entre-jambes du parc. Les cris des orphelins sous les électro-chocs tressaillent dans les arbres. Tôt le matin, certains humains s'y risquent. Sonia perd son soulier et Philippe boite derrière Bella. Des murmures subsistent dans la piscine abandonnée. Ils se mêlent au bruit des chaînes et au grincement des balançoires. L'histoire est pleine d'atrocités. En Allemagne, on n'a pas détruit les fours crématoires. On les fait visiter. Il faut se souvenir de tout. Le bien et le mal se confondent souvent. Systoles et diastoles continuent de hanter les petites croix blanches du cimetière. Des fantômes soulèvent l'eau du lac, des petits corps jetés avec l'eau du bain. Je cherche une poussière d'étoiles dans la soupe des morts, un peu de sel sans la plaie.

Jean-Marc La Frenière

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Tard dans la vie

Publié le par la freniere

Pierre Reverdy

Pierre Reverdy

Publié dans Poésie du monde

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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

Il suffit d'un grain de sable pour agrandir la plage ou d'un mot sur la page pour partir en bateau.

Publié dans Aphorisme du jour

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Le baiser d'Hélène

Publié le par la freniere

Le baiser d'Hélène

À Hélène Monette, pour sa voix et pour tenter de mettre « à mal les dégâts du silence »

 

déjà tes « grandes ailes »

bien avant Thérèse pour joie et orchestre

« trop lourdes pour ta charpente »

tu lui ressemblais

presque toi

celle qui trop tôt

ne serait jamais plus là

« plus personne »

 

˚

presque toi

celle que je n’ai jamais vue

tes récits de rues de rivières de doute

tes doigts de bleu sombre

et nos aimées nos cadavres

au creux de nos soifs

frémit la perte

comment l’entrer dans le poème

 

˚

la nuit menace

comme si elle aboyait

nos muscles d’espoir broyé

plus de place pour les anges

ni feu ni transbordement

de joie de déesses tu dis

« La beauté est laide, il faut rêver »

rien alentour n’est assez vaste

 

˚

es-tu encore là

haute hurlante Hélène

sauvage

figure de proue

sur fleuve de cendre à l’affût

« déguisée en espérance »

nos coeurs boitent

c’est qu’on est à court d’extase ici

 

˚

dernière chance d’avril

avançons

fils de fer et visages parallèles

à fleur de nous Hélène

le monde n’en finit pas de trembler

ton brouillard ton dernier baiser

black-out

sur une joue d’océan

 

˚

à côté de ce qui nous lie

l’infini turquoise

te parle nageuse de nuit

fouille nos hasards nos archives

ne sais rien vois pense prends peur

aloès palmiers foule dévalent

« la vie tient à si peu »

suis désolée

 

˚

sur le qui-vive

désolée

devant mornes et flamboyants

le réel en larmes va

on vit mal tout près du sol

dangereusement de trop

morsure amie

partout Dieu sourd consent

 

˚

une lumière et ses bras de silence

d’éternels débris de chute

« la petite espérance » ne marche plus

qu’os nomade qu’attentat

éclat sur la table d’horizon

tant bien que mal

flèche spirale urne

la langue erre

 

˚

te parle tout près

sans adieu

brûle de vagues

de sons d’âmes d’immondices

pourtant nous veille

rêve

dis viens poème

petite paix

 

Montréal — Haïti
30 octobre — 30 décembre 2015

 

Denise Desautels

* Extraits de Le baiser d’Hélène, qui paraîtra aux éditions du Petit Flou, Saint-Bonnet-Elvert (France), juin 2016.

 

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Journées mondiales de mars

Publié le par la freniere

 

Pourquoi pas une vie mondiale de rien ?

 

Publié dans Glanures

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Une lunule

Publié le par la freniere

Derrière la menace du temps et les semelles de plombs, des semailles d'étincelles éclairent le travail des graines. La bouche du vent sifflote. Les épaules de la pluie portent des promesses de soleil. Sur la route où rien n'a de sens que celui qu'on lui donne, une lunule de lumière désigne l'horizon et le lever du jour. Les jardins reprennent leurs conversations odorantes. On n'en ferait pas un poème mais les choses du commun réconfortent.

 

Ile Eniger 

Publié dans Ile Eniger

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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

S'il n'est pas nécessaire d'être malhonnête pour être politicien, pourquoi le sont-ils tous?

Publié dans Aphorisme du jour

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