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217 articles avec ile eniger

Sur l'hiver

Publié le par la freniere

Sur l'hiver, la terre écrit des lignes rouge sang, des labours de veines brunes, des chairs retournées nourrissant les oiseaux. La nuit gèle, raide dans ses bottines. Des étoiles veillent un marbre noir. Parfois, quelque souffle furtif fait cliqueter des branches. Le cri blanc d'une hulotte tranche le silence. Des crissements d'herbes escortent un chemin vers les vignes. Un renard roux troue le paysage. Une bête crie. Un chien jappe. À l'arête des cyprès, les haies tremblent. Le choc léger des châtaignes heurte le sol aux heures les plus froides. L'œil de la lune donne aux poires un mordoré troublant. En bout d'allée, une bâtisse grise porte son poids de pierre. Derrière ses murs austères, dorment les paysans. On dirait la vie pendue comme l'eau au nez des fontaines, quelque chose y frissonne sans bouger. Bientôt, un trait brillant cisaille le mica du ciel et monte, rouge. Le coq éveille ses poules. L'étable frémit d'odeurs et de sabots raclés. Un klaxon annonce le laitier. La cheminée crache et chauffe ses os. Dans la cuisine, un goût de chocolat accroche les narines. Mal réveillés, les enfants ronchonnent. La main des mères rajustent quelque habit. Les pères filent derrière la charrue. Les yeux piquent sous le lumière crue. Gonflant ses poumons comme un qui vient de naître, le jour s'installe. La vie rurale, rude, recommence.

Ile Eniger

 

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Une force

Publié le par la freniere

L'hiver serre ses jointures blanches. Des oiseaux de froid traquent les miettes. Le silence crisse. Ne parle pas ma peur. Il n'y a rien à dire qui ne soit déjà dit. C'est le Bout de l'An, l'épingle à cheveux d'une année vieille quittant ses vieux éclats, ses brisures, ses fièvres. En retrait, la terre noircie, brûlée, fissurée, reprend souffle et lumière. L'aile repliée rassemble ses envols. Des mains font et défont l'écriture et la vie. Parfois un mot dépasse, une en-vie enjambe la barrière et s'échappe. Des graines traversent la vitre d'hier élançant leurs mémoires. L'espoir mijote sa première fleur d'amandier. C'est une mise au poing, une force qui surprend toujours.

Ile Eniger

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Robert Cuffi chante Ile Eniger

Publié le par la freniere

C'est d'un cahier ouvert sur le coin de la table que je ne dirai rien. Les jeux, les séductions, les germes d'artifices, j'y pense quelquefois mais le rien quotidien porte tant et encore que mes pensées se taisent, que mes mains se dénouent. Se pousse l'illusion. Le simple me rattrape. L'éternuement d'un chat, le sang d'un géranium, une jacinthe pâle accouchée de la nuit, la mer à ma fenêtre. Toute chose accoudée à la table du jour. La grâce de ce peu décape l'inutile, épingle des fous rires sur la pince des lèvres. Et nettoie les outils. La soupe dans le bol, le repos de la terre, écrivent mieux que moi une lettre d'amour. L'hiver est un cadeau quand les gestes s'épuisent. La pointe du crayon a troué mon papier, la lumière s'engouffre dans le moindre interstice. Dans cette odeur dressée, je renifle la matière et son bruit de sonnailles. C'est un temps de très près. Paysanne penchée sur la vigne des mots, j'écoute la patience dans les lignes du bois, je touche le présent et ce qui dit je t'aime.

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Je m'interroge

Publié le par la freniere

Je lis dans les médias qu'une responsable politique se sort d'une position délicate de malversation (des centaines de millions d'Euros) grâce à la complaisance d'un tribunal. Je lis aussi qu'un homme (sans casier) ayant volé des fromages car il n'avait pas mangé depuis trois jours, est condamné à trois mois de prison ferme. Un peu plus loin, je lis qu'une personne a été condamnée à de la prison ferme pour avoir volé du riz et des pâtes car elle était affamée.

Je m'interroge..., vous avez dit : Liberté, Égalité, Fraternité ???

"Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir" - La Fontaine

Ile Eniger

 

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Le gel

Publié le par la freniere

Coupé du ciel, des racines, de l'espoir, le passage aura-t-il été inférieur ? L'osmose, les traverses, la souffrance, la paix, la direction, pourquoi, comment, où ? Et que devient l'amour quand la matière meurt ? Un quant à soi opaque resserre les murs. Temps mal ajusté qui plombe l'instant et finit en eau. Quelque part, un jardin, sa patience, l'attention d'un chien jaune, les jours où l'on chuchote pour ne rien déranger, une virevolte de neige sur les crevasses d'hiver, des baies rouges pour le lièvre blanc, la rivière suspendue en brisures, la voix du clocher à l'oreille du paysage, un rêve d'ange dans une aile d'oiseau, les brimborions festifs des vieilles vignes. Quand le gel embrasse le ruisseau sur la bouche et que se tait le cri, revient en mémoire une géodésie des sèves plus sûre que les chemins d'homme.

 

Ile Eniger

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Soir d'hiver

Publié le par la freniere

C'est un soir d'hiver qui compte ses tremblures. Les uns fredonnent Noël d'autres serrent les dents. Pendant qu'aguicheuses les vitrines outrancières clignotent, le ciel tombe par terre entre la main du pauvre et la gamelle du chien. Les doigts gèlent au cœur des SDF. Les caisses enregistreuses cliquètent des menus d'orpailleurs. Des cadeaux indécents rutilent au pied de l'arbre. Le champagne déborde, et se dore la dinde. C'est un soir d'hiver qui compte ses gerçures. Des gens rongent leurs désespoirs. Des corps explosent sous le crachat des bombes. La faim, la soif déchirent des enfants de poussière. Pendant que des nantis bâfrent l'exploitation de l'homme, s'habillent de la douleur des bêtes, concoctent la mort dans les assiettes, cultivent des laideurs sans scrupules, les laissés-pour-compte creusent les poubelles de la désolation. Dans le silence étourdissant des consciences, c'est un soir d'hiver où Noël meurt, déjà cloué sur une croix.

 

Ile Eniger

 

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Des cages

Publié le par la freniere

Le ciel pleure à froides larmes. Il met la barre bien trop haut pour mes fragments d'ailes. Je parcours la terre basse, sa sueur, sa fourbure, ses heures denses. Le fracas du monde étouffe le silence, l'universelle place. La vie fouille les poubelles. Une rumeur de basse-fosse emplit le cœur des hommes. Je ne vais plus au bois, les arbres sont coupés. Alice et le Lapin Blanc tremblent dans un trou de bombe. Le Prince trompe Cendrillon, le Petit Poucet n'échappe plus à l'ogre. Dans des cages de béton chacun ignore son voisin. D'exactions en indifférences, ne restera bientôt que l'amer du verbe aimer. Les manches retroussées dans ces désaffections, je pellette la vie pour la générosité d'un chemin.

 

 Ile Eniger 

 

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Saturation

Publié le par la freniere

J'ai écouté, hier soir une émission littéraire, qu'en principe pourtant j'apprécie ! Un cénacle de femmes auteurs n’y échappait pas à l’humeur littéraire ambiante faite de snobisme et de ronds de langage. On était loin des grandes figures féminines de l’écrit ! Les écritures présentées surfaient tellement sur l'intellectualisme que ça en devenait pathétique.

 

Écrire et en parler s’inscrit maintenant, comme l’avancée technologique, dans une fumisterie dangereuse, ostentatoire et vide, qui se racine dans l’esbroufe, l’apprentissage sorcier, la représentation, et un mentalisme froid et élitiste. Sans doute, ailleurs, doit-il rester de vrais écrivants, mais où ? Certainement pas dans la sphère de l’intelligentsia actuelle.

 

On rêve d’entendre la simplicité superbe d'une Maria Borrely, l'humaniste juste d'une Nancy Huston ou d'une Tony Morrison, l'intelligence d'une Emily Dickinson, bref des gens qui sont autre chose que des clones de la pensée des mouvements actuels.

 

Il y a quelque chose de concentrationnaire dans l’expression de ces voix qui se moulent sur un paraître politiquement correct qui veut nous porter à croire que l’institution de la pensée ou de la langue dans l’air du temps doit éliminer la foi profonde du charbonnier et le travail d'humilité de l'écrivain.

 

A dire vrai, je ne supporte même plus les maisons d’éditions qui, pour la plupart et surtout celles dites 'grandes', ont un fonctionnement qui ne se fonde plus sur l'art mais sur le commerce et les copinages dont peu importent les formes. Si on y ajoute l’immense fumisterie des réseaux sociaux, on en arrive à une forme de vie et d'expression minables, corrompues, étroites et invivables, la pensée unique n'est pas loin !

 

Faudra-t-il que ceux qui veulent résister aux régimes délétères ambiants aillent vivre dans les montagnes loin et haut pour échapper à la folie des paraître et des manipulations ? Peut-être !

 

Ile Eniger

 

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Le feu

Publié le par la freniere

Au centre le feu, autour les cendres. Parcours d'ondes secrètes, des papillons rutilent, montent, s'essoufflent, s'affaissent, brasillent encore un peu. Une lumière cuivrée émaille le bois dans sa dernière ouvrage. Les bleu-vert d'impalpables écailles entourent la vibration. Au centre le feu, autour les cendres. Un cœur chaleureux, bienveillant, flamboie la proximité généreuse de sa clémence secourable. Même le froid n'ose sonner la charge. Même la nuit de pierre s'éclaire et réchauffe. Les mots écoutent. Du dernier bois, s'élève une bonté ultime, étincelante.

 

Ile Eniger

 

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Ile Eniger à Mouans-Sartoux

Publié le par la freniere

Avec Ile Eniger

Publié dans Ile Eniger

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